« J’espère que les réalisations de MT vont inspirer d’autres compagnies et surtout faire comprendre aux Mauriciens que nous avons un énorme potentiel dont ils ne se rendent pas compte »
« MT a créé Kevin, un agent IA, qui parle le kreol morisien et que nous utilisons dans notre call centre »
« Il n’y aura pas de remplacement de l’homme par la machine à MT, mais la nature du travail devra changer »
Notre invité de ce dimanche est Vimal Gungadin, le CEO de Mauritius Telecom. Il répond à nos questions sur le bilan de sa première année en fonction.
O Commençons par une question personnelle. Avant et depuis votre nomination à la tête de Mauritius Telecom, des rumeurs ont circulé mettant en doute vos compétences professionnelles qui ne seraient que celles d’un responsable d’événementiel. Votre commentaire sur ces rumeurs.
— En tout cas, merci de m’avoir posé cette question que personne n’ose aborder franchement. Comment répondre à une rumeur sans doute lancée par des gens qui avaient un candidat pour le poste ? Probablement en montrant les résultats depuis que je suis à la tête de MT, et je crois pouvoir dire que mon bilan en termes de réalisations parle pour moi.
O Autrement dit, pour les rumeurs, les chiens aboient et la caravane passe. Abordons tout de suite votre bilan pour cette première année à la tête de MT…
— Nous venons d’organiser la deuxième édition du MyT Summit, qui expose nos réalisations réparties en trois groupes : la connectivité, qui est l’un des principaux piliers de MT, à différents niveaux. En commençant par les câbles sous-marins, sujet qui a d’ailleurs fait l’objet d’une annonce récemment par le Premier ministre.
O La déclaration du PM sur ce sujet a été contestée. Il avait annoncé l’installation d’un câble sous-marin reliant Maurice à l’Asie en passant par l’Inde. Certains affirment que ce câble ne passera pas par l’Inde…
— Le PM a annoncé qu’il avait rencontré le Premier indien et le CEO de Google dans ce contexte. À MT, nous sommes engagés dans des négociations avec les autorités indiennes sur ce câble et d’autres projets. Il faut aussi souligner qu’un projet de câbles sous-marins ne se négocie pas en quelques mois. Par ailleurs, nous avons augmenté nos capex dans lesquels nous avons investi l’année dernière Rs 2,4 milliards, ce qui va rendre notre réseau plus fiable. Nous sommes un des seuls, sinon l’unique entreprise de télécommunications nationale en Afrique, qui offre à ses abonnés une aussi large panoplie de connectivités. Depuis la G5 avec de nouveaux services wi-fi en passant par la fibre to the room qui permet d’augmenter le niveau de la réception internet.
O Ce qui veut dire que le niveau d’internet, c’est-à-dire le normal, hors ce nouveau service, n’est pas satisfaisant ?
— À MT et à Maurice, en général, nous sommes un peu victimes de notre succès. Déjà, en 2017, nous étions le premier pays d’Afrique à avoir installé la fibre optique pour l’ensemble de son territoire. À l’époque, il suffisait d’un simple boîtier pour se connecter au wi-fi par maison avec un ou deux téléphones. Dix ans après, pratiquement tous les habitants de cette maison ont au moins un téléphone — avec un PC, une caméra, une montre, des téléviseurs, etc. — connectés au même boîtier qui était d’une capacité de wi-fi 4 et aujourd’hui nous sommes arrivés au wi-fi 7. Nous estimons que 60% des maisons mauriciennes sont encore sur le wi-fi 4, ce qui explique la lenteur de l’internet. Pour plus de vitesse, il faut donc s’équiper en wi-fi 7.
O C’est de la part de MT une proposition qui vise l’avancée technologique, ou plus un move commercial pour faire rentrer plus d’argent dans vos caisses ?
