Karay politik

Ajouter en tant que source préférée sur Google

Le sentiment que le gouvernement a perdu la main et réagit, au lieu d’agir, se confirme ces jours-ci. Au lieu de se défendre et d’expliquer, il se contente d’encaisser sans savoir comment répondre aux nombreuses vidéos caricaturales qui pullulent sur les réseaux sociaux. Il faut reconnaître que les internautes ont offert un véritable festival d’humour grinçant avec l’histoire du saret bef de Navin Ramgoolam. Cette semaine a aussi confirmé l’impression que le gouvernement est en retard sur son calendrier parlementaire. La loi qui doit instituer le National Crime Agency – dont Navin Ramgoolam parle depuis des années et qu’il n’a pas hésité à comparer au texte de loi créant rien de moins que le FBI américain – n’est pas prêt. Ce texte de loi qui devrait, selon le Premier ministre, faire régner le law and order dans le pays est encore en voie de rédaction. Est-ce la partie anglaise des conseillers du PM mauricien, grassement payée en livres sterlings, qui est en retard ou est-ce que ce sont les experts locaux, regroupés au PMO, qui ne travaillent pas assez vite ? Toujours est-il que le ministre de l’Agro-Industrie semble, lui aussi, rédiger ses textes de loi à la vitesse d’une tortue. Cette lenteur l’a contraint à repousser le Wetlands Bill qui devait être présenté mardi dernier au Parlement. Si certains projets de loi ne sont pas prêts à temps, d’autres le sont, mais pas leur mise en application. C’est ce qui est arrivé au ministre des Transports Terrestres avec sa loi durcissant les règlements de conduite automobile à Maurice. La loi a été votée avant que la possibilité pour les automobilistes de download la version numérique de leurs permis de conduire ne soit accessible. Du coup, il y a un retard dans la mise en application de la mesure. Mais il faut dire que le ministre Mohamed a l’habitude de faire du back pedalling, comme il l’avait fait en annonçant une nouvelle taxe sur les plaques d’immatriculation personnalisées qu’il a dû retirer en quatrième vitesse, après une vague de protestations. Puisqu’on parle du ministre Osman, rappelons-lui que, malgré le fait que le budget ait été voté, les bandes blanches des passages cloutées n’ont pas été repeintes, avec les risques d’accidents que cela peut comporter. Par ailleurs, la désormais fameuse opération du ministre de la Santé n’en finit pas de provoquer des vagues. D’autant plus que ses explications/justifications viennent d’être démenties au Parlement par le PM en personne. Alors que le ministre de la Santé avait expliqué que son médecin du privé avait agi comme observateur pour son opération à l’hôpital public, le PM a révélé qu’en fait, le médecin du privé avait procédé à l’opération. Preuve, s’il en était besoin, que la communication interne et les échanges d’informations n’existent pas au plus haut niveau du gouvernement. De mauvaises langues vont jusqu’à dire que c’est à dessein que le PM a démenti publiquement son ministre de la Santé. Un coup politique annonciateur du remaniement ministériel annoncé depuis des semaines, qui fait trembler de peur les ministres, et d’espoir les aspirants au fauteuil ministériel ?
Si le MMM officiel (certains de ses adversaires l’ont baptisé MMMM, le dernier M pour ministériel) ne communique pas sur les activités des réunions de son BP et de son CC – encore qu’il paraît qu’elles auraient été marquées par des walk out –, ce n’est pas le cas des anciens mauves regroupés dans le nouveau Fron Moricien Progressis. Hier, un de ses membres (on ne sait pas encore qui est son leader officiel) s’est fait un malin plaisir de passer en revue les récentes erreurs du gouvernement. Ces fameux bâtons que le gouvernement offre à ses adversaires pour se faire battre. C’est ainsi que Paul Bérenger est revenu sur l’affaire de la berline blindée à Rs 30 millions du PM qualifiée de « dépenses qui révoltent la population ». Sur l’affaire Anil Baichoo, il a résumé sa pensée en disant qu’il avait honte pour le PTr en estimant que le ministre de la Santé aurait dû avoir soumis sa démission du gouvernement. Paul Bernegr a également qualifié le report des travaux du Parlement à octobre après la séance de cette semaine de « situation révoltante, voire dangereuse. » Et puis, il a annoncé l’adhésion au Fron Moricien Progresis de deux avocats stars du barreau et de la politique : Neelkanth Dulloo et Rama Valayden. Dans la foulée, il a fait savoir que d’autres progressistes allaient bientôt se joindre au FMP. D’après certaines sources, parmi ces « progressistes » à qui le FMP fait appel, se trouverait un autre avocat également étoile – un peu pâlie – de la politique : Nando Bodha. Si cette adhésion était confirmée, on pourrait surnommer le FMP le parti des avocats.

- Publicité -

Jean-Claude Antoine

EN CONTINU