Échiquier politique | Actualités commentées — Bérenger s’insurge contre les congés parlementaires

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Le leader du FMP : « Parlement, Chagos, affaire Bachoo, EDB, Wetlands, National Crime Agency… Les dossiers sensibles ne manquent pas »

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Le leader du Front Militan Progresis (FMP), Paul Bérenger, a rencontré la presse samedi pour passer en revue la situation politique du pays. Il réclame des comptes et dénonce un « déficit de transparence ». Surtout, il se dit « révolté » par l’ajournement des travaux de l’Assemblée nationale au 20 octobre prochain. Après avoir fait une sortie en règle contre le gouvernement et le Premier ministre, Navin Ramgoolam, il a annoncé l’adhésion de Rama Valayden et l’ancien membre du Parti travailliste Neelkanth Dulloo au parti.

D’emblée, Paul Bérenger ne mâche pas ses mots : le gouvernement donne l’impression de vouloir gérer plusieurs dossiers sensibles sans fournir assez d’explications au Parlement et à la population. Au sujet de l’ajournement des travaux parlementaires, Paul Bérenger dit ne pas comprendre « qu’après une longue période d’interruption », les députés aient repris leurs travaux pour une seule séance avant que le Parlement ne soit à nouveau renvoyé en vacances pour près de deux mois. « Le parlement s’est rencontré un seul jour pour adopter une législation, le Road Traffic Amendment Bill, en quatrième vitesse. Quatre Senior Ministers, qui devaient intervenir, ont été laissés sur la touche. Le parlement a siégé quelques heures avant d’être ajourné pour deux mois. C’est révoltant ! » dit-il.

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Pour le FMP, cette décision intervient alors que plusieurs dossiers exigent précisément des débats parlementaires. Paul Bérenger cite, entre autres : la réforme de la pension de vieillesse, le fléau de la drogue – dans le sillage du décès du petit Adriano –, le dossier Chagos, la réforme électorale et l’affaire Kistnen. « Il y a des urgences qui requièrent l’ouverture du Parlement », a-t-il affirmé, ajoutant que le leader de l’opposition, Chetan Baboolall, avait insisté sur la nécessité de « montrer que l’affaire Kistnen n’a pas été oubliée. »

La décision du Premier ministre, Navin Ramgoolam, de ne pas participer aux travaux de l’Assemblée générale des Nations unies cette semaine, en raison notamment du coût d’un déplacement à New York, a également provoqué de vives critiques du leader du FMP. À ses yeux, le contexte international « ne permet pas à Maurice de faire profil bas ». Aussi considère-t-il que le pays doit utiliser toutes les tribunes internationales et régionales disponibles pour défendre ses intérêts, particulièrement en ce qui concerne les Chagos.

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Le leader du FMP s’est d’ailleurs montré critique envers l’attitude britannique et américaine sur cette question. De ce fait, Maurice doit maintenir la pression diplomatique et réitérer ses positions devant la communauté internationale. « J’ai déjà dit à Ramgoolam que les Anglais le perçoivent comme un colonisé », a-t-il renchéri. Une déclaration qui traduit, selon le leader du FMP, la nécessité pour Maurice de ne pas relâcher ses efforts diplomatiques autour de l’archipel des Chagos.

Rs 1 M pour le CEO de l’EDB

Autre dossier ciblé par Paul Bérenger : la rémunération du Chief Executive Officer désigné de l’Economic Development Board (EDB), Raja Ramdaursing. Le leader du FMP s’interroge ainsi sur l’opportunité d’un salaire dépassant le million de roupies, avantages compris, alors que le gouvernement demande parallèlement à la population de faire preuve de discipline et de retenue face aux contraintes économiques.

Au-delà de la question salariale, Paul Bérenger réclame surtout des garanties concernant le processus de sélection. Le FMP veut ainsi connaître les procédures qui seront utilisées pour désigner celui ou celle qui prendra les commandes de l’EDB. Le parti se dit d’ailleurs favorable à l’instauration d’un mécanisme indépendant permettant de garantir que les nominations à la tête d’institutions importantes reposent sur la compétence et l’expérience.

