Le président de la république, Dharam Gokhool, représentera Maurice à la réunion pre-COP31, qui se tiendra aux Fidji du 5 au 8 octobre. À cette occasion, il entend également porter les préoccupations et les priorités communes des États insulaires de l’océan Indien, dans le cadre d’un effort visant à améliorer la coopération entre les différentes régions insulaires confrontées aux effets du changement climatique.
Cette décision intervient en marge du dialogue régional sur le climat des îles de l’océan Indien, consacré au thème Building collective advocacy and strengthening cooperation with other island Regions, qui s’est tenu au Caudan Arts Centre. La réunion de Fidji constituera une étape importante dans la préparation de la 31e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP31). Organisée avec le soutien du Pacific Islands Forum, la pré-COP31 réunira les parties prenantes autour des priorités qui devront être défendues lors de la COP31, prévue à Antalya, en Turquie.
« Il y a consensus sur le fait que nous devons tous parler d’une voix commune », a déclaré Dharam Gokhool lors de son intervention. Il ajoute que cette unité doit toutefois s’accompagner d’une définition claire des moyens et des stratégies à mettre en œuvre. Les États insulaires doivent notamment identifier leurs besoins afin de pouvoir les présenter de manière cohérente et obtenir les ressources nécessaires à la mise en œuvre de leurs priorités.
Le président est également revenu sur la nécessité de passer des résolutions aux résultats. « Les résolutions ne suffisent pas. Nous devons aller vers des résultats concertés », dit-il, en soulignant que les discussions régionales doivent déboucher sur des actions concrètes. Il a appelé les États insulaires de l’océan Indien à poursuivre leurs efforts de coordination et à développer des passerelles avec les autres régions insulaires, notamment le Pacifique et les Caraïbes. « Nos circonstances peuvent ne pas toujours être identiques, mais nos intérêts doivent converger », trouve-t-il.
Dharam Gokhool a également plaidé pour un renforcement du soutien international en matière d’adaptation et de résilience, ainsi que pour un accès plus prévisible, abordable et efficace au financement climatique. L’action sur les pertes et préjudices figure également parmi les priorités qu’il entend défendre.
Le président Gokhool a souligné que les pays insulaires restent particulièrement vulnérables aux conséquences du changement climatique, alors même que leur contribution aux émissions mondiales de gaz à effet de serre demeure limitée. D’où, selon lui, l’importance de la justice climatique et d’une coopération internationale prenant en compte les circonstances particulières des petits États insulaires en développement.
À Fidji, Dharam Gokhool aura ainsi l’occasion de prolonger les discussions engagées à Maurice et de défendre des préoccupations qui dépassent le seul cadre national. Son intervention s’inscrira dans une démarche de rapprochement entre les États insulaires de l’océan Indien, du Pacifique et des Caraïbes, ainsi qu’avec les États insulaires africains.
Le président a d’ailleurs résumé cette approche autour de trois priorités : l’unité, la mise en œuvre et la responsabilité. « Notre voix individuelle compte, mais notre voix collective porte plus loin », estime-t-il. « De Maurice à Fidji et Tuvalu, et ensuite vers Antalya, le message devra rester le même : maintenir l’objectif de 1,5 degré à portée de main, faire entendre la voix des îles et transformer les engagements en résultats », affirme-t-il.
Il considère que l’océan, qui sépare les territoires insulaires, constitue également un lien entre leurs destins. « La coopération entre ces États doit ainsi permettre de transformer notre vulnérabilité commune en force collective, nos défis communs en réponses coordonnées », a-t-il fait ressortir.

