La Bail & Remand Court (BRC) rendra son Ruling le 12 octobre dans la deuxième demande de remise en liberté de Mamy Ravatomanga, l’homme d’affaires malgache au cœur d’une affaire de Money Laundering allégué du Rs 7,3 milliards.
Lors de la séance d’hier, Me Khushal Lobine, qui assure la défense du suspect, a axé sa plaidoirie sur les manquements de la première demande du prévenu d’être remis en liberté conditionnelle, mis en avant par la Cour suprême dans un jugement en date du 26 mai.
Cette instance avait ainsi confirmé en appel une première décision de la BRC, en date du 30 décembre 2025, de ne pas accorder de liberté conditionnelle à Mamy Ravatomanga.
Les juges de la Cour suprême avaient toutefois retenu que la nature des preuves pour étayer les deux accusations de blanchiment d’argent contre l’homme d’affaires malgache n’était pas « strong », contrairement à l’appréciation de la magistrate de la BRC. Il a ainsi plaidé que cela est toujours le cas, vu que l’enquête de la FCC sur ces deux accusations n’a toujours rien apporté de nouveau.
Concernant le processus de blanchiment d’argent, l’avocat a maintenu que certaines transactions où Ravatomanga était impliqué étaient de nature financière normale, entre des entités qui opéraient légitimement à Maurice.
L’homme de loi a ensuite abordé la troisième accusation provisoire contre Mamy Ravatomanga, notamment une charge d’entente délictueuse par rapport au délit de trafic d’influence. Cette accusation provisoire avait été logée par la FCC par rapport à la rencontre entre Ravatomanga et un commissaire de la FCC, Junaid Fakim, qui s’était tenue à Quatre-Bornes le 14 octobre 2025. Il maintient que cette simple rencontre ne pouvait constituer de preuve pour étayer la charge provisoire de trafic d’influence.
Me Lobine a aussi mis en cause le fait que son client est en détention depuis le 2 décembre 2025 et que la FCC donne à la Cour une nouvelle échéance pour boucler son enquête à chaque fois. Dans ce même contexte, il a fait ressortir les graves problèmes de santé de son client et les défaillances du service médical à la prison de haute sécurité de Melrose.
L’homme de loi a conclu que les risques de fuite ou d’entrave à l’enquête, mis en avant par la FCC lors du premier Bail Hearing devant la BRC l’année dernière ne tiennent plus face à l’évolution de cette affaire. Ces risques, même s’ils sont considérés comme étant fondés par la Cour, peuvent être atténués par des conditions strictes.
La FCC a toutefois campé sur sa position. Son représentant juridique, Me Trishul Naga, a mis en avant la complexité de cette enquête, qui dépasse les frontières de Maurice, et a maintenu que les risques de fuite, de subornation de témoins et de manipulation des preuves, mis en avant par la BRC lors du premier Bail Hearing l’année dernière, sont toujours valables et justifiaient le maintien de Mamy Ravatomanga en détention.
La magistrat Mohammad Nathire a indiqué qu’il rendra son Ruling le lundi 12 octobre, soit le jour même de l’arrivée de Ravatomanga à Maurice, il y a un an de cela, dans le sillage du changement de régime à Madagascar. Le suspect avait ainsi atterri au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport à bord d’un jet privé, avec ses proches et un ancien Premier ministre malgache.

