THÉÂTRE : La pièce Hamlet mise en scène et jouée avec brio

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Cette année, amoureux de Shakespeare, amateurs de théâtre, étudiants et enseignants de littérature anglaise ont été gâtés avec deux séries de représentations, en juin et fin août successivement, de l’une des plus célèbres tragédies du dramaturge britannique William Shakespeare, Hamlet, mise en scène par Poonam Seetohul et jouée avec brio par des comédiens locaux dont le directeur artistique du Caudan Arts Centre (CAC), Ashish Beesoondial, lui-même un passionné de théâtre.

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Durant deux heures, les comédiens qui se sont engagés dans les rôles principaux et secondaires, de l’une des pièces les plus longues et complexes de Shakespeare, les ont honorés pour le plus grand bonheur du spectateur ; et même pour ceux qui ne le connaissaient pas et qui le découvraient seuls ou accompagnés, à cette occasion.

Dès l’ouverture des rideaux, le public est engagé dans l’histoire qu’il allait suivre avec un narrateur qui la résume en quelques mots. La pièce commence immédiatement avec le passage d’un cercueil contenant le corps du roi de Danemark, le père de Hamlet. Ce dernier embrasse le cercueil. La tension est déjà à son comble. C’est le début du drame !

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Le décor simple et ingénieusement pensé, puisqu’il permettra aux comédiens d’explorer au maximum l’espace scénique, ajoute à l’atmosphère pesante. Le spectateur sera plongé dans un autre monde dans lequel il se retrouvera tout de même et pourra s’identifier au personnage principal. « La pièce n’a rien perdu de sa pertinence, après 400 ans », affirmait la metteuse en scène dans une interview accordée au Mauricien à la veille de la deuxième série de représentations en août. C’est par le biais d’un jeu de lumière et un décor parfois amovible que les différents lieux – maison, jardin, balcon – où se passent les scènes sont mis en avant. Une démarche qui contribue à la dramatisation des scènes.

La prestation des comédiens, que ce soit dans la gestuelle ou dans la parole, a laissé une marque indélébile dans l’esprit des spectateurs qui ont fait le déplacement. Qui n’a pas apprécié l’art oratoire des comédiens dans du vieux anglais ? Un accent et une intonation qui contribuent à faire vivre l’essence même du théâtre, soit de capter l’attention du public et de transmettre les sentiments et émotions des personnages aux spectateurs. Et surtout de retrouver, dans une forme de jouissance, les phrases et les répliques cultes de cette pièce, « To be, or not to be », prononcée par le Prince Hamlet, joué ici par Ashish Beesoondial. Ou encore la fameuse expression : « Something is rotten in the Kingdom of Danmark », prononcé par Marcellus, dans la pièce joué par Max Anish Gowriah.

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Le spectateur retrouve ici son propre monde avec les thèmes universels que présente ce grand classique de la littérature anglaise : le conflit, le pouvoir et la corruption, l’être et le paraître ainsi que le fardeau des choix. Et ce message : trop d’ambition peut déshumaniser et mener vers la mort. La touche musicale contemporaine, avec par exemple du rap lors des intermèdes apporte certainement une valeur ajoutée à toute la mise en scène,
En présentant Hamlet pour la première, selon une adaptation et mise en scène de Poonam Seetohul, le CAC a réussi à faire « vivre une expérience émotionnelle et intellectuelle à la fois immédiate et durable », comme l’attendait le public. Une reprise de la pièce sera de nouveau un cadeau offert au jeune public mauricien.

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