Le leader du Mouvement Socialiste Militant (MSM) et ancien Premier ministre, Pravind Jugnauth, est revenu sur l’enquête menée par l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) autour de la saisie de 157 kg de drogue à La-Réunion. Lors du congrès de son parti, organisé hier à Terre-Rouge, il a affirmé que des informations ont été communiquées aux autorités mauriciennes par celles de La-Réunion. « Nous aussi nous recevons des informations sur cette affaire. Les autorités réunionnaises ont communiqué aux autorités mauriciennes qui sont les suspects impliqués », a-t-il déclaré.
Pravind Jugnauth a ensuite lancé une mise en garde aux enquêteurs de la police, affirmant que « bann anketer pe fer cover-up dan sa case-la. Nou pran not. » Il a ajouté : « Larou pou tourne. Pou ena dimounn pou bizin vinn reponn a bann Cover-Up ki pe fer. » S’il n’a pas souhaité dévoiler davantage d’éléments à ce stade, le leader du MSM a néanmoins avancé quelques informations concernant cette affaire. « Chimajee, zanfan lakaz kot ban Govind. Ena prev li pran skipper an konpani enn dimounn. Inn al kit skipper kot bato ek inn pran bato pou al La-Réunion », a-t-il notamment révélé. Il a mis en doute les explications fournies par l’ancienne Junior Minister aux Arts et à la Culture, Véronique Leu-Govind, au sujet du déplacement à La-Réunion de son époux, Gulshan Govind, en sa compagnie. « Zot ti al La-Réunion an visit prive. Pou al fer kwa? » s’est-il interrogé.

Il a également fait référence à une condamnation dont Gulshan Govind avait fait l’objet dans une affaire de drogue en 2008. S’adressant indirectement à Véronique Leu-Govind, il a lancé : « To pa ti kone to misie implike dan transaksion ladrog?… To kit to mari depi plizir mwa. Kan gagn invitation banke 12 mars, to akonpagn to mari. » Pravind Jugnauth a par ailleurs soutenu que la pression populaire aurait contribué à la démission de Véronique Leu-Govind de son poste de Junior Minister. Abordant la situation politique et économique du pays, Pravind Jugnauth a estimé que « le peuple n’a plus confiance en ce gouvernement. »
Il est revenu sur l’adoption du Financial Bill, qui prévoit notamment une réforme du système de pensions, avant de réaffirmer l’engagement du MSM à rétablir la pension universelle dans sa forme précédente en cas de retour au pouvoir. Le leader du MSM a également dressé la liste des mesures sociales prises par l’ancien gouvernement durant la crise sanitaire liée à la Covid-19. Il a, dans le même temps, critiqué la gestion du coût de la vie par l’actuel gouvernement, notamment dans le contexte du conflit au Moyen-Orient. « Le GM utilise le conflit au Moyen-Orient pour augmenter les prix… À notre époque, il y avait la guerre en Ukraine, mais nous n’avons pas fait subir autant à la population », a-t-il fait valoir.
Pravind Jugnauth a cité une série de hausses qui, selon lui, pèsent sur les ménages, notamment celles de l’électricité, des taux d’intérêt sur les emprunts, du gaz ménager et de certains produits laitiers. Il a également dénoncé une détérioration dans plusieurs secteurs, dont l’éducation et la santé.
Plusieurs figures du MSM ont également pris la parole lors de ce congrès. Soodesh Callichurn s’est attardé sur la situation dans le monde du travail, tandis que Renganaden Padayachy a fait état de différentes mesures sociales mises en place par l’ancien gouvernement. De son côté, Joe Lesjongard a confirmé avoir demandé la tenue d’une réunion parlementaire de la Financial Crimes Commission (FCC).
Il a soutenu que la FCC a l’obligation de rendre publics les avoirs déclarés par les parlementaires et qu’un manquement à cette obligation constitue une infraction. Il s’est également montré critique envers la démarche de la FCC visant à enquêter sur les circonstances entourant ce manquement. « FCC pe al fer lanket pou kone ki arive. Problem la ar to mem », s’est-il insurgé.

