Le dossier transmis au DPP pour confirmer la marche à suivre à l’encontre de l’ancien PM
L’ancien Premier ministre et leader du MSM Pravind Jugnauth a été entendu, hier, pendant environ sept heures au QG de la Financial Crimes Commission (FCC), dans le cadre de l’enquête portant sur l’octroi du contrat pétrolier de l’ordre de Rs 30 milliards au Mercantile and Maritime Group (MMG) de Kareena Neisius.
Interrogé Under Warning sur son degré d’implication dans le traitement de ce dossier stratégique, il a renvoyé la responsabilité au Board de la State Trading Corporation (STC). Assisté de Me Raouf Gulbul, Pravind Jugnauth a confirmé qu’il avait été informé de l’offre soumise par MMG, alors même que la STC avait retenu OQ Trading Ltd pour l’approvisionnement du pays en White Oil pour la période allant de juillet 2023 à août 2024.
À l’époque, alors qu’il occupait le poste de Premier ministre, Pravind Jugnauth avait tenu une réunion avec ses ministres Renganaden Padayachy, Soodesh Callichurn, Maneesh Gobin et Alan Ganoo. Au cours de cette rencontre, il dit avoir été informé des principaux éléments de la proposition de MMG, notamment la possibilité d’effectuer les paiements en roupies et de bénéficier d’un délai de 60 jours après la livraison.
Pravind Jugnauth a expliqué aux enquêteurs que le pays sortait alors de la crise liée à la pandémie de Covid-19 et que le secteur touristique n’avait pas encore retrouvé son niveau d’activité habituel. Dans ce contexte, les réserves en devises étrangères sur le marché étaient, selon lui, insuffisantes. Il affirme donc avoir pris note des conditions proposées par MMG, qu’il considérait comme susceptibles de servir les intérêts du pays.
L’ancien Premier ministre maintient toutefois qu’il n’est pas intervenu dans la décision finale et qu’il avait laissé au Board de la STC le soin de se prononcer sur l’offre de MMG.
Les recoupements d’informations effectués par Le-Mauricien indiquent que les enquêteurs de la FCC n’ont, à ce stade, retrouvé aucune communication directe entre Pravind Jugnauth et Kareena Neisius, représentante locale de MMG. La situation serait différente concernant les échanges entre cette dernière et l’ancien ministre des Finances, Renganaden Padayachy, dont les communications intéressent particulièrement les enquêteurs.
À ce stade, Pravind Jugnauth a officiellement complété son Statement dans cette enquête. Les limiers de la FCC devraient désormais solliciter l’avis du bureau du Directeur des Poursuites Publiques (DPP) sur la marche à suivre le concernant. Lors de son précédent passage au Réduit Triangle, l’ancien Premier ministre avait également évoqué l’existence d’échanges sur WhatsApp entre Rakesh Bhuckory, conseiller au Prime Minister’s Office (PMO), et un haut responsable de la FCC.
Il avait demandé à la Commission d’ouvrir une enquête sur ces communications. L’enquête de la FCC concerne les circonstances entourant l’attribution d’un contrat d’approvisionnement en carburant à MMG, d’une valeur d’environ Rs 30 milliards en juin 2023. Le contrat avait été accordé sans passer par un appel d’offres.
À la sortie du QG de la FCC, après la séance d’interrogatoire de Pravind Jugnauth, Me Gulbul a fait comprendre que « nou pa gard drwa de silans nou. Parce que Monsieur Jugnauth n’a rien à cacher. »
De son côté, le leader du MSM a donné rendez-vous au 11 septembre à Grand-Bois. « Mo leta dam, vendredi le 11 septam ou vinn Grand-Bois, lerla mo pou koz enn ti pe lorla », a-t-il fait valoir à la presse.
Dans un autre ordre d’idées, Pravind Jugnauth a commenté trois affaires, impliquant des membres du gouvernement et défrayant la chronique ces jours-ci. « Ou finn deza trouve enn minis lasante ki’nn pran so dokter personnel, li al dan lopital pou al fer operasion ? », s’est-il demandé au sujet de l’information publiée dans les colonnes de Week-End de dimanche dernier.
Il continue à exercer la pression sur l’ancienne Junior Minister aux Arts et à la Culture, Véronique Leu-Govind, dont l’époux demeure toujours en détention dans la saisie de 155,7 kilos de gandia à La-Réunion. « Tou dimounn pe trouve, pe ridikiliz sa gouvernman-la. Seki grav, ena pe protez zot dimoun », dénonce-t-il alors qu’auparavant, il est revenu sur la controverse impliquant le ministre des Terres et du Logement, Shakeel Mohamed, et la transaction immobilière de Rs 35 millions.

