Un rapport avec des recommandations sera soumis aux autorités compétentes
Un comité conjoint, comprenant des membres de la commission diocésaine pour la cause créole et la Commission Justice et Paix, a été mis sur pied au sein du diocèse de Port-Louis. L’objectif consiste à travailler sur les pratiques et cas de discriminations à l’emploi. Cette action se fera en trois temps : écoute, recommandations et voir comment agir sur les plans juridique et social. Une étude sera menée dans les régions de Port-Louis Nord et des propositions faites aux instances appropriées. Cette démarche fait suite à une intention signifiée par l’évêque de Port-Louis dans son homélie à l’occasion de la célébration de la Pentecôte au collège Saint Mary’s le dimanche 24 mai dernier.
L’évêque de Port-Louis, Monseigneur Jean-Michaël Durhône, a indiqué que cette démarche s’insère dans le cadre des 15 ans du rapport de la Commission Vérité et Justice. « C’est le moment de faire le point pour voir ce qui a été fait ou pas. C’est dans ce contexte aussi que nous avons lancé récemment la Commission diocésaine pour la cause créole », fait-il ressortir.
Il a ainsi été décidé de mener une action commune, avec la Commission Justice et Paix, du diocèse, qui œuvre également dans ce domaine. « Les deux commissions marchent ensemble. Le rapport de la Truth and Justice Commission est venu nous rappeler les blessures profondes de l’histoire. Aujourd’hui, nous voulons comprendre et analyser les choses de manière objective et discerner quels sont les nouveaux plans juridique et social à apporter », poursuit-il.
La question de discrimination à l’emploi, a ajouté Mgr Durhône, a pendant longtemps été une préoccupation. D’où l’initiative de mener un travail conjoint à ce sujet et faire des recommandations.
Me Désiré Dian, membre de la Commission diocésaine pour la cause créole, a souligné que de nombreux Mauriciens se disent lésés dans leurs carrières, que ce soit au niveau du recrutement ou de la promotion. Cela, indépendamment du gouvernement sur place. « C’est un phénomène de société. Nous voulons comprendre pourquoi il y a ce système », fait-il remarquer à cet effet.
Dans ce contexte, les membres du comité conjoint iront à la rencontre des personnes se disant discriminées, pour les écouter. Une étude sera ainsi menée dans la région de Port-Louis Nord et à Rivière-Noire. Les témoignages recueillis seront examinés et un rapport sera soumis aux autorités compétentes. « À plusieurs reprises, le Comité des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination a souligné les manquements dans nos lois et les discriminations envers les créoles d’ascendance africaine, incluant ceux de Rodrigues et d’Agalega », fait-il comprendre.
Me Désiré Dian a affirmé avoir pris note de la déclaration du Premier ministre, Navin Ramgoolam, à l’Assemblée nationale, récemment, à l’effet que l’Equal Opportunities Act sera renforcée. De même, la Constitutional Review Commission travaille sur les amendements à la Constitution. L’un des gros manquements à ce niveau demeure la non-reconnaissance des créoles, comme groupe identitaire.
Rosa Fanny, analyste politique de formation et membre de la Commission Justice et Paix, a précisé que le comité conjoint sera à l’écoute et fera des recommandations pour les révisions des lois existantes. Le comité n’entend pas se substituer à l’Equal Opportunities Commission, mais se penchera sur les manquements et fera des propositions. Deux rapports, l’un sur la réforme électorale et l’autre sur les collectivités locales, ont déjà été soumis aux autorités.
La question se pose également pour les services de l’Église, notamment l’éducation catholique, sujette à de nombreuses critiques, lors des exercices de promotion. À cela, Mgr Durhône a précisé qu’il est tout à fait légitime que ces questions se posent également dans l’église et dans l’éducation et que les personnes s’estimant lésées ont le droit de recourir aux dispositions légales appropriées : « L’Église accepte et respecte les lois », confie-t-il.
Quant à la présence de certaines personnes proches des milieux politiques au sein des commissions, l’évêque de Port-Louis a indiqué que l’Église respecte les opinions politiques des uns et des autres, mais que les commissions sont neutres. Olivier Précieux, membre de la Commission diocésaine pour la cause créole, a précisé que si un membre veut se porter candidat aux élections, il devra faire un choix.
Guilhem Florigny, président de la Commission diocésaine pour la cause créole, a fait ressortir que cette instance a une feuille de route autour de trois points : dénonciation, guérison de la mémoire et Empowerment de la communauté. Cela passe par l’accès à la terre, l’éducation, l’entrepreneuriat créole et identité et culture. Ce travail commence par une reconnaissance des créoles dans la Constitution.
Messe de la Saint-Louis
Le diocèse de Port-Louis célèbrera la messe de la Saint-Louis, patron de la capitale, le mardi 25 août. La cérémonie est prévue à 10h30.