— Les deux, parce que ça coûte de l’argent pour MT de changer de boîtier et de système. Si un abonné qui n’a droit qu’à une ligne internet de 50 Mbps et veut passer à 100 Mbps, il aura seulement à payer Rs 100 de plus sur son abonnement.
O Est-ce qu’en tant que fournisseur d’accès à l’internet, MT n’a pas l’obligation de suivre l’évolution technologique en améliorant sa puissance, en l’augmentant ?
— Nous augmentons déjà la puissance, la capacité du réseau, la 5G etc., en ayant dépensé Rs 2,4 milliards. Mais il appartient aussi à l’utilisateur de upgrade son matériel en fonction de l’évolution technologique pour avoir un meilleur service adapté au wi-fi 7.
O Combien de temps allez-vous prendre pour raccorder les 60% des utilisateurs de vos services à la wi-fi 7 ?
— Je souhaiterais que d’ici à la fin de 2027, nous ayons raccordé au moins 50 des 60% des foyers mauriciens. En sus d’améliorer la connectivité, nous avons aussi ouvert le dossier de l’Intelligence Artificielle dont tout le monde parle…
O Parfois, un peu à tort et à travers…
— Je suis entièrement d’accord. Nous avons introduit l’IA dans nos services de manière responsable. Nous avions lancé un projet pilote qui devait bénéficier à tous les élèves. Au fur et à mesure de sa mise en place, nous avons découvert, suite aux réactions des éducateurs et des parents, les risques que ce système pouvait amener. Nous avons décidé que le projet, que nous avons rebaptisé « MyTLearn », ne serait pas accessible à l’ensemble du primaire.
O Savez-vous que pour beaucoup de parents mauriciens, offrir une tablette ou/et un portable à leurs jeunes enfants est un geste pratiquement naturel ?
— Cela relève de la responsabilité et du choix personnel des parents. D’ailleurs, à leur intention, nous avons lancé un nouveau produit « MyT protect », qui permet aux parents, non seulement de contrôler l’utilisation du portable et de la tablette par leurs enfants, mais aussi de les protéger des dangers de l’internet. « MyT Learn » ne sera disponible que pour les adolescents âgés de 15 ans, l’âge où on commence à se préparer pour le monde du travail — et ce produit, qui comprend des AI Tools, sera surtout destiné aux enseignants. Il va leur permettre de tester leurs élèves sur les sujets qu’ils enseignent avec un choix de questions allant de facile à très difficile en réalisant un programme spécifique pour chaque classe. Dans ce contexte, nous avons upgrade notre data centre de Rose-Belle, avec des outils plus performants. Nous avons déjà investi plus de Rs 1 milliard dans les infrastructures de l’IA et avons créé une AI Registry, une première en Afrique.
O D’après ce que vous dites, MT est en train d’innover et d’inventer à une vitesse grand V. Pourquoi est-ce cela n’est pas connu des Mauriciens ?
— C’est pour cette raison que je réponds à vos questions…
O Dans le cadre d’une campagne de communication dans la presse, à la télévision, sur les billboards… À ce sujet, ce que je vais vous dire ne va pas vous plaire. Une des principales règles de la publicité est que le message d’un slogan doit être compris instantanément du premier coup d’œil. Comme beaucoup, je ne comprends pas le message de la campagne de MT. Qui est ce LI que l’on voit sur vos affiches et encarts publicitaires ? Est-ce que MT n’a pas raté sa campagne de com ?
