Pour le peuple de mon île

Par Khal Torabully

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Les flamboyants sont précoces cette année.
‘C’est vrai’, me dit l’oiseau condé.
Le serin du cap ajoute : ‘Les manguiers
Ne sont pas à oublier.
J’ai goûté à la maison rouge, au dauphiné’.
L’âcre fleur du bouquet banané
Crachote, toussote.
Un feu ravage les cannaies.
L’oiseau pic pic pleure, il radote.
‘C’est la révolte des oubliés.
Le sang des fleurs déchire l’alizé.
L’île s’est cambrée, elle s’est révoltée.
Partout, des pétarades, des mascarades.
Des promesses. Des bigarades.
L’état d’urgence sera-t-il décrété ?’.
Le pigeon des mares s’est envolé.
Le cardinal montre la direction.
‘O mon peuple ! Regarde l’horizon.
O ti dimounn O grand paletot,
Dialoguons dans la paix, le respect, la vérité.
L’heure est sombre. Aidons l’astre à se lever.
Évitons la peur et le désastre.
Entre shivala église mandil temple et mosquée,
J’ai construit ma nichée.
Un même nuage sème la rosée.
Méfions-nous des belles envolées.
Des mots vantards, manipulés.
Notre île a besoin de paix,
De justice de vérité’…
Déjà, sous le premier dais
Du flamboyant, le dodo multicolore
S’est ressuscité, il crie que désormais,
C’est le Mauricien qui est né.
Dans la nouvelle concorde,
Dans la prospérité partagée’.
Le cateau vert chante fort :
‘Levons le quadricolore !
Éteignons l’incendie dans le respect.
Car le pays doit partager dans la paix!’
Oui, les flamboyants sont précoces cette année.
Louons sa beauté sous le ciel enflammé…

(c) Khal Torabully, 14/10/26
Afin que l’île se donne rendez-vous avec elle-même, en vérité et paix partagées en ce printemps mauricien en gestation.

 

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