Le Conseil des syndicats (CDS) exprime ses inquiétudes quant à la définition de la Road Rage, introduite dans la nouvelle version de la Road Traffic Act (RTA). Pour le vice-président du CDS, Deepak Benydin, la possibilité d’épingler une personne pour obstruction sur la route pourrait constituer une forme déguisée de mesure répressive, notamment dans le contexte des manifestations syndicales.
« Nous avons déjà exprimé notre vif mécontentement concernant l’intention du gouvernement d’infliger une amende de Rs 100 000 pour des manifestations illégales. Le gouvernement est finalement revenu à de meilleurs sentiments. Maintenant, il vient avec une amende maximale de Rs 100 000 pour la Road Rage. Nous nous demandons si cette disposition ne risque pas d’être utilisée lors des manifestations syndicales », souligne Deepak Benydin.
Le vice-président du CDS estime ainsi que cette nouvelle disposition pourrait constituer une entrave à la liberté d’expression et aux conventions internationales relatives aux droits des travailleurs.
Pour lui, le gouvernement aurait d’abord dû mener une campagne de sensibilisation afin d’encourager un changement des mentalités sur les routes et promouvoir davantage le respect mutuel entre les usagers. Il estime également que les autorités doivent privilégier les mesures préventives plutôt que de se limiter à des sanctions. « Le gouvernement ne semble pas venir avec des mesures préventives. Nous savons tous que prevention is better than cure », a-t-il fait ressortir.
Deepak Benydin plaide notamment pour l’aménagement de voies réservées aux motocyclistes, qu’il considère comme particulièrement vulnérables sur les autoroutes. Il évoque également la nécessité de développer des pistes cyclables et des voies réservées aux autobus. « Il faudra songer également aux motorcycle lanes, car les motocyclistes sont vulnérables sur les autoroutes. Il faudra aussi réfléchir aux bicycle lanes et aux bus lanes », a-t-il affirmé.
Le vice-président du CDS attire, par ailleurs, l’attention sur l’état et la configuration de certaines routes, notamment à Port-Louis. Il déplore l’étroitesse de certaines voies ainsi que l’encombrement des trottoirs, contraignant parfois les piétons à marcher directement sur la chaussée. « Nos routes sont étroites et les trottoirs sont parfois obstrués, obligeant les gens à marcher sur la route, comme c’est le cas à Port-Louis. Tout cela met la vie des gens en danger », fait-il remarquer.
Pour lui, une réflexion globale sur la sécurité routière s’impose. Celle-ci devrait notamment porter sur la congestion routière, l’amélioration de la visibilité sur les routes et la réfection du marquage routier. Il estime également que les personnes en situation de handicap utilisant des fauteuils roulants rencontrent de grandes difficultés à circuler sur les trottoirs de la capitale.
Par ailleurs, le président par intérim du CDS, Dewan Quedou, a réagi à la déclaration du directeur général de la Financial Crimes Commission (FCC), Sanjay Dawoodarry, selon laquelle sa vie serait en danger. « Le CDS est solidaire avec le directeur de la FCC. Il doit continuer à faire son travail sans aucune crainte », a-t-il souligné. Il estime que les institutions chargées de lutter contre ces phénomènes, notamment la police et la FCC, doivent également veiller à la protection des lanceurs d’alerte.
ROAD TRAFFIC ACT — Rage au volant : Le Conseil des syndicats critique les nouvelles dispositions
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