MADAGASCAR — Par-delà les mers, les arts martiaux chinois font vibrer

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A Toamasina, dans l’est de Madagascar, l’hiver austral se fait sentir dans la fraîcheur douce de la brise de l’océan Indien, sans jamais ralentir le pouls de cette ville portuaire.

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C’est dans cette atmosphère vivifiante que les enseignants et les élèves de l’Institut Confucius de l’Université de Toamasina ont enchaîné coups de poing, mouvements d’épée et exercices au bâton, au rythme de slogans retentissants, dévoilant toute la richesse et le charme des arts martiaux chinois.

A cette occasion, ils ont mis à l’honneur plusieurs disciplines traditionnelles chinoises, notamment le Bajiquan, qui allie la puissance physique à la maîtrise mentale, et le Baguazhang, réputé pour ses mouvements imprévisibles et changeants.

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Parmi les jeunes pratiquants, Elody Marson, âgée de 18 ans, a particulièrement retenu l’attention. Une longue épée à la main, elle est entrée sur l’aire de démonstration aux côtés de son frère et de sa sœur. Dès les premières notes de musique, les trois jeunes ont évolué à l’unisson, enchaînant avec précision et maîtrise chaque posture, chaque rotation et chaque mouvement d’épée. Pourtant, trois ans plus tôt, cette jeune fille ne possédait encore aucune base en arts martiaux.

Chu Shubiao, enseignant d’arts martiaux à l’institut, se souvient qu’en 2023, avant la finale du concours mondial « Pont vers le chinois » destiné aux élèves du secondaire, Elody avait exprimé le souhait de s’initier aux arts martiaux afin de mieux se préparer à la compétition. Tenant compte de sa personnalité et de ses aptitudes physiques, M. Chu avait alors adapté son enseignement à son profil, en lui apprenant notamment à manier l’épée et l’éventail de kung-fu.

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Malgré son manque d’expérience, cette jeune pratiquante accomplissait avec sérieux et diligence les exercices qui lui étaient confiés. Cette assiduité lui a finalement permis d’obtenir de bons résultats lors de la finale du concours organisée en Chine la même année.

Pour Elody, sa passion pour les arts martiaux chinois est née de la projection en classe d’un film consacré à Mulan, héroïne légendaire chinoise. « Je trouvais Mulan très forte, alors je voulais devenir une héroïne comme elle », a-t-elle expliqué.

Depuis, les cours réguliers et structurés de l’Institut Confucius lui ont permis de s’initier à diverses disciplines chinoises, particulièrement au maniement de l’épée et du bâton ainsi qu’à des styles traditionnels tels que le Bajiquan et le Baguazhang.

Si l’épée est devenue sa discipline de prédilection, c’est au fil d’un entraînement assidu qu’Elody en a progressivement affiné la maîtrise. Cette pratique des arts martiaux chinois l’a également rapprochée de la langue et de la culture chinoises.

Les nombreuses représentations et compétitions auxquelles elle a participé ont peu à peu transformé la jeune fille : autrefois timide, elle a appris à se tenir avec davantage d’assurance et à affronter le regard du public avec courage.

« Les arts martiaux m’ont donné plus d’opportunités de me mettre en valeur et m’ont permis de prendre de plus en plus confiance en moi », a-t-elle confié.

Chez les Marson, la passion des arts martiaux se vit désormais en famille. Transmise par Elody à son frère et à sa sœur, elle les réunit chaque jour autour de séances d’entraînement, dans un esprit de complicité et d’émulation, avant de les amener à des compétitions, où leurs efforts sont souvent couronnés de succès.

« Nous nous entraînons tous les jours, sans exception, entre une demi-heure et deux heures », a précisé son frère cadet Loïck, ajoutant que leurs parents les soutiennent également beaucoup dans leur apprentissage des arts martiaux chinois.

M. Chu a gardé lui aussi en mémoire l’image de cette fratrie s’entraînant côte à côte. Il a en effet constaté que leur parcours reflétait une évolution plus large : à Madagascar, l’intérêt pour les arts martiaux chinois gagne aujourd’hui des publics de plus en plus variés, dépassant le seul cercle des étudiants universitaires pour toucher les élèves du primaire et du secondaire, les habitants des quartiers, les parents d’élèves ainsi que les membres de la communauté chinoise locale.

Lors de la séance d’initiation organisée à cette occasion, des participants de tous âges se sont prêtés aux exercices proposés par les enseignants, reproduisant les mouvements de poing, s’initiant aux techniques de base du bâton et de l’épée ou répétant les déplacements et les pas enseignés. Dans une ambiance chaleureuse rythmée par les encouragements, chacun semblait prendre plaisir à découvrir les arts martiaux chinois.

Neuvième héritier du Bajiquan de l’école Wu, Cui Zhenfeng, aujourd’hui directeur chinois de l’Institut Confucius de l’Université de Toamasina, est également témoin de l’engouement croissant des Malgaches pour les arts martiaux chinois.

