EAU POTABLE — Situation de distribution critique : Assirvaden se concentre sur les nappes phréatiques

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Le ministre de tutelle : « Je suis en faveur de la création de centres de dessalement »

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Face à la baisse drastique des réserves, la Central Water Authority (CWA) intensifie le pompage dans les rivières et les Boreholes (nappes phréatiques) et vise jusqu’à 60 000 mètres cubes supplémentaires dans le réseau de La-Marie.
La situation hydrique demeure préoccupante à Maurice. Les réserves d’eau sont passées de quelque 110 000 mètres cubes à 57 000, alors que la pluviosité enregistrée cette année est nettement inférieure à celle de l’année dernière. Face à cette situation, le ministre de l’Énergie et des Services publics, Patrick Assirvaden, estime qu’il est désormais indispensable de sortir d’une dépendance quasi exclusive à la pluie et de diversifier les sources d’approvisionnement, notamment à travers le recours aux nappes phréatiques et au dessalement.
« La pluie est la seule source d’eau à Maurice. C’est la raison pour laquelle je suis en faveur de la création de centres de dessalement », a-t-il déclaré. Il a indiqué que le Premier ministre doit prochainement procéder à l’inauguration d’un centre de dessalement à Rodrigues. Il a lui-même entrepris des démarches auprès de pays disposant d’une expertise dans ce domaine.
Le ministre s’est ainsi rendu récemment au Maroc pour discuter avec les autorités marocaines et solliciter leur expertise. Un déplacement en Arabie saoudite était également prévu ce week-end, à l’invitation du ministre saoudien de l’Énergie, afin de conclure un accord portant notamment sur l’énergie et l’eau. Ce voyage a toutefois été reporté.
« J’ai dû reporter ce déplacement parce que je pense que ma place est ici et que l’urgence exige que je sois là », a-t-il expliqué.
Pour Patrick Assirvaden, la crise actuelle doit surtout servir de leçon pour l’avenir. « Nous nous retrouvons devant un système climatique en plein changement. La pluviosité a été bien moindre que l’année dernière et personne ne peut prévoir si l’année prochaine il y aura plus ou moins de pluie », a-t-il fait ressortir.
Alors que certains pays sont confrontés à des excédents de précipitations, Maurice se retrouve dans la catégorie des pays connaissant un déficit hydrique. « Je ne veux pas que, dans les années à venir, nous dépendions encore de la pluie. Nous devons pouvoir diversifier nos sources d’eau afin de ne pas être tributaires de la pluie », a ajouté le ministre.
Il cite notamment l’exemple de Rodrigues, qui se tourne également vers le dessalement, « avec des modalités et des garde-fous ».
Dans l’immédiat, la Central Water Authority (CWA) multiplie les solutions pour compenser le déficit. Selon le ministre, une partie de l’eau est actuellement puisée dans les rivières et dans les Boreholes avant d’être acheminée vers le réseau de La-Marie.
L’objectif est d’obtenir jusqu’à 60 000 mètres cubes d’eau supplémentaires afin de compenser, jusqu’en décembre, le déficit enregistré au niveau de la Mare aux Vacoas et de soulager les régions les plus affectées.

« Il y a des choses qui ne sont pas sous notre contrôle. Je veux être responsable », a déclaré Patrick Assirvaden, tout en reconnaissant que la situation actuelle dépend largement de facteurs climatiques sur lesquels les autorités n’ont aucune prise.
Le ministre a également indiqué que des équipements avaient été commandés il y a six à sept mois pour un montant de Rs 450 millions. Sept unités sont déjà arrivées et quelque 60 CPS sont actuellement en circulation. L’objectif est notamment de capter au maximum l’eau disponible, dont une partie se déverse actuellement à la mer.

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« Nous essayons d’obtenir 60 000 mètres cubes dans le réseau de La-Marie afin de soulager les régions affectées », a-t-il avancé.
S’agissant des restrictions d’eau, le ministre a indiqué qu’un nouveau plan est à l’étude. Le problème est notamment lié au niveau insuffisant des réservoirs, qui ne permet pas toujours d’assurer une distribution adéquate par gravité.

Les réservoirs doivent atteindre un certain niveau avant que l’eau puisse être acheminée par gravité vers le réseau. Or, avec la faiblesse des réserves, la pression disponible diminue et certaines régions ne bénéficient pas d’un approvisionnement suffisant.

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Les autorités travaillent donc sur un nouveau calendrier de distribution afin de déterminer les régions qui pourront bénéficier d’une pression normale et celles qui devront être alimentées selon un système de distribution alternée, notamment un jour sur deux.
Dans les régions les plus affectées, des camions-citernes sont déjà mobilisés. Le ministre reconnaît toutefois que les ressources disponibles ne permettront pas de satisfaire simultanément toutes les demandes.

Un protocole pour les réservoirs d’eau

Patrick Assirvaden a également annoncé l’introduction prochaine d’un protocole concernant l’installation et l’utilisation des réservoirs d’eau, dans le cadre des mesures visant à mieux gérer la situation actuelle.
Interrogé sur les déclarations du député Kushal Lobine, le ministre a estimé que ce dernier poursuit « son propre agenda ». Le directeur général de la CWA, a-t-il ajouté, a déjà rencontré certaines des personnes dépêchées par le député et le rencontrera « en temps et lieu ».
« Pour le moment, nous sommes pris par l’urgence de la situation et nous essayons de répondre aux besoins de la population », a-t-il fait comprendre.
« Mo prezans pa pou amenn delo dan bann rezion. » C’est en ces termes que le ministre a justifié son absence sur le terrain, mercredi soir, lors des manifestations d’habitants mécontents des perturbations dans l’approvisionnement en eau à Phoenix, Saint-Paul, Allée-Brillant, Camp-Fouquereaux et Highlands
« Ce n’est pas le moment de jeter de l’huile sur le feu. Il faut trouver des solutions pour soulager les habitants. Je dirais que 95 % des personnes qui sont descendues dans la rue hier sont des gens sincères, qui expriment une colère réelle face à leurs difficultés. Mais certains pourraient avoir un agenda caché », ajoute-t-il.
Patrick Assirvaden va plus loin en estimant que certains propos tenus par Khushal Lobine pourraient avoir contribué à attiser la colère des habitants. « C’étaient des paroles visant à inciter les gens. C’est un fait », soutient-il. Il précise toutefois qu’il n’entretient aucun différend personnel avec le leader des Nouveaux Démocrates. « Je n’ai aucun problème avec Khushal Lobine. Nous avons l’habitude de nous parler lorsqu’il le faut. Mais si, politiquement, il a une stratégie, il devra en assumer la responsabilité. L’avenir nous dira quel est cet agenda », dit-il.

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