Dans une lettre ouverte adressée, hier, au Premier ministre Navin Ramgoolam, le fondateur de STOP (San Tous Ou Pension), Dave Kissoondoyal, demande au gouvernement de faire toute la lumière sur les résultats de la renégociation de l’accord entre Maurice et le Royaume-Uni sur l’archipel des Chagos. Il souhaite notamment que soient rendus publics les documents permettant de comparer l’accord politique annoncé en octobre 2024 avec le traité signé en mai 2025.
Dave Kissoondoyal revient sur l’accord annoncé entre Maurice et le Royaume-Uni, qui prévoyait la reconnaissance de la souveraineté mauricienne sur l’ensemble de l’archipel des Chagos, y compris Diego Garcia. L’arrangement prévoyait notamment le maintien des opérations de la base militaire pour une période initiale de 99 ans, un programme de réinstallation des Chagossiens sur les îles autres que Diego Garcia, la création d’un fonds fiduciaire ainsi qu’un soutien financier britannique comprenant un paiement annuel indexé.
D’après lui, les négociations formelles étaient alors considérées comme conclues et il ne restait qu’à finaliser les instruments juridiques nécessaires. Après le changement de gouvernement à Maurice, le nouvel exécutif avait toutefois décidé de rouvrir les discussions, estimant pouvoir obtenir de meilleures conditions.
C’est précisément sur les résultats de cette renégociation que Dave Kissoondoyal exige aujourd’hui des éclaircissements.Dave Kissoondoyal s’interroge également sur le contexte géopolitique dans lequel les négociations ont été poursuivies. L’accord d’octobre 2024 avait été conclu alors que l’administration Biden était encore au pouvoir aux États-Unis et que Washington avait apporté son soutien au processus.
Quelques semaines plus tard, Donald Trump remportait l’élection présidentielle américaine et devait entrer en fonction en janvier 2025. L’auteur estime que ce changement d’administration aurait dû être pris en considération dans l’évaluation des risques liés à la poursuite des négociations.
Le traité, finalement signé le 22 mai 2025, reconnaît la souveraineté de Maurice sur l’archipel tout en prévoyant le maintien de droits britanniques à Diego Garcia pour assurer le fonctionnement de la base.
Mais, plus d’un an après sa signature, le traité n’est toujours pas entré en vigueur. La procédure britannique de ratification n’a pas été finalisée et les paiements prévus dans le cadre du traité restent en suspens. La position des États-Unis demeure également un facteur déterminant dans la suite du processus.
Face à cette situation, Dave Kissoondoyal estime que le gouvernement doit démontrer de manière concrète les bénéfices de la renégociation. Il demande notamment la publication de l’accord ou du projet d’accord d’octobre 2024 ainsi que l’évaluation juridique indépendante commandée par le nouveau gouvernement.
Il propose que les deux textes soient comparés « clause par clause » afin d’identifier les dispositions qui ont été modifiées, les concessions obtenues et l’éventuelle valeur financière supplémentaire acquise par Maurice.
La lettre soulève également la question des raisons ayant motivé la réouverture des négociations. Il se demande si cette décision répondait uniquement à la volonté d’obtenir de meilleures conditions pour Maurice ou si d’autres considérations avaient pu intervenir. Il précise toutefois qu’il ne formule pas d’accusation et que toute conclusion sur les motivations doit être établie à partir de faits et de documents.
Pour le fondateur de STOP, l’enjeu est surtout de permettre à la population de mesurer précisément ce qui a changé entre l’accord d’octobre 2024 et le traité de mai 2025, ainsi que les avantages réellement obtenus par Maurice à la suite de la renégociation.

