Opération Trigger-Happy Police -Après la nuit chaude de lundi : Ramgoolam impose un couvre-feu ciblant 15 régions

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Face aux actes de vandalisme, aux incendies et aux attaques contre des véhicules de police survenus dans plusieurs régions du pays, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a annoncé l’imposition d’un couvre-feu de 20 h 30 hier soir à 6 h ce matin, soit d’une durée de neuf heures et demie. Il appelle la population à faire preuve de discipline et de responsabilité. Le Conseil des ministres, qui s’est réuni en urgence hier pour examiner la situation, doit se retrouver à nouveau à 14 h 30 pour faire le point sur l’évolution des événements.

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S’adressant à l’ensemble de la population sur un ton vigoureux, dans un contexte de fortes tensions, le Premier ministre a lancé un appel au calme et à la solidarité nationale, après les incidents graves et les actes de violence enregistrés dans plusieurs régions de l’île dans la soirée d’hier. Déplorant les scènes de vandalisme, les incendies et les attaques contre des véhicules de police, il a condamné sans équivoque ces agissements, qu’il a qualifiés d’inacceptables.

« Nous avons tous été choqués par les incidents graves et les actes illégaux commis hier soir », a-t-il déclaré, évoquant les images de postes de police en feu, de lieux saccagés et de véhicules de la police pris pour cible. Pour le chef du gouvernement, de tels agissements appellent à une mobilisation collective afin de préserver la paix sociale, la stabilité et la cohésion nationale.

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« C’est dans des moments pareils que nous devons montrer la plus grande solidarité », a-t-il insisté, estimant que la paix et l’harmonie dans le pays dépendent de la responsabilité de chaque Mauricien, indépendamment de son âge, de son appartenance politique ou de sa fonction. Il a souligné que les citoyens ont toujours disposé de moyens démocratiques pour exprimer leurs revendications, que ce soit par le vote ou à travers des manifestations.
Navin Ramgoolam a également attiré l’attention sur le contexte particulier dans lequel surviennent ces événements. Il a notamment fait état de la tenue des examens de Cambridge, auxquels participent actuellement des élèves, ainsi que de la période de prière observée au sein de plusieurs communautés religieuses. Autant de raisons, selon lui, de préserver un climat de sérénité et d’éviter que les tensions ne compromettent la vie quotidienne de la population.

« Le Conseil des ministres a décidé que, dans l’intérêt de la sécurité de la population, un couvre-feu sera imposé ce soir », a-t-il annoncé. Il a indiqué que des dispositions particulières ont été prises pour permettre la prise en charge des malades, des urgences et le maintien des services essentiels.

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Le Premier ministre a par ailleurs fait état d’informations recueillies auprès de plusieurs sources, selon lesquelles un groupe de personnes chercherait à attiser la haine et à encourager la violence dans le pays. Selon les renseignements dont disposerait le gouvernement, ces individus auraient pour objectif de provoquer des tensions, de troubler l’ordre public et de porter atteinte à la paix sociale.

Il a avancé que, d’après les observations de la police, ces personnes seraient financées et auraient été envoyées par des trafiquants de drogue qui se sentiraient menacés par les opérations menées contre eux par les forces de l’ordre. Il a affirmé que la police serait sur la piste des personnes concernées. Ces éléments ont également pesé dans la décision du gouvernement, le chef de l’exécutif indiquant que, selon les informations en possession des autorités, des risques de nouveaux désordres existeraient pour la soirée d’hier. Il a ainsi justifié l’imposition du couvre-feu par la nécessité d’agir préventivement et d’éviter une nouvelle escalade de la violence.

Le Premier ministre a averti que la police et la Special Mobile Force (SMF) étaient prêtes à intervenir contre ceux qui tenteraient de provoquer des troubles. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’une intervention menée avec fermeté et discernement. « La police dans son ensemble agira avec fermeté et discernement », a-t-il déclaré, tout en soulignant que les responsables des actes illégaux devront répondre de leurs agissements.

Acte impardonnable
Abordant la question des relations entre la population et les forces de l’ordre, Navin Ramgoolam a appelé les Mauriciens à distinguer les actes individuels des responsabilités de l’institution policière dans son ensemble. Reconnaissant qu’un policier a commis, selon ses termes, « un acte impardonnable », il a néanmoins mis en garde contre toute généralisation visant l’ensemble des membres de la force policière.

Le Premier ministre a soutenu que la police est au service de la population et que sa mission consiste à assurer la sécurité de chaque citoyen, et non à provoquer du désordre. Il a appelé à éviter que la colère suscitée par les événements ne se transforme en hostilité généralisée envers les forces de l’ordre..

Dans le même temps, il a promis que les auteurs des incendies, des actes de vandalisme et des autres infractions seraient identifiés. « Nous identifierons les incendiaires et ceux qui agissent contre l’intérêt du pays et ils auront à en répondre », a-t-il affirmé.
Le chef du gouvernement a également consacré une partie de son intervention à la circulation d’images et de messages qu’il estime mensongers et susceptibles d’alimenter les tensions. Tout en reconnaissant le rôle essentiel de la presse dans une période aussi délicate, il a réitéré que la liberté d’expression s’accompagne d’une responsabilité. « La presse a un rôle important pour maintenir la paix. Mais la liberté d’expression ne veut pas dire propagation de fausses nouvelles », a-t-il fait valoir.

Son appel s’adresse également aux intervenants sur les radios et aux commentateurs sur les réseaux sociaux. Il a enfin remercié les chefs religieux ainsi que les personnes et les organisations qui ont lancé des appels au calme, à l’apaisement et à l’unité nationale. Il a salué leur contribution aux efforts visant à prévenir une aggravation des tensions et à préserver la cohésion entre les différentes composantes de la société mauricienne.
Une nouvelle réunion du Conseil des ministres est prévue à 14 h 30 afin d’examiner l’évolution des événements et de passer en revue les mesures nécessaires.

Les 15 régions ciblées par le Curfew Order 2026 :
Port-Louis
Beau-Bassin/Rose-Hill
Quatre-Bornes/Palma
Vacoas/Phoenix
Curepipe/Forest-Side
Mahébourg/Vieux-Grand-Port
Chemin-Grenier/Bel-Ombre
Case-Noyale/Rivière-Noire
Bambous
Petite-Rivière
La Gaulette
Flacq/Argy
Goodlands
Grand-Gaube
Triolet

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