Recherches scientifiques : BIOLINK, passerelle vers les financements et les partenariats en biotechnologie

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Le secteur de la biotechnologie mauricienne veut passer à la vitesse supérieure. Le Mauritius Institute of Biotechnology (MIBL) vient en effet de lancer BIOLINK, une plateforme appelée à rapprocher les chercheurs mauriciens des financements, des investisseurs et de partenaires internationaux. Cette initiative mise également sur les jeunes talents, avec la mise à l’honneur de deux bénéficiaires mauriciens de fellowships auprès de Colossal Biosciences.
La biotechnologie mauricienne dispose désormais d’un nouvel outil pour faciliter son accès aux réseaux scientifiques et industriels internationaux. Le MIBL a officiellement lancé la plateforme BIOLINK, destinée à faciliter l’accès aux possibilités de financement, de partenariat et d’investissement dans le secteur. À travers BIOLINK, le MIBL entend ainsi mettre en relation les chercheurs, les acteurs de l’industrie, les bailleurs de fonds et le gouvernement. La plateforme couvrira notamment les subventions, les fellowships, le capital-risque, l’investissement à impact, les challenge funds ainsi que les partenariats public-privé. Elle contribuera par ailleurs à soutenir les demandes de financement au niveau national et à faciliter la constitution de consortiums internationaux autour de projets de recherche.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Science et de la Recherche, Kaviraj Sukon, présent lors de la cérémonie à la Shri Atal Bihari Vajpayee Tower d’Ebène, a souligné le rôle du MIBL dans l’accompagnement des chercheurs et des innovateurs mauriciens souhaitant accéder à des opportunités internationales. Selon lui, BIOLINK constituera un outil particulièrement utile pour suivre les différentes possibilités de financement et renforcer les connexions entre la recherche mauricienne, les bailleurs de fonds, l’expertise scientifique, l’industrie et les partenaires internationaux.
Le ministre a également fait état de la nécessité de ne pas réduire la réussite scientifique aux seules compétences techniques. « La curiosité, le caractère, la capacité à travailler avec les autres et la volonté d’apprendre » sont ainsi, selon lui, autant de qualités indispensables pour permettre aux scientifiques de contribuer pleinement aux progrès de la science et de la biotechnologie. Il a par ailleurs mis en avant le rôle grandissant de l’intelligence artificielle, appelée à jouer un rôle important dans l’avenir du pays, avant d’encourager les chercheurs et scientifiques mauriciens à représenter Maurice sur la scène internationale « avec confiance et humilité ».
La cérémonie a également été l’occasion de mettre à l’honneur Urousha Bibi Fawzia Jeetun et Lakshay Boodadoo, deux jeunes Mauriciens bénéficiaires de fellowships dans le cadre de la collaboration entre le MIBL et Colossal Biosciences, entreprise américaine de biotechnologie engagée notamment dans un programme scientifique visant à faire revivre le dodo. Le ministre a félicité les deux bénéficiaires, tout en les encourageant à tirer pleinement profit de cette expérience internationale.

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Valoriser les talents mauriciens

Il a estimé que de telles opportunités contribueront à renforcer les capacités de recherche de Maurice. « Il est important de célébrer ces deux jeunes Mauriciens qui ont obtenu d’importantes opportunités internationales », a déclaré le ministre Sukon. Avant de souligner que ce type de partenariat contribue à renforcer la capacité du pays à établir des passerelles entre la recherche, les financements, l’expertise, l’industrie et la coopération internationale.
Également présente lors de la cérémonie, Nandini Gooly-Gopalla, Officer-in-Charge par intérim du MIBL, a indiqué que la mission première de l’institution est de piloter le développement du secteur de la biotechnologie à Maurice. Elle a notamment relevé la nécessité de valoriser les compétences disponibles dans le pays et de mobiliser le potentiel des chercheurs et experts mauriciens désireux de contribuer à la science à l’échelle internationale.
Avec BIOLINK, le MIBL souhaite ainsi donner une visibilité accrue aux possibilités disponibles et faciliter les connexions entre les talents mauriciens et les acteurs de la biotechnologie à travers le monde. L’objectif : faire de ces connexions un levier pour développer les capacités scientifiques et technologiques du pays et permettre aux chercheurs mauriciens de prendre une place plus importante dans les réseaux internationaux.

