La FCC cible des policiers derrière des détournements allégués de stupéfiants
La Financial Crimes Commission (FCC) a mis à jour des éléments troublants dans la mémoire du téléphone portable de Steven Moothoocurpen. Ces informations feraient état d’un système impliquant des membres d’une unité de la police, soupçonnés d’avoir récupéré de la drogue avant qu’une partie de la marchandise ne disparaisse des saisies officiellement enregistrées.
Selon les éléments recueillis par les enquêteurs de la Financial Crimes Commission, la quantité de drogue récupérée ne correspondrait pas toujours à celle déclarée comme saisie. Une situation qui soulève de sérieuses interrogations et fait planer le soupçon d’une possible connivence entre des trafiquants et certains policiers indélicats.
Le directeur général de la FCC, Sanjay Dawoodarry, avait d’ailleurs donné un aperçu de l’ampleur du problème lors d’un point de presse tenu au Réduit Triangle durant la semaine écoulée. « Ena 30 kilo inn vinn 5 kilo », avait-il notamment déclaré. Selon des informations disponibles, ce cas ne serait pas isolé.
L’exploitation du téléphone de Steven Moothoocurpen a ainsi permis aux enquêteurs de mettre au jour des échanges relatifs à des commandes de drogue évaluées à plusieurs millions de roupies. Ces cargaisons ont notamment été importées depuis des pays tels que l’Afrique du Sud et la Chine.
Les colis ont transité par des sociétés de logistique, de courrier et de distribution. C’est à ce stade que certains policiers, soupçonnés d’être impliqués dans le réseau, seraient intervenus pour récupérer les cargaisons. Mais une anomalie majeure a alors été constatée. Le poids réel des colis ne correspondrait pas à la quantité de drogue finalement enregistrée comme saisie dans l’Occurrence Book.
C’est précisément sur cette éventuelle filière au sein des forces de l’ordre que la FCC concentre actuellement ses investigations. Les enquêteurs cherchent notamment à identifier les policiers impliqués. Leur tâche est compliquée par la présence, dans les éléments extraits du téléphone, de noms incomplets ou de références qu’il leur faut encore parvenir à décrypter et à rattacher aux personnes concernées.
Toujours d’après les informations disponibles, les données contenues dans le téléphone de Steven Moothoocurpen ont également contribué à l’arrestation de l’inspecteur Vicky Luckmun en mars dernier, ainsi que du constable Kovilen Sangaran Pillay Murday.
Steven Moothoocurpen devrait être interrogé par la FCC sur ces différents éléments dans les prochains jours. Parallèlement, l’examen de son téléphone portable se poursuit et pourrait encore livrer d’autres informations susceptibles d’intéresser les enquêteurs.
Pour limiter les risques de manipulation lors de l’arrivée de colis contenant de la drogue, l’Anti Drug and Smuggling Unit et la Mauritius Revenue Authority (MRA) ont, depuis quelques mois, mis en place une procédure spécifique.
Désormais, après le passage du colis au scanner, celui-ci est pesé par la MRA en présence de la police. Le poids du colis, emballage et boîte compris, est dûment documenté. Ce n’est qu’une fois cette étape complétée que les policiers prennent possession de la cargaison dans le cadre d’une opération de livraison contrôlée.
Un dispositif qui vise précisément à assurer une traçabilité du colis et à réduire les risques de manipulation entre sa découverte, sa pesée et sa prise en charge par les forces de l’ordre.

