Une réunion entre la direction de la Mauritius Post et le personnel de livraison s’est tenue, en début de semaine, dans les locaux de l’Académie postale, à Port-Louis. Initiée par le Chief Executive Officer (CEO), Anil Seeruttun, cette rencontre a réuni quelque 70 employés, parmi lesquels des facteurs, des assistants-facteurs et des facteurs principaux. Le CEO était accompagné de la responsable des opérations, Kavita Gopal, et du responsable du marketing, Jayraj Ittoo.
Présentée comme une occasion de sensibiliser le personnel de livraison à la nécessité de maintenir la collaboration malgré les contraintes financières auxquelles fait face l’institution, la réunion a rapidement donné lieu à des échanges particulièrement animés. La direction a fait état d’un emprunt de plusieurs millions, dont le remboursement serait toujours en cours. Ce sujet a toutefois suscité de nombreuses interrogations parmi les employés et leurs représentants.
Les facteurs ont notamment demandé des éclaircissements sur le véritable statut de cette dette, évoquant des « contradictions apparentes » dans les informations communiquées concernant son remboursement. Le sujet a provoqué de vives réactions dans l’assistance.
Pour les employés, toute amélioration de la situation financière de la Mauritius Post devrait permettre de dégager des ressources pour répondre en priorité aux problèmes auxquels ils sont confrontés sur le terrain. Ils ont ainsi plaidé pour le recrutement de personnel de relève ainsi que pour l’octroi des promotions attendues, estimant que ces mesures permettraient de « réduire la pression qui pèse actuellement sur les équipes de livraison ».
Au fil des échanges, les facteurs ont fait part de leur exaspération face à ce qu’ils considèrent comme une dégradation systématque de leurs conditions de travail. Plusieurs d’entre eux ont directement interpellé la direction au sujet de la durée pendant laquelle ils devront continuer à exercer leurs fonctions sous de telles contraintes.
La question du financement de l’entreprise a également été abordée. Face aux arguments avancés sur les difficultés financières, des employés ont proposé que la Mauritius Post envisage un emprunt d’un milliard de roupies auprès de la Development Bank of Mauritius. Selon eux, ces fonds pourraient être injectés directement dans l’entreprise afin de permettre une restructuration et une modernisation des opérations.
Autre sujet de mécontentement : l’allocation de carburant. Les facteurs déplorent devoir, dans certains cas, puiser de leurs propres poches pour les frais d’essence nécessaires à la distribution quotidienne du courrier car le prix du carburant a été majoré. Une situation qu’ils jugent difficilement tenable, particulièrement dans le contexte économique actuel. Pour le personnel de livraison, la prise en charge des dépenses liées à l’exercice de leurs fonctions ne devrait pas reposer sur les employés eux-mêmes.
La gestion de proximité a également fait l’objet de critiques. Certains facteurs ont dénoncé les méthodes de travail de plusieurs Area Managers, estimant que tous les bureaux de poste ne bénéficieraient pas du même niveau d’attention et de suivi. Cette perception d’une disparité dans la gestion des différents bureaux alimente, selon les employés, « un sentiment de frustration au sein des équipes ».
Au terme de la réunion, le personnel de livraison a réaffirmé son attachement au service public et à la mission de la Mauritius Post. Mais derrière cet engagement, les employés souhaitent désormais voir des réponses concrètes apportées à leurs préoccupations.
Le recrutement de personnel de relève, les promotions, la question de l’allocation de carburant, la gestion des bureaux de poste et la situation financière de l’entreprise figurent ainsi parmi les dossiers sur lesquels les facteurs réclament davantage de transparence et d’action. Pour eux, au-delà des discussions, l’heure est désormais aux solutions afin d’alléger la pression qui pèse sur les équipes et de garantir la continuité et la qualité du service postal.
D’autre part, certains habitants déplorent actuellement le retard dans la livraison de leurs courriers à domicile.