— Je ne le crois pas. Quand on est habitué à une marque, sa modification sera adorée par certains et détestée par d’autres. Avec ce changement, nous avons voulu monter ce que MT sera dans l’avenir : aller bien au-delà de la télécommunication pour aider le Mauricien dans tous les aspects de sa vie. C’est pour cette raison que certains trouvent notre nouveau slogan abstrait. Cette campagne publicitaire est à deux niveaux : le premier pour nos consommateurs, le deuxième pour le secteur business et, à ce niveau, c’est un grand succès, parce qu’on se rend compte de quoi MT et Maurice sont capables dans le domaine de la technologie. La campagne pour les consommateurs a suscité des réactions positives puisqu’elles suscitent des questions auxquelles nous allons répondre au fur et à mesure que nous allons communiquer. Dans le secteur de l’IA, nous avons fait venir à Maurice Amazon Web Services (AWS) –, une des plus grandes compagnies du cloud au monde. Elle est déjà en Afrique du Sud pour étendre ses activités sur le continent et, dans ce contexte, elle a choisi de venir s’installer à Maurice pour, tout d’abord, toucher les pays de la SADC.
O Qu’est-ce qui a incité cette énorme compagnie à s’installer dans une île avec un marché minuscule, alors que plus de la moitié des pays africains feraient tout pour la faire venir chez eux ?
— Le talent des techniciens formés à l’IA. Contrairement aux pays d’Afrique, le petit territoire de Maurice fait que tout est concentré à pas plus d’une heure de route. Le niveau d’éducation est l’un des plus élevés du continent, son GPC plus élevé que beaucoup de pays africains, et nous ne partons pas de zéro. Nous sommes déjà un centre financier international, avec un système juridique respecté, d’où les compagnies de télécom africaines gèrent leurs activités financières. Donc, pour AWS, Maurice est un endroit où il est facile de s’implanter, de faire du business en direction de l’Afrique. Chose rare dans le domaine du business : AWS a signé un MoU avec MT pour, entre autres, former 50,000 Mauriciens…
O Ce que le PM s’est empressé de déclarer au Parlement. Est-ce que ce que dit le MoU est possible, faisable ?
— Aujourd’hui, AWS a déjà formé un million de personnes à travers l’Afrique et son plan c’est de former 100 millions d’individus à travers le monde. Dans ce contexte, former 50,000 Mauriciens, ce n’est pas grand-chose pour AWS, alors que pour nous, c’est extraordinaire. Cela signifie que AWS nous donnera accès à sa panoplie de cours et de certificats gratuitement pour 50,000 Mauriciens. MT fournira les infrastructures pour la tenue des cours par des enseignants d’AWS.
O Dans la mesure où aucune compagnie ne fait du business que si cela lui rapporte, je repose la question : pourquoi AWS offre autant de facilités à Maurice, alors que tout un continent – avec d’immenses marchés de consommateurs et de main-d’œuvre – est à sa disposition en Afrique ?
— Nous avons été choisis en fonction de la réputation de Maurice, du fonctionnement de ses institutions et de notre potentiel dans le secteur de la télécommunication. Imaginez que seulement la moitié des 50,000 Mauriciens deviennent, après leur formation, des spécialistes dans l’utilisation de l’IA. Ils constitueront une réserve qu’AWS pourra déployer en Afrique pour le développement de ses projets. Il faut dire que beaucoup de travail a été fait en coulisses avant et que la rapidité de MT a impressionné AWS, ainsi que les produits que nous avons créés et dont je vous ai brièvement parlé. AWS est venue à Maurice avec son full leadership team, qui a rencontré des membres du gouvernement, du secteur privé et les équipes de MT, et ils se sont formés leur propre opinion avant d’arriver au MoU et aux annonces dont nous avons parlé. AWS s’est dit : c’est un pays où nous pouvons investir et qui nous aidera à développer notre business.
O Maurice serait en train de devenir réellement ce que le slogan répète depuis des années : une véritable cyber island, ou bien vous êtes en train de rêver en plein jour ?
— Vous avez raison d’être sceptique, comme le sont beaucoup de Mauriciens qui ignorent que le potentiel de Maurice, son image et sa réputation existent. Mais il n’y a pas qu’AWS, nous avons aussi fait venir le groupe français Mistral et le groupe le chinois Huawei. Nous voulons faire savoir que Maurice est un pays neutre qui travaillera avec tous les big tech players intéressés. Pour ce faire, nous devons nous rendre attractifs.
