Le Chief of Staff du Prime Minister’s Office (PMO), Rakesh Bhuckory, a déposé plainte samedi soir au Central CID pour une présumée infraction aux dispositions de l’Information and Communication Technologies Act (ICTA). Il affirme ainsi être la cible d’une campagne de désinformation après la diffusion de captures d’écran d’une prétendue conversation WhatsApp, et qu’il qualifie de « totalement fabriquée ».
Dans la déposition consignée à la police, il explique qu’un proche l’aurait alerté plus tôt dans la journée de la circulation de ces messages sur un groupe WhatsApp baptisé « Public Interest ». Les captures d’écran mettraient en évidence son numéro de téléphone, laissant supposer qu’il échangerait avec un membre de la Financial Crimes Commission (FCC) afin de donner des instructions dans l’enquête sur l’affaire Mercantile and Maritime Group (MMG) avec l’octroi par la State Trading Corporation d’un contrat pétrolier de Rs 30 milliards sous le précédent gouvernement Jugnauth.
Les messages attribués à Rakesh Bhuckory suggèrent notamment qu’il aurait réclamé l’arrestation de l’ancien Premier ministre Pravind Jugnauth après le rassemblement du MSM organisé ce mercredi à Flacq. Ces « échanges » – dont le plaignant rejette catégoriquement l’authenticité – mettent aussi en avant une stratégie consistant à maintenir l’affaire devant les tribunaux pendant une longue période. Aussi, face aux enquêteurs du Central CID, Rakesh Bhuckory a soutenu qu’il s’agit d’un « montage » réalisé avec l’aide de l’intelligence artificielle. Pour étayer ses affirmations, il a attiré l’attention des policiers sur la présence d’un symbole en forme d’étoile figurant sur les messages, et qu’il présente comme un indice révélateur d’une manipulation.
Estimant que cette diffusion porte gravement atteinte à son honneur, à sa réputation et à ses fonctions au sein du PMO, Rakesh Bhuckory a remis aux enquêteurs une copie des captures d’écran et a officiellement demandé l’ouverture d’une enquête afin d’identifier le ou les auteur(s) de cette opération. Les premières vérifications menées par le Central CID indiqueraient d’ailleurs que l’administrateur du groupe WhatsApp « Public Interest » utilise un numéro de téléphone vraisemblablement enregistré en Afrique du Sud. Les investigations se poursuivent afin de retracer l’origine de ces publications.
Par ailleurs, l’enquête de la Financial Crimes Commission sur le dossier Mercantile and Maritime Group suit son cours. Les enquêteurs attendent toujours la confirmation des avocats de Pravind Jugnauth, Maneesh Gobin et Alan Ganoo concernant leur disponibilité pour assister leurs clients lors des auditions. La date des convocations devrait être arrêtée ce lundi matin.
Selon les informations recueillies, les équipes de la FCC ont déjà finalisé les préparatifs en vue de ces auditions. Même si leur démarrage devrait avoir lieu en soirée en jour de semaine, les enquêteurs se disent déjà prêts à procéder à cette nouvelle étape de l’enquête.


