« A Light for World Peace. » C’est sous le thème de la paix dans le monde que la Hindu House placera les célébrations nationales de Diwali cette année. Lors d’une conférence de presse, la présidente, Luxshmee Ramdhun-Bundhun, a lancé un appel à l’unité, au dialogue et à l’apaisement, dans un contexte marqué par des tensions et des violences récentes dans le pays.
Fidèle à une tradition établie de longue date, la Hindu House donnera le coup d’envoi de ses célébrations deux semaines avant Diwali, qui sera célébrée cette année le 8 novembre. La cérémonie d’ouverture est prévue ce samedi à partir de 18h, à Cassis, avec un programme culturel. Les bâtiments et la cour de l’institution, à Cassis, sont déjà illuminés pour l’occasion.
« Tout est déjà décoré, et ces lumières montrent l’unité nationale de notre pays », a souligné la présidente. « Diwali symbolise la victoire de la lumière sur les ténèbres, du bien sur le mal et de la connaissance sur l’ignorance », a-t-elle expliqué, tout en faisant ressortir que le thème retenu cette année, “A Light for World Peace”, donne une dimension universelle à ces valeurs. Dans un contexte marqué par des tensions récentes, la Hindu House entend ainsi faire de cette célébration un appel à la paix et au vivre-ensemble.
Évoquant les événements récents, Luxshmee Ramdhun-Bundhun a lancé un appel à la responsabilité collective. La paix et la stabilité demeurent, pour elle, essentielles à l’avenir du pays comme à celui des générations futures. Les familles aspirent avant tout à un environnement où les enfants peuvent grandir en sécurité, dans le respect et la dignité. Elle a évoqué l’importance du dialogue, de la compréhension mutuelle et de la solidarité pour surmonter les différends.
Si les frustrations peuvent être légitimes, leur expression ne doit pas mettre autrui en danger ni fragiliser la cohésion sociale. « Ne laissons pas la colère nous diviser. Ne laissons pas la peur remplacer notre confiance. Ne laissons pas nos différences nous séparer. Maurice, c’est notre maison », a-t-elle déclaré, invitant chacun à privilégier l’écoute et la recherche de solutions plutôt que la confrontation.
Au-delà de sa dimension religieuse, Diwali porte, selon la présidente, un message qui trouve tout son sens dans le contexte actuel. La lumière de la diya, la lampe traditionnelle, ne saurait se limiter à celles qui illuminent les maisons : elle doit également se refléter dans les attitudes, les paroles et les relations entre les Mauriciens. « Quelle valeur a une diya allumée devant notre maison si nous laissons la haine, la rancœur et la division régner dans nos cœurs ? » se demande-t-elle.
Pour elle, la paix ne peut se résumer à un souhait exprimé à l’occasion d’une fête : elle se construit au quotidien, par le respect, le pardon, l’empathie et la volonté de dépasser les différences. Elle a également souligné le rôle de chacun dans cette démarche. « Nous n’avons pas besoin d’attendre que quelqu’un d’autre allume la première lumière. Chacun d’entre nous peut devenir une lumière dans la vie de l’autre », a-t-elle affirmé.
La Hindu House invite l’ensemble de la population, sans distinction de communauté, de religion ou de culture, à prendre part aux célébrations prévues ce samedi. Le programme culturel réunira notamment le groupe Krumania, High Step Parivaar ainsi que le groupe Rithik, qui interprétera des bhajans.
Pour Luxshmee Ramdhun-Bundhun, Diwali doit être l’occasion de dépasser les divisions et de renouer avec les valeurs de respect, de solidarité et de compréhension mutuelle, en les faisant vivre au quotidien. « Allumons des diyas dans nos maisons, mais surtout, allumons la lumière de la paix dans nos cœurs », a-t-elle lancé. Elle a par ailleurs exprimé le souhait de voir la paix s’installer dans les régions déchirées par les conflits, avec une pensée particulière pour les enfants, qui aspirent à grandir à l’abri de la violence et de l’insécurité.
Prière pour la pluie
De son côté, l’acharya Vishwamitra a invité les Mauriciens à célébrer Diwali dans la paix et l’harmonie, tout en adressant des prières à Ashtalakshmi, qui représente les huit formes de la déesse Lakshmi, associée à différentes dimensions de la prospérité. Il a notamment évoqué Dhanyalakshmi, liée aux céréales, à l’agriculture et à la pluie. « Nous prions Mahalakshmi pour que la pluie tombe sur l’île Maurice, que nos réservoirs se remplissent et que nous ayons suffisamment d’eau pour l’usage domestique ainsi que pour l’agriculture », a-t-il déclaré.
Il a également expliqué que les festivités débutent deux semaines avant Diwali en référence aux huit formes de la déesse. La nuit de la nouvelle lune (Amavasya) du mois de Kartik marque le jour même de Diwali, associé à Vidyalakshmi.