O En quelque sorte, vous êtes en train de répondre aux rumeurs selon lesquelles vous n’êtes qu’un spécialiste en événementiel ?
— Je ne dirai qu’une chose à ce sujet : let the action speak.
O Vous m’aviez dit l’année dernière que vous n’aviez besoin que de 30% du personnel de MT pour réaliser votre plan d’innovation. Avez-vous réussi à augmenter ce chiffre ?
— Je dois reconnaître que je n’aurais pas dû dire ça, et je le regrette. Je l’ai dit en interne en soulignant que j’étais là pour tous ceux qui veulent faire avancer la compagnie et ont le potentiel pour le faire. L’année dernière, nous avions dévoilé une stratégie sur trois ans, nous sommes à un tiers du parcours et nous continuons sur cette voie. Je suis très heureux du progrès, bien qu’on aurait pu aller plus vite. Mais on ne peut braquer les gens en les forçant à changer du jour au lendemain de culture de travail.
O Quels sont les autres obstacles qui freinent la machine ?
— Il y a des gens en dehors et, peut-être même au sein de la compagne, qui travaillent contre MT et qui sont contre tout ce qui est fait et qui mènent campagne sur les réseaux sociaux. C’est une réalité avec laquelle il faut vivre. Tout en regrettant que l’énergie dépensée ne soit pas mise au service de l’avancement de MT et du pays.
O Parmi les critiques que l’on vous a faites en ce qui concerne le développement de l’IA et la construction d’infrastructures, il a été dit que l’IA n’a pas besoin de tours de béton dans une zone spécifique pour être utilisée, il suffit d’un ordinateur et d’une ligne de téléphone…
— C’est une mauvaise conception de l’IA. Où va donc ce qu’on est en train de créer à partir d’un clavier ? Aujourd’hui, ça va aux États-Unis, avec le risque que demain, un Président américain bloque l’accès de Maurice vers son pays et les outils IA indispensables. C’est pour cette raison qu’il est important pour nous de bâtir nos infrastructures souveraines, afin d’avoir notre indépendance technologique, dans un monde géopolitique dont on peut difficilement prévoir l’évolution.
O Est-ce que par rapport à l’évolution générale du pays – où les décisions tardent ou ne sont pas prises –, vous n’avez pas le sentiment que MT va trop vite ?
— Non. Si MT n’avait pas cette capacité de réagir rapidement, AWS et les autres compagnies internationales ne seraient pas venues à Maurice. On peut penser que nous allons trop vite comparé à certains pays africains, mais c’est à notre avantage, et c’est ce qui fait notre attractivité dans le créneau de l’IA.
O Quelles sont vos relations avec les membres du Conseil d’administration de MT ?
— Ça se passe bien, mais ça ne veut pas dire que chaque proposition n’est pas étudiée et discutée quand il s’agit, par exemple, d’investir Rs 1 milliard dans un projet. Nous sommes questionnés et devons établir que nous avons raison, que vous pouvons aller de l’avant. C’est comme ça que les choses doivent se faire.
O Vous n’êtes pas en train de seulement revendre des produits créés par les grandes compagnies internationales, comme certains l’ont avancé ?
— Non. Nous sommes en train de créer de la technologie. Je vous donne un exemple très sensible : MT a créé Kevin, un agent IA qui parle kreol morisien et que nous utilisons dans notre call centre. Kevin fait surtout du night shift, répond au consommateur, peut vérifier sa ligne téléphonique – il a des outils pour ça –, fait une analyse, détecte la faute, envoie un SMS au consommateur, lui organise un rendez-vous avec un technicien, et ouvre un dossier pour signaler votre problème à l’équipe de jour. C’est l’une de nos créations IA que nous mettons à la disposition de compagnies qui en ont besoin.
