Le Carnet de Camille 20 sept 2026 — Derrière le miroir

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Tout s’emmêle ! 

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Derrière le miroir, c’est le fouillis. 

Et comme le courage l’emporte, 

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Je retire les débris et j’étale ma vie, 

comme on ouvre une fenêtre après les intempéries.

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Libre enfin ! 

Je retire les débris et j’étale ma vie. 

Pieds nus, je marche dans l’herbe fraîche 

Pour écouter le silence du matin, 

et laisser tomber mes craintes sur le chemin.

 

Tout s’illumine ! 

Pour écouter le silence du matin. 

Je cherche ma voie à travers un banian entremêlé. 

Mes souvenirs enlacent les troncs, 

sur lesquels s’accrochent des nids qui tournent en rond.

 

S’attacher ! 

Mes souvenirs enlacent les troncs. 

Des rêves inavouables se mêlent aux feuilles coriaces. 

Des rires détalent entre les branches, 

et m’invitent à une liberté qui m’enchante.

 

Envolée, la colère ! 

Des rires détalent entre les branches. 

Ma vie s’ouvre sur une autre route. 

En haut, des morceaux de nuage se balancent, 

éclairés par une lune argentée qui danse.

 

Silence ! 

En haut, des morceaux de nuage se balancent. 

Plus bas, les vagues déforment mes reflets. 

Elles viennent déposer une histoire nouvelle à mes pieds, 

et ensablent mes secrets abandonnés.

 

Défi renouvelé ! 

Elles viennent déposer une histoire nouvelle à mes pieds. 

Et l’océan emporte mes empreintes. 

Je renais, m’envole vers d’autres rivages, 

et trouve enfin la force d’un nouvel ancrage.

 

Oubliée ! Évadée ! 

Je renais, m’envole vers d’autres rivages. 

Un enfant apparaît. Qui est-il ? Mystère. 

Il ramasse un coquillage, le porte à son oreille et est en émoi, 

au son d’une voix familière qui chante aussi en moi.

 

Au loin, l’écho ! 

Il ramasse un coquillage, le porte à son oreille et est en émoi. 

Il perçoit le murmure d’un monde qu’il ne connaît pas. 

L’enfant se cherche et pense au destin qui l’enferme, 

entre les racines enchevêtrées sur la terre ferme.

 

Fureur ! 

L’enfant se cherche et pense au destin qui l’enferme. 

La nuit tombe et révèle ses ténèbres. 

Il hurle de toutes ses forces, fuyant son avenir, 

et se jette dans des bras prêts à le bénir.

 

Esquive ! 

Il hurle de toutes ses forces, fuyant son avenir. 

Quelque chose gronde en silence. 

Même blotti sur ce cœur sécurisant, 

il ne peut nommer ce qu’il ressent.

 

Courir vers soi ! 

Même blotti sur ce cœur sécurisant. 

Il s’élance comme on quitte une maison en flammes, 

Sans savoir où aller ni ce qu’il faudra abandonner, 

guidé par la voix seule qui l’incite à avancer.

 

S’enfuir ! Cheminer ! 

Sans savoir où aller ni ce qu’il faudra abandonner. 

Ses pas arrachent des tremblements et volent quelque chose de la nuit. 

Son souffle desserre une vieille blessure, 

le miroir brille, au seuil de la rupture, il se fissure.

 

Stop ! 

Son souffle desserre une vieille blessure. 

Je regarde ce visage intime d’enfant que j’avais oublié. 

Je ramasse les morceaux, ceux de ma vie. 

Alors disparaît la peur qui m’avait envahie et je revis.

 

Courbée ! 

Relevée ! 

Devant le miroir, 

je me reconnais.

 

(Hors texte)

La Rivetière

La Rivetière est une poésie qui change de chemin sans perdre le fil.

Le poème Derrière le miroir utilise une forme poétique personnelle inspirée des vers chaînés et composée de strophes de cinq vers.

Chaque strophe commence par un vers court, percutant ou interpellatif, qui donne une impulsion nouvelle au poème.

Les quatrième et cinquième vers riment.

Le quatrième vers d’une strophe devient le deuxième vers de la strophe suivante. Ce vers repris est le rivet : il relie deux strophes qui peuvent pourtant changer de sujet, d’image, de temps, de lieu ou d’émotion. Ainsi, la continuité ne vient pas nécessairement du récit, mais du lien créé par le vers-rivet.

La strophe suivante peut bifurquer. Le poème peut changer de chemin. Mais un fil demeure.

La Rivetière ne cherche pas toujours à raconter. Elle cherche plutôt à faire naître l’inattendu entre les images, les souvenirs et les émotions.

Elle invite à créer, à imaginer, à ressentir, et parfois simplement à lever les yeux avec un petit sourire.

Camille 

 

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