SPECTACLE — « Kathak ki kahaani, Bollywood ki Zubaani » : Une célébration du kathak à travers le temps au cinéma

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Les élèves d’Arpita Banerjee et Trishtee Toory ont présenté Kathak ki kahaani, Bollywood ki Zubaani, le mercredi 19 août, au Caudan Arts Centre (CAC). Un spectacle captivant, d’une durée de 90 minutes, conçu sous la forme d’une narration magnifiquement chorégraphiée qui a mis du baume au cœur du spectateur. Il sera repris ce week-end, au CAC.

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Pour certains, c’était une découverte. Pour d’autres, l’occasion de revivre certains souvenirs de leur enfance ou d’adolescence. Conçu et dirigé par Arpita Banerjee, Kathak ki kahaani, Bollywood ki Zubaani a plongé le spectateur dans l’histoire du kathak intrinsèquement lié aux changements de la société indienne – avec les réformes, la montée et la chute des empires jusqu’à ce jour – et inexorablement, à l’évolution du cinéma indien et bollywoodien. Car, comme l’affirmait la narratrice, « depuis le tout début, le kathak a été une partie intégrante du cinéma indien. À l’image de chaque royaume, chaque époque, le cinéma avait besoin de danse, de chansons, de grâce et de grandeur ».
Le début du cinéma indien date de 1931 avec la sortie du premier film indien, Alam Ara, qui raconte l’histoire d’un roi et ses deux femmes. Ce long métrage, considéré jadis comme un Breakthrough du cinéma indien tombe aujourd’hui dans la catégorie des Lost Films. Son évocation était pourtant primordiale pour la suite de la narration et l’expérience du spectateur, car le film faisait déjà place à la danse, et le kathak en tant que tel apparut deux ans plus tard sur grand écran. C’est ce qui apporta de la nuance à la danse indienne.
Au fil des tableaux, le spectateur découvrira ces nuances. Par exemple, la chorégraphie inspirée de celle du célèbre danseur Nataraj Gopeekrishna, de l’école de Bénarès dans le film Janak Janak Payal Baje, sorti en 1955. À l’époque, elle redynamisa l’intérêt public pour la danse classique, fait ressortir la narratrice. Il savourera aussi le nouveau raffinement, souligné par celle-ci en parlant de son entrée dans la cour moghole. « Ses mouvements devinrent plus fluides, ses costumes plus majestueux, et ses expressions plus nuancées. L’éclat rythmique restait, mais il était désormais rempli de nizakat, de grâce, de nafasat, de délicatesse et d’ada, d’élégance… Dans ces cours royales, le kathak s’épanouit en un art d’une sophistication extraordinaire. Les chakras rapides devenaient plus envoûtants, les démarches complexes plus éblouissantes, et l’abhinaya plus intime et poétique », confie la narratrice. Cependant, la dimension sacrée demeurait. Les histoires de Krishna continuaient à enchanter le public. Elles embrassaient la royauté sans abandonner la spiritualité. Selon la narratrice, « le kathak est devenu un pont où les traditions hindoue et islamique se rencontraient, non pas en conflit, mais en harmonie ».
Le spectacle a pris fin avec une composition contemporaine qui faisait le lien entre les mondes de la musique classique et un récit moderne. Il débutait avec un bhajan où « la dévotion devient l’âme du mouvement » pour prendre fin avec « l’exaltant Tarana, Ari, de la célèbre série Bandish Bandits ».
Ce mercredi soir, le spectateur s’est certainement senti privilégié pour vivre intensément ces moments du cinéma, à travers un décor adapté, des chansons de choix et une chorégraphie harmonieuse. Il appréciera les costumes dépeignant chaque époque. Les différentes écoles. Le rythme – parfois lent, parfois rapide -, les mélodies, l’harmonie. Tout cela favorisant une exploration des sensations uniques, voire nouvelles chez lui, au fil de l’écoute, le poussant tantôt dans un état méditatif, tantôt d’excitation. Tout est réglé au millimètre près. Point de temps morts. Pris dans ce voyage à travers le temps, les souvenirs, les sensations et les plaisirs, il n’a pas vu le temps passé.
Pour la conceptrice, Kathak ki kahaani, Bollywood ki Zubaani est « un rappel que la tradition n’est jamais laissée de côté. Elle découvre simplement de nouvelles voix, de nouveaux publics et de nouveaux rêves. Viens, célébrons non pas la fin d’une performance, mais la continuation d’un héritage ». Les élèves d’Arpita Banerjee et Trishtee Toory donnent rendez-vous au public au CAC, ce week-end.
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HT
Deux représentations publiques les 28 et 29 août

Deux représentations publiques de Kathak ki kahaani, Bollywood ki Zubaani, selon une conception d’Arpita Banerjee sont prévues les samedi 28, à 19h30, et dimanche 29, à 18h, au CAC. Ce spectacle, une production de théâtre dansé, célèbre « le lien intemporel entre l’élégance classique du kathak et la magie du cinéma indien. La performance retrace le parcours remarquable du kathak – des cours royales et des gourous légendaires jusqu’à sa présence inoubliable sur grand écran ». Il est présenté par les élèves d’Arpita Banerjee et Trishtee Toory et bénéficie de la collaboration de Care Edge et de la Bengali Association.

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