O Ce que peut faire le Kevin de MT est époustouflant, mais il mène directement à une question que l’on se pose de plus en plus : est-ce qu’à terme l’IA ne pas prendre la place de l’être humain ?
— C’est pour cette raison que je vous ai dit que le sujet était sensible, mais il faut se rendre à l’évidence : le monde va dans cette direction. Il ne faut pas avoir peur de l’IA, mais se préparer à collaborer avec en repensant la manière dont le travail, celui d’un opérateur qui répond aux clients, est fait. L’IA peut être utilisée comme valeur ajoutée. Le développement de l’IA doit se faire avec responsabilité et ce que nous faisons avec Kevin le démontre. Il n’y aura pas de remplacement de l’homme par la machine à MT, mais la nature du travail devra changer. Ça bouge puisque nous avons réussi à faire pas mal de choses en un an et trois mois, et je ne vous ai pas tout dit. Je vous donne un autre exemple, un peu controversé. Nous avons décidé que MT pour aider l’écosystème de l’innovation, il va investir dans les start-ups.
O Pourquoi ?
— Parce qu’autrefois, MT aidait les start-ups dès le début et qu’à la fin, sur 100, il ne restait qu’une ou deux. Aujourd’hui, si quelqu’un a une idée, veut développer un produit, qu’il aille le faire en utilisant les facilités qui existent à Maurice. Quand il aura réussi à convaincre des clients, qu’il vienne chez MT, qui l’aidera se développer.
O En étant cynique, on pourrait dire que MT n’aidera que les meilleures start-ups. On pourrait parler d’un système sélectif qui ne recrute que les meilleurs…
— Je ne suis pas sûr que les meilleurs soient automatiquement les mieux formés, mais ceux qui sont résilients, savent se débrouiller, s’organiser pour faire face à l’adversité. De nos jours, lancer une start-up ne conduit pas automatiquement à une success-story, mais la résilience oui. Nous sommes en train de tester ce nouveau système.
O En fin de compte, vous venez de décrire une entreprise travaillant, avançant rapidement dans pas mal de directions…
— Je réponds oui, en précisant que nous ne travaillons pas dans pas mal de directions. Nous travaillons dans le cadre de la stratégie de relier l’Afrique et l’Asie à travers quatre corridors : la connectivité, l’IA, l’innovation et les finances. Tout ce que nous faisons vise à atteindre l’objectif stratégique fixé. Il peut sembler que nous faisons beaucoup de choses, ce qui n’est pas bon pour une compagnie, en général. Mais nous sommes Mauritius Telecom, une compagnie qui emploie 2 000 personnes, qui a Rs 5,5 milliards de revenus. Ce qui signifie que nous avons les ressources nécessaires pour faire ce que nous faisons. Nous faisons des choses, nous pouvons les faire et j’espère que les réalisations de MT vont inspirer d’autres compagnies et surtout faire comprendre aux Mauriciens que nous avons un énorme potentiel dont ils ne se rendent pas compte. Un potentiel et une réputation qui font la différence.
O Est-ce que le budget publicitaire de MT, l’un des plus gros du pays, est utilisé de manière démocratique, contrairement à ce qui était le cas avant ?
— La réponse à cette question se trouve dans les lieux, les supports et les causes que soutient MT.
O Avez-vous réussi à obtenir une copie du rapport sur le fameux sniffing allégué ?
— Comme vous devez le savoir, la police continue à enquêter sur cette question.
O Conclusion : avec les outils que vous avez développés et les secteurs dans lesquels vous êtes actifs, on ne pourra pas à l’avenir vivre sans Mauritius Telecom…
— Non. La conclusion est : c’est MyT qui aidera les Mauriciens. LI, c’est MyT. Vous avez compris le message ?
O Vous vous rendez compte du temps qu’il m’a fallu pour enfin comprendre que le LI de ce nouveau slogan de MT, c’est My T ?!
— (éclat de rire).
Jean-Claude Antoine


