Ce mardi, les familles hindoues de Maurice célèbrent Ganesh Chaturthi, l’une des fêtes importantes du calendrier hindou. Pendant dix jours, les foyers accueillent des représentations de Ganesh, l’une des divinités les plus vénérées de l’hindouisme, avant de les immerger dans l’eau lors d’un rituel appelé visarjan. À travers les témoignages de deux jeunes filles, retour sur ce que représente cette fête aujourd’hui, entre tradition et vécu personnel.
Qui est Ganesh, et pourquoi cette fête ?
Selon l’un des récits hindous les plus répandus, Ganesh aurait été créé par la déesse Parvati à partir de pâte de curcuma, pour garder la porte pendant qu’elle se baignait. Une confrontation avec Shiva aurait conduit à la décapitation de Ganesh, avant que celui-ci ne soit ramené à la vie et doté d’une tête d’éléphant. Il existe toutefois plusieurs versions de ce récit dans les textes et traditions hindous, notamment concernant la création de Ganesh et l’origine de sa tête d’éléphant. Celle présentée ici est l’une des versions couramment racontées.
Représenté avec une tête d’éléphant, Ganesh est notamment associé à l’intelligence et à la sagesse. Il est surtout vénéré comme celui qui lève les obstacles, raison pour laquelle les fidèles l’invoquent avant d’entreprendre un projet important ou pour demander ses bénédictions pour leur famille.
Pendant les dix jours de célébration, les foyers et lieux publics installent des représentations de Ganesh en argile, décorées avec soin. Les journées sont rythmées par les prières, la musique et les offrandes, notamment de sucreries comme les modaks, traditionnellement associés à Ganesh. La fête se termine par le visarjan, au cours duquel la représentation de Ganesh est immergée dans l’eau après les rituels d’adieu. Ce geste symbolise notamment le départ de Ganesh et son retour vers sa demeure divine, le mont Kailash.
Selon un pandit du temple de Ganga Talao, Ganesh Chaturthi, aussi appelée Vinayak Chaturthi, est célébrée durant le mois de Bhadrapad du calendrier hindou. « Ganesh apporte beaucoup d’harmonie et de contentement dans chaque foyer qui célèbre cette fête religieuse », explique-t-il. Il rappelle aussi l’importance de célébrer dans le respect de l’environnement, notamment en évitant de jeter des offrandes comme les fruits dans la mer ou les rivières. Selon lui, la période de la fête coïncide souvent avec les examens des enfants, un moment où les familles prient Ganesh pour les accompagner, en invoquant « Ganpati Bappa Morya, Mangal Murti Morya ». Le message qu’il retient avant tout : le respect de chacun.
Un moment de prière et de famille

Pour beaucoup de familles mauriciennes, Ganesh Chaturthi commence dès le matin. Anshika Kowlessur raconte se réveiller tôt pour préparer ses habits, ainsi que les fruits et les fleurs destinés à l’offrande. « Cette fête représente un jour où Lord Ganesha enlève les obstacles de notre vie et aussi un moment pour prier et demander ses bénédictions », explique-t-elle.
Même son de cloche du côté de Hisha (nom fictif, 18 ans), pour qui la fête est avant tout synonyme de foi et de rassemblement. « Nous faisons nos prières, préparons les offrandes et passons du temps en famille », décrit-elle. « Cette fête représente la foi, les bénédictions et l’espoir. C’est un moment où je prie pour que Ganesh enlève les obstacles de notre chemin et apporte bonheur, paix et prospérité à ma famille. »
Le rendez-vous à la mer
Si les préparatifs se font à la maison, c’est souvent au bord de mer que la fête trouve son point culminant. Les deux jeunes filles confirment s’y rendre en famille pour prier et assister à l’immersion de la représentation de Ganesh.
Pour Hisha, ce moment reste le plus marquant de toute la célébration. « L’ambiance, les prières et le fait de voir autant de familles réunies rendent ce moment très émouvant », confie-t-elle. Un instant qu’elle décrit comme « très spécial », notamment parce que toute la famille élargie s’y retrouve.
Entre continuité et changement
Interrogées sur une éventuelle évolution des pratiques par rapport aux générations précédentes, les deux jeunes filles s’accordent à dire que l’essentiel demeure. « Il y a quelques différences, mais la prière reste importante », note Anshika. Hisha va dans le même sens : si « certaines choses ont changé par rapport à la façon dont nos parents et grands-parents célébraient », sa famille veille à « garder les traditions importantes ».
Une continuité qui, au fond, résume bien l’esprit de Ganesh Chaturthi à Maurice : une fête qui évolue avec son temps, sans jamais perdre son cœur : la prière, la famille et l’espoir d’un chemin débarrassé des obstacles.


