Changement climatique — Summer Outlook 2026-27 — Avertissement : El Niño fait craindre un été particulièrement chaud

Ajouter en tant que source préférée sur Google
  • Jusqu’à 36 °C, voire davantage dans certaines régions
  • Pour Maurice, la pluviométrie pourrait être légèrement inférieure à la normale avec les premières pluies estivales vers la fin de novembre

Le Mauritius Meteorological Services (MMS) anticipe un été 2026-27 marqué par des températures supérieures à la normale, une forte humidité et un risque de pluies intenses. Si le nombre de systèmes cycloniques attendus dans le Sud-Ouest de l’océan Indien s’annonce inférieur à la moyenne, la possibilité d’une intensification rapide des cyclones constitue un sujet de préoccupation.

- Publicité -

L’influence d’El Niño devrait peser sur les conditions météorologiques dans la région. C’est l’un des principaux enseignements du Summer Outlook présenté, hier après-midi, par le MMS. Les prévisions indiquent que Maurice devrait connaître des températures plus élevées que la normale, dans un contexte marqué également par une température de la mer relativement chaude et une humidité atmosphérique importante.

« Nous nous attendons, avec ce phénomène El Niño et l’Indian Ocean Dipole, que notre région devienne plus chaude », explique le Dr Prithiviraj Booneeady, Acting Director du MMS. Le phénomène El Niño, caractérisé par un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial central et oriental, figure parmi les principaux paramètres pris en compte dans l’élaboration des prévisions saisonnières. Les modèles examinés par les météorologues indiquent qu’il devrait se consolider et pourrait figurer parmi les épisodes les plus intenses enregistrés depuis le début des observations en 1950. « Nous nous attendons que cet El Niño se renforce davantage », affirme-t-il. Maurice et les autres îles de la République devraient rester sous son influence pendant l’été austral, notamment entre décembre et mars.

- Publicité -

La hausse des températures constitue l’un des points centraux du bilan prévisionnel. À l’effet du réchauffement climatique s’ajoute celui des phénomènes océaniques actuellement observés, dont El Niño et un Indian Ocean Dipole positif. Le MMS prévoit que les températures pourront dépasser les normales saisonnières de l’ordre de 3 °C lors de certaines journées. Pour illustrer cette tendance, Prithiviraj Booneeady a évoqué le cas de Vacoas, où une température de 27 °C pourrait ainsi atteindre 30 °C.

Dans les régions côtières, les maximales pourraient être encore plus élevées. « Il y a des tendances où la température maximale pourrait atteindre 36 degrés », prévoit-il, en précisant que le thermomètre pourrait même dépasser ce seuil dans les régions les plus exposées, avec des pointes pouvant atteindre 37 °C. À Port-Louis, des températures de 34 °C à 36 °C, voire davantage dans certaines circonstances, sont ainsi envisageables.

- Advertisement -

À Rodrigues, les maximales pourraient avoisiner 34 °C, sans exclure des valeurs supérieures. Les épisodes les plus chauds sont attendus principalement entre décembre et mars, période durant laquelle l’humidité devrait également augmenter. Cette association entre chaleur et humidité pourrait rendre les conditions particulièrement éprouvantes pour la population.

Les personnes vulnérables, notamment les bébés, devront faire l’objet d’une attention particulière. Le MMS recommande au public de prendre les précautions nécessaires lorsque des communications météorologiques annoncent des épisodes de forte chaleur, en veillant notamment à une bonne hydratation et à des conditions de vie suffisamment aérées.

Les études évoquées indiquent qu’El Niño est associé à des conditions relativement sèches dans certaines parties de l’Afrique australe et à Madagascar, avec des effets possibles jusque dans les environs de La-Réunion. Maurice se trouvant à proximité de ces zones, une influence sur la pluviométrie locale reste possible. Cette perspective doit néanmoins être interprétée avec prudence, prévient l’équipe du MMS. En effet, les tendances régionales ne permettent pas de déterminer précisément les conditions qui prévaudront sur chaque île. C’est pourquoi le MMS croise les données des centres internationaux avec les observations locales et les prévisions régionales.

Pluies estivales, fin de novembre

Concernant la pluviométrie, le MMS prévoit que le démarrage effectif des pluies estivales pourrait intervenir durant la dernière semaine de novembre. Des épisodes pluvieux plus importants pourraient survenir auparavant, notamment au début de novembre, sous l’effet des brises de mer. Ils ne signifieraient toutefois pas nécessairement que la saison des pluies est véritablement installée. Pour Maurice, les précipitations cumulées entre novembre et avril sont estimées à environ 1 100 mm, soit près de 80 % de la moyenne saisonnière de 1 350 mm. La pluviométrie pourrait donc être légèrement inférieure à la normale.

La situation serait différente à Rodrigues, où les précipitations pourraient atteindre environ 930 mm, soit près de 115 % de la moyenne saisonnière. L’île devrait ainsi connaître une saison relativement humide, selon les prévisions présentées. Ces perspectives interviennent après plusieurs épisodes de déficit pluviométrique.

Moins de cyclones, mais…

Sur le plan cyclonique, le MMS prévoit entre cinq et sept systèmes dans le bassin Sud-Ouest de l’océan Indien, contre une moyenne habituelle d’une dizaine. Cette baisse ne signifie cependant pas que la saison sera nécessairement moins dangereuse. Dr Prithiviraj Booneeady s’est appesanti sur le fait qu’un cyclone puissant pourrait malgré tout s’approcher de Maurice ou des îles voisines.

La température de la mer constitue un facteur déterminant. Des eaux chaudes fournissent de l’énergie aux systèmes cycloniques et peuvent favoriser leur intensification. Dans certaines circonstances, un système peut ainsi se renforcer rapidement, passant du stade de dépression à celui de cyclone en peu de temps. « Plus la mer est chaude, plus le cyclone peut s’intensifier rapidement », avance-t-il.

Le risque ne se limite pas aux cyclones. Pendant l’été, des épisodes de pluies torrentielles, des orages accompagnés de fortes décharges électriques et des mini-tornades peuvent également se produire. Le service météorologique observe par ailleurs une augmentation des épisodes de pluies de forte intensité sur de courtes durées, notamment lorsque 50 mm ou davantage de précipitations tombent en deux heures. Ces phénomènes peuvent entraîner des accumulations d’eau rapides et des conditions dangereuses, même en dehors du passage direct d’un cyclone.

EN CONTINU ↻