L’ancien conseiller au Prime Minister’s Office (PMO), Jean Karl Élysée, a été entendu Under Warning par la Financial Crimes Commission (FCC), hier, dans le cadre de l’enquête sur une vidéo déposée par l’activiste Nasser Bheeky. Ce dernier accuse l’ancien conseiller d’avoir tenté d’obtenir Rs 350 millions auprès de l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga, détenu à la prison de Melrose depuis un an.
Assisté de Me Akil Bissessur, Jean Karl Élysée a maintenu sa position, affirmant qu’il s’agirait d’un montage vidéo et niant avoir eu une telle conversation avec David Thomas, présenté comme le bras droit de Mamy Ravatomanga. Dans le cadre de l’enquête, il a remis son téléphone portable, accompagné de sa carte SIM, aux enquêteurs pour examen.
L’ancien conseiller a également accepté que son interrogatoire soit enregistré, tant sur les plans audio que vidéo. La FCC pourrait notamment recourir à un échantillon de sa voix afin de le comparer à celle entendue dans l’enregistrement incriminé.
Dans sa déposition, Jean Karl Élysée est aussi revenu sur son passage au PMO. Il dit soupçonner l’existence d’un complot visant à ternir sa réputation, en raison de sa proximité avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam.
À l’issue de son interrogatoire, la FCC l’a autorisé à repartir, à ce stade de l’enquête, tout en lui demandant de rester disponible pour la suite des investigations. Son avocat, Me Akil Bissessur, a déclaré : « Mo klian Deny tou Involvement ladan. Linn donn 14 paz lanket. » L’exercice, qui a débuté vers 10h30, a pris fin cinq heures plus tard.
Nasser Bheeky avait porté plainte à la FCC et remis une clé USB contenant la vidéo en question. Il a affirmé avoir filmé une conversation entre Jean Karl Élysée et David Thomas, qui aurait activé le haut-parleur de son appareil. Selon les allégations rapportées, une voix attribuée à l’ancien conseiller du PMO aurait réclamé Rs 350 millions à Mamy Ravatomanga afin de lui éviter d’éventuels ennuis judiciaires après sa fuite vers Maurice.
Dans le cadre de cette affaire, deux officiers de la FCC se sont rendus en France afin de recueillir la version des faits d’un proche de Nasser Bheeky. Ce dernier a transmis la vidéo à un membre de sa famille résidant à l’étranger, à titre de garantie.
Il appartient désormais aux enquêteurs de faire toute la lumière sur cette affaire. Mamy Ravatomanga pourrait également être entendu afin de déterminer si quelqu’un l’avait informé d’une éventuelle demande d’argent formulée par l’intermédiaire d’un tiers.

