Le PM au député Adrien Duval : « We cannot afford to subsidise employment in the country»
Le rapport phare d’Afrobarometer 2026 démontre que 76% des Mauriciens interrogés, âgés de 18 à 25 ans, ont envisagé d’émigrer. Le député du PMSD Adrien Duval a voulu savoir comment le gouvernement comptait s’y prendre en vue de retenir les jeunes mauriciens qualifiés dans le pays et d’encourager le retour de ceux qui ont émigré.
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a déclaré que dans le Programme gouvernemental 2025-29, il a été précisé que l’avenir d’un pays ne peut être garanti que lorsque sa jeunesse est responsabilisée, participe activement et contribue au progrès de la société. Il a reconnu que l’émigration des jeunes est un défi auquel notre île est confrontée, et qui nécessite une réponse multidimensionnelle. « Nous devons non seulement remédier aux raisons pour lesquelles les jeunes choisissent de partir, mais aussi créer les conditions qui les encourageront à rester, à bâtir leur avenir ici et à contribuer au développement de notre pays. Cela implique d’investir dans les opportunités, les compétences, l’emploi et l’entrepreneuriat et, par-dessus tout, de restaurer la confiance dans l’avenir », a-t-il dit.
Parlant des mesures prises, il a cité le Skills Development Scheme for Professionals (SDSP), sous le Human Resource Development Council (HRDC). Il s’agit de programmes de formation pour le développement d’une main-d’œuvre spécialisée, financé par l’organisme. De même, a précisé le Premier ministre : « mon gouvernement est en train d’établir une zone économique spéciale de haute technologie à Côte-d’Or, qui attirera des investissements dans l’intelligence artificielle, les technologies numériques et la fabrication avancée au cours des cinq prochaines années. »
Selon lui, cela créera de nouvelles opportunités pour des emplois qualifiés, permettant ainsi aux jeunes Mauriciens qualifiés de faire carrière dans des secteurs à haute valeur ajoutée. Il a indiqué qu’une plateforme numérique unique est en cours de développement par SME Mauritius pour faciliter l’accès des entrepreneurs aux informations sur les programmes, subventions, incitations fiscales et facilités de financement disponibles.
En ce qui concerne le retour des membres de la diaspora, Navin Ramgoolam a affirmé que le gouvernement reconnaît qu’elle peut jouer un rôle essentiel dans la construction de l’avenir du pays. « Nous avons le développement d’une National E-Diaspora Platform au sein de l’Economic Development Board pour connecter la diaspora aux opportunités d’emploi, d’investissement, de mentorat et de transfert de connaissances. La plateforme devrait devenir opérationnelle en janvier 2027 », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que la Public Procurement Act a été modifiée en août 2026 pour faciliter le recrutement d’experts qualifiés de la diaspora par les organismes publics pour des services spécialisés, selon des termes et conditions convenus d’un commun accord. « Cela permettra aux institutions publiques de bénéficier de l’expertise et de l’expérience internationale de la diaspora vivant à l’étranger. De même, il y aura la création d’un Diaspora and Global Advisory Council, placé sous l’égide de mon bureau. Ce conseil a pour vocation de servir de plateforme pour une plus grande participation de la diaspora mauricienne et des amis de Maurice à l’étranger au développement national », dit-il.
À travers ces initiatives, a ajouté le Premier ministre, le gouvernement crée non seulement de nouvelles opportunités et incitations à Maurice pour que notre jeunesse reste, mais encourage également les Mauriciens qualifiés à rentrer et à contribuer au développement du pays. « En fait, certains de nos professionnels de la diaspora sont déjà rentrés à Maurice et contribuent à l’avancement de notre pays, notamment à Mauritius Telecom, à la Banque de Maurice, à la State Bank of Mauritius, au Forensic Science Laboratory et dans le secteur médical. Nous reconnaissons toutefois qu’il reste encore beaucoup à faire et que nous devons intensifier nos efforts dans les années à venir. » À cet égard, le gouvernement mettra également en place un cadre pour l’élaboration de politiques sur la migration, la population et la diaspora.
Adrien Duval : Les statistiques officielles sont très préoccupantes, 76% des jeunes…
Speaker : Votre question.
Duval : Est-il au courant que 76% de jeunes âgés de 18 à 25 ans songent à émigrer ? Le taux de chômage pour ce groupe d’âge est quatre fois supérieur au taux national, soit 20%. Est-il au courant de cette situation ?
PM : Oui, j’en suis au courant et c’est pour cela que nous essayons de remédier à la situation, car rien n’a été fait pendant longtemps. Concernant le taux de chômage, vous devez réaliser qu’à cet âge, ils viennent tout juste d’obtenir leurs qualifications. Ils arrivent tout juste sur le marché du travail.
Duval : Selon le recensement de 2022, il y a 34 000 personnes dans ce groupe d’âge. Réalise-t-il que cela veut dire qu’actuellement, il y a environ 40 000 jeunes de 18 à 25 ans qui ne sont ni au travail, ni en études ou formation professionnelle ? N’est-il pas tant de réintroduire le Youth Employment Programme (YEP), initié en 2013, et qui a permis à plus de 50 000 jeunes de trouver un emploi, subventionné à 50% par le gouvernement ? Cela a connu un grand succès, alors que de nos jours, les chiffres sont alarmants.
PM : Nous y avons pensé, mais le seul problème, c’est la subvention. Nous ne pouvons nous permettre de tout subventionner dans ce pays.
Duval : Quelle est la vision du gouvernement, vu dans la direction dans laquelle va le pays, quand presque huit personnes sur dix, parmi ceux qui représentent le futur, pensent à quitter le pays et quand le taux de chômage pour ce groupe d’âge est quatre fois supérieur au taux national? À moins de trouver les subsides nécessaires pour le YEP, quelle est la vision du gouvernement pour le futur de Maurice ?
PM : Je ne veux pas compromettre la situation du pays et prendre un Downgrading de Moody’s. Peut-être que vous pourrez suggérer d’où je peux trouver l’argent nécessaire. Nous y avons pensé, je n’ai pas dit que nous n’y avons pas réfléchi, mais il y a cette question de savoir combien nous pouvons subventionner.