Pour répondre à cet intérêt grandissant, l’Institut Confucius propose à présent chaque week-end des cours gratuits ouverts au grand public, offrant à un nombre toujours plus important de Malgaches l’occasion de s’initier à ces disciplines, de pratiquer ensemble et de nourrir leur passion pour les arts martiaux chinois.

« L’enseignement des arts martiaux chinois ne consiste pas seulement à transmettre des mouvements et des enchaînements. Il s’agit surtout de permettre à la population locale, à travers une participation concrète, de ressentir la richesse culturelle et la force spirituelle qui se trouvent au cœur des arts martiaux chinois », a souligné M. Cui.

Dans cette perspective, l’Institut travaille actuellement à l’élaboration d’un manuel trilingue chinois-anglais-français consacré au Bajiquan traditionnel chinois. Selon M. Cui, cet ouvrage entend contribuer à une transmission plus structurée des arts martiaux chinois et à une meilleure accessibilité des ressources pédagogiques, tout en ouvrant au public une porte d’entrée vers le Bajiquan et, au-delà, vers la richesse de la culture chinoise.

Madagascar et Maurice

renforcent leur coopération

Le ministère malgache du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique et la Chambre de Commerce et d’Industrie Maurice-Madagascar (CCIMM) ont signé, hier, à Antananarivo, capitale malgache, un accord de coopération en matière d’emploi, de développement des compétences et de mobilité professionnelle entre Madagascar et Maurice.

Selon le ministère, cet accord vise notamment à favoriser la création d’emplois, à renforcer les compétences des travailleurs malgaches et à faciliter leur accès au marché du travail mauricien, dans le cadre d’une mobilité professionnelle légale et encadrée.

Le ministère prendra en charge le soutien administratif et juridique des Malgaches partant travailler à l’étranger, le suivi des processus de recrutement et surtout la protection des droits des travailleurs migrants malgaches. De son côté, la CCIMM facilitera les relations entre les institutions publiques, les entreprises et les acteurs du recrutement et participera à l’information sur les besoins du marché du travail mauricien et les offres d’emploi disponibles.

L’accord prévoit également la création d’un comité de suivi et de coordination chargé de superviser la mise en œuvre des actions conjointes. Conclu pour une durée de trois ans, il constitue un cadre de coopération entre les deux parties dans les domaines de l’emploi et de la mobilité professionnelle.

Selon le ministère, cette coopération doit également contribuer au développement des compétences et à la protection des travailleurs malgaches, tout en renforçant les échanges entre les secteurs public et privé des deux pays.

Le processus électoral pourrait

débuter à partir de juillet 2027

Le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michael Randrianirina, a déclaré, hier, que Madagascar serait prêt à mener les élections à partir de juillet 2027.

Il a tenu ces propos en réponse aux questions des médias, à son arrivée à l’aéroport international d’Ivato à Antananarivo, capitale malgache, au retour du 46e sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), qui s’est tenu à Durban, en Afrique du Sud.

Selon le président de la Refondation, la consultation politique menée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) en vue de la gouvernance électorale a débuté le 28 juillet dernier et prendra fin en mai ou juin 2027. À l’issue de cette consultation, le processus électoral pourrait être entamé et les élections se tiendraient en 2027, sans « prolongement de la période de Refondation ».

M. Randrianirina a également indiqué que la SADC était prête et disposée à aider Madagascar dans le processus de Refondation actuel jusqu’à la tenue des élections, ajoutant qu’elle apporterait son assistance, « sans conditionner son soutien à la conclusion de tout accord politique ».

Lors de son séjour en Afrique du Sud, M. Randrianirina s’est par ailleurs entretenu avec le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, au sujet de la situation politique à Madagascar, dans le cadre des efforts visant à favoriser le dialogue et à accompagner le pays vers une sortie de crise

MADAGASCAR

50 hectares de mangroves

restaurés dans le Nord

Quelque 150 hectares de mangroves ont été restaurés par les communautés locales à Ampisikina, dans le nord de Madagascar, au terme d’un travail continu mené pendant deux ans, a annoncé mardi le ministère malgache de l’Environnement et du Développement durable sur sa page Facebook.

Le ministre malgache de l’Environnement et du Développement durable, Nolave Luck Aristide Andriatsihala, a exprimé sa reconnaissance à la communauté locale pour les  »efforts entrepris » en faveur de la restauration des mangroves, avant de participer à la plantation de 10.000 jeunes mangroves supplémentaires avec les habitants.

Le ministère souligne que les mangroves contribuent notamment à la protection du littoral, à la préservation des habitats marins et aux moyens de subsistance des communautés dépendant des ressources côtières.

Cette opération s’inscrit dans les efforts de restauration des écosystèmes menés avec la participation des communautés locales, selon le ministère.

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