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Lakshay Boodadoo : « Nous emportons Maurice avec nous »
Lakshay Boodadoo estime que ce fellowship représente bien plus qu’une simple expérience professionnelle. Fraîchement diplômé, il y voit en effet l’occasion de découvrir la recherche scientifique de pointe, d’apprendre auprès de spécialistes de la biotechnologie et de mettre ses connaissances au service de projets concrets. Mais au-delà de l’expérience scientifique, le jeune Mauricien entend faire de cette opportunité un tremplin pour contribuer au développement de la biotechnologie à Maurice. « Nous ne sommes pas seuls ; nous emportons Maurice avec nous. »
À travers cette expérience, il espère acquérir de nouvelles connaissances, découvrir d’autres approches et ramener à Maurice de nouvelles idées et perspectives susceptibles de renforcer l’écosystème scientifique et biotechnologique local. Son ambition est également de voir émerger à Maurice un environnement où les jeunes scientifiques puissent poursuivre des carrières ambitieuses sans être systématiquement contraints de partir à l’étranger.
À ceux qui hésitent à saisir une opportunité, son message est simple : ne pas décider de ce que l’on est incapable de faire avant même d’avoir essayé. « Il faut parfois simplement faire le prochain pas, rester curieux et croire que l’on est capable de plus que ce que l’on imagine », souligne-t-il. Pour lui, cette sélection constitue enfin une responsabilité : celle de représenter Maurice avec fierté et de faire en sorte que l’expérience acquise à l’étranger puisse, à terme, bénéficier au pays.

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Urousha Bibi Fawzia Jeetun : l’IA au service de la conservation
Représenter Maurice au sein d’une équipe internationale de recherche en intelligence artificielle (IA) constitue une responsabilité qu’Urousha Bibi Fawzia Jeetun entend pleinement assumer. Membre de l’équipe de recherche en IA de Colossal Biosciences, la jeune Mauricienne travaille au développement de modèles de learning machine destinés à aider les spécialistes de la conservation à mieux identifier et détecter les espèces menacées.
Pour Urousha Bibi Fawzia Jeetun, cette expérience représente bien plus qu’une occasion de perfectionner ses compétences en IA. Elle lui permet de mettre son expertise au service d’un enjeu qui lui tient particulièrement à cœur : la protection des espèces et la lutte contre l’extinction.
Elle se réjouit également de pouvoir découvrir les différentes facettes de la conservation, du travail en laboratoire aux interventions sur le terrain. Une expérience qui prend une dimension toute particulière dans le contexte mauricien, puisque Colossal Biosciences mène également des travaux scientifiques autour du dodo, l’oiseau emblématique de Maurice. « Ce serait vraiment extraordinaire de voir à nouveau le dodo marcher sur l’île », confie-t-elle, évoquant l’un des aspects les plus enthousiasmants de cette collaboration.
Mais au-delà de cette expérience personnelle, la jeune scientifique porte une ambition plus large : montrer que les compétences mauriciennes ont leur place dans les grands projets scientifiques internationaux. « Nous sommes peut-être une petite île, mais nous avons notre place dans ces initiatives mondiales et nous avons quelque chose à apporter. »
Urousha Bibi Fawzia Jeetun espère surtout que son parcours pourra inspirer d’autres jeunes Mauriciens à mettre leurs compétences en IA, en biotechnologie ou dans d’autres domaines scientifiques au service de la conservation. Pour elle, cette expérience pourrait marquer un tournant pour Maurice dans ce type d’initiatives internationales. « J’espère que ce sera le premier pas pour Maurice, et certainement pas le dernier », a-t-elle déclaré, exprimant le souhait de voir davantage de jeunes Mauriciens prendre part à des projets scientifiques d’envergure mondiale.
Son ambition dépasse ainsi son propre parcours : faire de cette opportunité un point de départ pour une participation plus importante de Maurice aux grands projets internationaux en matière de science, de technologie et de conservation.

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