– Des sources au ministère de la Santé confirment : « Le ministre Bachoo en a été informé et une enquête interne est en cours »
Une vidéo portant le sigle officiel d’une clinique très huppée des basses Plaines-Wilhems, partagée sur les réseaux sociaux, est au cœur d’une affaire jugée très délicate. L’objet du problème : « La clinique en question ne disposerait pas de licence validée par le ministère de la Santé pour permettre des accouchements et les soins relatifs; soit des prestations en obstétrique. Nous avons déjà alerté le ministre de la Santé, Anil Bachoo, et nous avons appris qu’une enquête interne est en cours pour faire la lumière sur cette affaire », avancent des sources en substance.
Dans ce clip de trois minutes, l’on voit, d’emblée, sept membres du personnel, six femmes et un homme, qui porte un Goody Bag à l’effigie de l’établissement hospitalier, tandis que l’une des femmes a un gâteau en main. Ils pénètrent dans une salle où se trouve une maman tenant son bébé dans les bras, et à côté d’elle, son époux. Les visages des parents sont soigneusement cachés. L’une des infirmières confirme que la maman a récemment donné naissance à son enfant dans cette clinique et mentionne même le nom du docteur qui a procédé à l’accouchement.
Les sources ayant approché Le-Mauricien souhaitent que « toute la lumière soit faite : cette clinique a-t-elle le droit de procéder à des accouchements ? Détient-elle une licence en bonne et due forme des instances concernées, dont le ministère de la Santé ? À ce que nous savons, cela n’est pas le cas. Certes, elle dispose d’un département de gynécologie et deux spécialistes sont mentionnés, sur le site web de la clinique, comme médecins référents. Ces spécialistes proposent probablement des prestations de consultations sur place. Cependant, nous nous demandons si cette clinique dispose d’une licence en bonne et due forme pour tout ce qui touche aux prestations en obstétrique. »
Ces sources poursuivent : «L’obstétrique est une branche de la médecine qui se consacre aux soins des femmes pendant la grossesse, l’accouchement et la période du post-partum. Les médecins exerçant dans ce domaine sont appelés obstétriciens. Ils veillent à la santé de la mère et de l’enfant. La plupart des obstétriciens pratiquent également la gynécologie, discipline qui couvre la santé reproductive féminine dans son ensemble. »
D’ailleurs, sur son site internet, cette clinique confirme qu’elle offre des prestations spécialisées en gynécologie tandis que celles concernant l’obstétrique sont classées dans la catégorie Coming Soon dans la phase 2 de son développement.
Par ailleurs, pas plus tard qu’avril dernier, le propriétaire de cet établissement hospitalier était dans le viseur de la Financial Crimes Commission (FCC). L’homme d’affaires – qui aurait été très proche de l’ex-gouvernement – aurait été associé à plusieurs décisions controversées sous l’ancien régime – contrats publics pour des projets immobiliers, location d’espaces de bureaux à des organismes étatiques à des coûts jugés élevés et accès à des financements conséquents d’institutions publiques. Ces éléments alimentent les interrogations sur l’ampleur des liens entre l’entrepreneur et des centres de décision de l’époque.
Ce nouvel épisode à caractère médical devrait catapulter cet homme d’affaires sous les feux des projecteurs.
Affaire à suivre.

