Le tribunal de Bambous, présidé par le magistrat Irfan Mittoo, a tenu lundi une séance consacrée à la motion de Me Rouben Mooroongapillay, l’avocat de Gulshan Govind, demandant la radiation de l’accusation provisoire de complot, « with an averment of trafficking », qui pèse contre ce dernier. Il a ainsi procédé au contre-interrogatoire du sergent Jeenarain, affecté à la Western Division de l’ADSU. D’autre part, Gulshan Govind s’est adressé à la Cour. Il a expliqué qu’il n’a commis aucun délit et qu’il est en détention depuis 47 jours. Il a exprimé le souhait qu’il puisse consigner une déclaration à la Major Crimes Investigation Team (MCIT) concernant un portable que des éléments de l’ADSU lui auraient remis.
En Cour, le sergent Jeenarain a révélé la police avoir reçu une information émanant de la part des autorités réunionnaises le 26 juillet, qu’un speedboat, impliqué dans une transaction de drogue d’envergure, avec à son bord deux personnes, se dirigeait vers Maurice. Le bateau a été retrouvé le lendemain sur le littoral Ouest de Maurice, mais sans aucune drogue à bord.
Le témoin a expliqué que l’une des raisons derrière l’arrestation de Gulshan Govind est qu’il aurait déposé une personne dans les parages de l’hôtel Paradis le 25 juillet. Répliquant, Me Mooroongapillay a fait ressortir que Gulshan Govind était une personne bien connue dans la région et qu’il n’y avait rien d’anormal qu’il aurait été en contact avec d’autres personnes, dont le dénomme Kris Chimajee, un co-accusé dans cette affaire, qui est également son cousin.
Le sergent Jeenarain a admis que la police avait fait la demande auprès de la Cour de district de Rivière-Noire uniquement pour obtenir un mandat de perquisition concernant le domicile de Govind, et non un mandat d’arrestation. L’information soumise à la Cour par la police ne concernait pas un quelconque complot, mais le sergent Jeenarain a répondu que cette information concernait le « same set of facts ».
Le sergent a toutefois admis qu’aucun attirail de drogue ou une quelconque somme massive en espèces n’avaient été retrouvés chez les Govind, hormis quatre plantes de gandia, d’une valeur marchande de Rs 5 000 chacune et d’une certaine quantité de méthadone, estimée à Rs 300.
L’avocat a demandé si quelqu’un a impliqué Gulshan Govind, qui continue de nier toute implication de trafic de drogue. Le sergent Jeenarain a expliqué qu’il ne pouvait répondre à cette question. L’homme de loi est d’avis qu’il n’y avait aucune « supporting evidence » qui reliait Gulshan Govind à un quelconque complot en vue d’importer de la drogue à Maurice.
Par ailleurs, l’avocat a expliqué que son client a fait plusieurs allégations contre l’ADSU, dont le fait que certains de ses éléments lui auraient remis un portable. Le sergent Jeenarain a répondu que les allégations du prévenu ont été soumises à un Senior Officer, qui décidera de la marche à suivre. Le policier a toutefois admis que le portable utilisé par Govind pour appeler certaines personnes avant son arrestation appartenait à son épouse, notamment l’ancienne Junior Minister aux Arts et à la Culture, Véronique Leu-Govind, et que l’IT Unit de la police a déjà procédé à l’examen de ce portable, qui a ensuite été retourné à son propriétaire. Il a aussi admis que Gulshan Govind a volontairement remis son propre portable à la police, ainsi qu’un échantillon de son ADN et de ses empreintes digitales.
Cette affaire a été renvoyée à jeudi pour les plaidoiries de Me Mooroongapillay et Me Bhatoo. Gulshan Govind a pour sa part été reconduit en détention provisoire jusqu’à cette date.
Cour de Bambous — Saisie de 155,7 kg de zamal à La-Réunion — Gulshan Govind : « Je n’ai commis aucun délit »
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