Trois habitants de Camp-Levieux, âgés de 18, 24 et 32 ans, ont été arrêtés tôt vendredi matin pour des faits présumés de rébellion. Ils sont soupçonnés d’avoir incendié et obstrué la voie publique. Interrogés sur leurs agissements, ils ont déclaré : « Donn nou enn ti sans. Nou ti pran enn plezir met dife. » Ils ont également présenté leurs excuses, affirmant : « nou finn fer enn erer, nou finn met dife. » D’après les premiers renseignements recueillis, les trois hommes auraient suivi des individus inconnus avant de prendre part au rassemblement.
Depuis mercredi, le National Security Service (NSS) a été informé de tentatives de certains individus malintentionnés visant à attiser les tensions parmi les habitants de la localité. En toile de fond, le problème récurrent de l’approvisionnement en eau. Plusieurs ménages de Camp-Levieux sont confrontés à des coupures fréquentes, tandis que, dans d’autres rues du quartier, l’eau serait disponible pendant quelques heures chaque jour.
Les événements ont pris une tournure inquiétante jeudi, aux alentours de 23 heures, lorsque la police a constaté la présence d’un groupe de personnes à la rue Pigeot. Des meubles, des matelas, des pneus et des morceaux de bois avaient été disposés sur la chaussée. À la vue des policiers, certains individus ont commencé à leur lancer des pierres et divers objets, endommageant deux véhicules tout-terrain (4×4) de la police.
Entre-temps, deux travailleurs sociaux de Camp-Levieux ont tenté de raisonner les personnes présentes et de les convaincre de mettre fin aux débordements. Leurs efforts n’ont toutefois pas porté leurs fruits.
La situation s’est ensuite aggravée avec l’arrivée d’un groupe d’individus encagoulés, venus s’en prendre au poste de police de Camp-Levieux en lançant des pierres. Plusieurs vitres du bâtiment ont été endommagées. Les individus ont également allumé plusieurs foyers d’incendie à différents endroits afin de bloquer la circulation. Quelque 25 cocktails Molotov auraient, par ailleurs, été lancés en direction des forces de l’ordre.
Les enquêteurs établissent une distinction entre ce groupe d’individus violents et les autres habitants descendus dans la rue pour manifester leur mécontentement face au manque d’eau. Ces derniers ont protesté contre les difficultés d’approvisionnement sans nécessairement prendre part aux actes de violence.
Face à l’escalade des incidents, plusieurs unités de police ont été dépêchées en renfort à Camp-Levieux. Les forces de l’ordre ont fait usage de 13 grenades lacrymogènes afin de disperser la foule. Celle-ci a été repoussée en direction de la rue Ratsitatane, tandis que les trois suspects ont été interpellés.
Des policiers et des pompiers sont ensuite intervenus pour maîtriser les différents foyers d’incendie. Au total, trois véhicules de la police auraient été endommagés au cours des incidents. Il a fallu attendre 3 h 20, vendredi matin, pour que la situation revienne à la normale.
Depuis, des patrouilles régulières sont organisées dans le quartier, particulièrement en soirée. Selon la police, une poignée d’individus encagoulés chercherait à attiser les tensions. Les autorités distinguent ainsi ces agissements violents des revendications des habitants confrontés aux coupures d’eau, dont la majorité protesterait sans recourir à la violence.