Paul Bérenger est par ailleurs revenu sur l’affaire de l’intervention chirurgicale d’Anil Bachoo à l’hôpital Jeetoo, avec la présence active d’un spécialiste du secteur privé. « Mo onte pou Parti Travayis ! » a-t-il lancé. Ainsi relève-t-il une « différence » entre les explications fournies par Anil Bachoo, qui avait indiqué que le spécialiste privé était présent comme observateur, et les faits avancés ensuite par le Premier ministre. Pour lui, cette divergence justifie pleinement une enquête indépendante. « En contredisant son ministre, le Premier ministre l’a démenti. Nou kone ki zot pe rod kasiet. C’est pour cela qu’il refuse la mise sur pied d’un Board of Inquiry pour faire toute la lumière sur cette affaire », estime-t-il.

Il reproche aussi au Premier ministre d’avoir évoqué la présence de spécialistes étrangers dans les hôpitaux publics pour tenter de noyer la polémique. Considérant que cet argument ne répond pas à la question soulevée, il estime qu’un remaniement ministériel est « nécessaire » afin de « faire bouger » le ministre Bachoo, « qui aurait dû démissionner » de son poste.

« Une avancée historique »

Le leader de l’opposition, Chetan Baboolall, a consacré une partie de son intervention à cette affaire. Il considère ainsi que sa PNQ et la réponse du Premier ministre ont permis d’établir un principe qui devra désormais s’appliquer à l’ensemble de la population. Il a ainsi qualifié cette réponse « d’avancée historique ». Il a relevé que : « le Premier ministre l’a dit, we should abide by the same rule. Il n’y a aucun protocole, mais la même pratique devra être appliquée à tous les patients du pays. » Chetan Baboolall, qui compte adopter un style sobre mais percutant comme leader de l’opposition, affirme qu’il faudra désormais veiller que ce principe soit effectivement appliqué dans les hôpitaux publics.

Le Road Traffic Amendment Bill figurait également parmi les sujets de préoccupation de l’opposition. Selon lui, le gouvernement, après avoir échoué à faire adopter une pénalité de Rs 100 000 pour certaines infractions liées aux regroupements lors des débats sur le Finance Bill, chercherait à atteindre un objectif similaire par une autre voie. Le leader de l’opposition estime que cette disposition légale mérite donc d’être examinée avec attention avant son adoption.

Au sujet de la future National Crime Agency, Chetan Baboolall réclame également de la transparence. Prenant en compte qu’il a été impliqué dans la préparation de cette législation, il s’est gardé de faire des commentaires approfondis à ce sujet. Il demande cependant au gouvernement de faire circuler le projet de loi afin que les juristes, les parlementaires et les citoyens puissent prendre connaissance des dispositions et soumettre leurs propositions.

La question de la nomination de la direction de cette nouvelle agence constitue, à ses yeux, un autre enjeu majeur. Il souhaite ainsi que le processus soit encadré par une instance indépendante, capable de garantir que les personnes retenues disposent des compétences nécessaires pour exercer ces responsabilités.

Au chapitre de la FCC, Paul et Joanna Bérenger ont observé que le FMP ne fait pas partie du comité parlementaire présidé par Dhaneshwar Damry. Joanna Bérenger a, pour sa part, braqué les projecteurs sur le Wetlands Bill. Elle conteste ainsi la manière dont le projet de loi, pourtant déjà présenté en première lecture, a été retiré de l’agenda de l’Assemblée nationale à la suite d’une motion du ministre de l’Environnement.

Elle déplore l’absence d’explication claire sur les raisons de ce retrait. Elle estime que le gouvernement reproduit une méthode déjà observée sur d’autres dossiers : présenter une mesure sans consultation suffisante, avant de devoir faire machine arrière sous la pression. Aussi réclame-t-elle une approche davantage participative sur la protection des Wetlands, avec la participation de représentants de la société civile et de scientifiques au sein d’un comité consultatif.

Elle a également exprimé ses réserves sur le fonctionnement de l’Environmentally Sensitive Areas Committee, qu’elle juge peu satisfaisant, à l’approche de la présentation de l’Environmentally Sensitive Areas Bill. Pour le FMP, la protection des zones sensibles ne peut être traitée uniquement sous l’angle administratif ou gouvernemental. Les décisions doivent, selon Joanna Bérenger, « être précédées d’une véritable consultation des acteurs concernés et s’appuyer sur l’expertise scientifique ».

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