Pour fêter les cinq ans de l’Unité de soins palliatifs de la clinique Ferrière et de la Fondation Mère Marie Augustine, un tournoi de golf caritatif organisé avec le groupe Mont-Choisy s’est tenu samedi sur le parcours de Mont-Choisy Le Golf. Une somme de Rs 607 750 a été récoltée. Cette cagnotte intégrale a été reversée à la Fondation Mère Marie Augustine pour permettre aux familles aux ressources limitées d’offrir à leurs proches un accompagnement digne et humain face à la maladie.
Plus qu’un simple tournoi de charité, cette journée a permis de mettre en lumière tout le travail effectué en amont par la clinique Ferrière et la Fondation Mère Marie Augustine autour des soins palliatifs. La force de cet événement réside dans son concept : allier la convivialité et la solidarité autour des valeurs du sport.
Pour Ingrid de Spéville, Group CSR and Sustainability Executive du Mont-Choisy Group, soutenir la fondation va bien au-delà du don matériel. C’est aussi un acte citoyen qui contribue à lever le voile sur la fin de vie et la maladie, en brisant les tabous les entourant. Touchée par cette noble cause, Ingrid dira avoir découvert en début d’année, l’immense travail mené dans l’ombre par la Fondation Mère Marie Augustine. Cela lui a permis de comprendre qu’au-delà de la dimension médicale, tout repose sur une aventure profondément humaine. L’objectif du Mont-Choisy Group est de démocratiser l’accès aux soins palliatifs et de changer le regard de la société sur ces services essentiels.
« C’est de la vie dont on prend soin et jusqu’au bout »
Provinciale de la congrégation des Sœurs de Charité de Notre-Dame du Bon et Perpétuel Secours qui perpétue cet héritage à travers la Fondation Mère Marie Augustine et l’Unité des soins palliatifs de la clinique Ferrière, la sœur Maryline Radegonde se réjouit de cette prise de conscience collective. Il était temps, selon elle, que les Mauriciens saisissent la véritable mission profonde des soins palliatifs. « On croit souvent que lorsqu’on vient en soins palliatifs, c’est uniquement pour mourir », réagit-elle. Contre les tabous entourant la fin de vie, elle rappelle une vérité fondamentale : « C’est de la vie dont on prend soin, et jusqu’au bout. »
La sœur Maryline Radegonde salue l’engagement et l’expertise des Dr Chollet et Grange tout en insistant sur le fait que les soins palliatifs ne sont pas que des services supplémentaires, mais viennent renforcer la mission humaniste de la clinique. Elle relate qu’en 1857, lorsque la mère Marie Augustine a débuté sa mission à Maurice, elle ne disposait d’aucun fonds public. Seule la charité publique et privée a permis de maintenir cette œuvre. Il aura fallu, poursuit-elle, dix longues années pour que le gouvernement reconnaisse la valeur de ce travail et accorde les premières subventions. Face à l’urgence des besoins actuels en soins de fin de vie, la sœur Maryline souhaite que le gouvernement et le public s’engagent dans cette cause noble. Un message qui sonne comme un appel à une mobilisation rapide, tant de l’État que de la société civile, pour que la dignité des patients en phase terminale devienne une priorité partagée.
« La transition vers une médecine plus humaine »
Le Dr Jean-Michel Chollet, vice-président de la Fondation Mère Marie Augustine, a indiqué pour sa part que le message porté en ce cinquième anniversaire résonne comme un appel à l’action pour une société plus inclusive et empathique envers les malades les plus vulnérables. « La mise en place d’une unité de soins palliatifs à la clinique Ferrière mérite d’être reconnue pour la prise en charge très humaine, des soins de qualité et des tarifs raisonnables comparés à d’autres établissements. Je salue l’engagement des Sœurs du BPS qui se sont investies dans ce projet et de la Fondation Mère Marie Augustine lancée il y a cinq ans, qui aide les gens qui n’ont pas le financement voulu d’accéder à l’unité. Et la Fondation finance en totalité ou en partie la prise en charge des patients éligibles. »
Lui aussi souhaite que les mentalités changent et que les soins palliatifs ne soient plus vus comme un constat d’échec mais comme un message d’humanité et de compassion. Il insiste sur le fait que la culture des soins palliatifs doit s’installer dans la société et doit s’imposer auprès des médecins, qu’ils soient généralistes ou spécialistes. « Il ne s’agit pas de hâter, ni de retarder la mort, mais de préserver la meilleure qualité de vie possible, dans la dignité et le respect », a-t-il déclaré.
Pour le Dr Jean-Michel Chollet, l’accompagnement ne commence pas en fin de vie, mais dès l’instant où le diagnostic d’une maladie incurable est posé. Bien que la fondation ait financé l’hospitalisation d’environ 300 patients au cours de ces cinq dernières années, le médecin est d’avis que ces actions sont insuffisantes face à l’ampleur des attentes sur le terrain. « Quand j’ai eu des patients en fin de vie, je ne savais pas quoi faire. Je suis chirurgien et à l’université, on forme les médecins à être curatifs. Aujourd’hui, avec les soins palliatifs, on comprend mieux cette transition vers une médecine plus humaine. À Maurice, il est temps d’apprendre aux soignants non plus seulement à combattre la maladie, mais à accompagner la vie lorsqu’il n’y a plus d’espoir de guérison », a-t-il conclu.

