PATRIMOINE | Sega tipik — Le Kapitenn continue de rayonner

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Onze ans après sa mort, Michel Legris, plus connu sous le surnom de Kapitenn, continue à resplendir comme l’ont prouvé les artistes qui se sont succédé sur la scène du Caudan Arts Centre (CAC) pour lui rendre un hommage le jour de son 95e anniversaire. « Kapitenn 95 » était l’occasion pour ceux présents dans la salle de découvrir ou de redécouvrir les chansons de ce tribun du sega tipik, art traditionnel mauricien classé patrimoine immatériel de l’UNESCO, et de voir son rayonnement sur différentes générations, dont celles qui ne l’ont pas connu.

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Ce sont les enfants du Cercle social Cité-La-Chaux qui ont ouvert la soirée avec une narration introduisant le Kapitenn à ceux qui ne connaissent pas son histoire. Né en 1931, dans une famille de 15 enfants, Michel Legris aurait été à l’école seulement deux mois dans sa vie. Les enfants du Cercle social de Cité-La-Chaux ont également gratifié les spectateurs dès le début de ce spectacle de l’emblématique chanson Mo Kapitenn qui lui a valu le premier prix du concours de séga Sugar Time en 1972. Michel Legris était d’ailleurs un féru de concours et l’échec ne lui faisait pas peur.

Kapitenn 95 (chiffre marquant la célébration de l’anniversaire de Michel Legris s’il était encore en vie) foulait les planches d’un théâtre pour la première fois. Plus qu’une fête, c’était un vibrant hommage que lui rendaient ses proches collaborateurs et familles. Et à travers cette narration – des témoignages touchants et l’interprétation de ses chansons, et pas seulement les titres connus -, le spectateur découvrait toute la dimension de ce géant du séga.

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Ferrailleur, chanteur, mais aussi artisan, Michel Legris était un homme très familial. Il partageait sa passion avec sa famille dont les membres continuent encore aujourd’hui à faire vivre son art sur plusieurs générations. Sur la scène du CAC, le public a eu l’opportunité de voir ses enfants de même que ses petits-enfants interpréter ses chansons. Il était très populaire et avait le mot juste et la répartie. Il était toujours d’humeur joyeuse, selon les témoignages entendus.

Michel Legris était aussi fabricant de ravannes, et c’est tout naturellement que cet instrument fut mis à l’honneur lors de cette soirée. Outre les enfants du Cercle social Cité-La-Chaux, Ravann Kozé, Menwar, les musiciens de Richard Beaugendre, ceux de Melodious et la famille de Michel Legris dont le groupe porte le nom Groupe Étoile d’Or-Zeneration Michel Legris ont tous donné l’occasion aux spectateurs de plonger, pendant de longues minutes, au son de cet instrument mythique dans la tradition locale. Le sega tipik et ses instruments dont la ravanne, qui en est au cœur, ont été classés comme patrimoines culturels immatériels de l’UNESCO, en 2014. Et Michel Legris était de ceux qui avaient défendu le dossier auprès du Comité du Patrimoine mondial de cet organisme international.

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Les chanteurs qui se sont succédé sur scène ont attisé la curiosité du public et son envie de vouloir découvrir les autres chansons du Kapitenn, au-delà des incontournables Mo kapitenn, Dalma dalma… Ce sont des chansons à texte racontant un temps, une histoire, préservant ainsi la vie d’antan et les expériences singulières des uns et des autres contées. L’ambiance était à la fête. Certains spectateurs ont dansé au son du séga.

Comme Fanfan et Tifrer, Michel Legris fait partie de ces ségatiers qui ont réussi avec brio la transmission de la tradition du sega tipik aux nouvelles générations. La soirée hommage a été aussi marquée par une exposition retraçant sa carrière. Les organisateurs en étaient Michel Legris Trust et Babani, avec le soutien de Kréol Art. Leur objectif : élargir cette commémoration au grand public. L’événement est appelé à devenir annuel.

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