Navin Ramgoolam, confirmant la thèse de l’homicide, révèle que £ 78 000 ont été versées aux enquêteurs britanniques, ex-Scotland Yard
Le leader of the House sur une réponse de Pravind Jugnauth en date du 2 août 2024 : « From what I understand, the answer given was a lie. The footage was destroyed »
Le Leader of the House, Navin Ramgoolam, a confirmé, à l’Assemblée nationale, hier, qu’aucune arrestation n’avait été effectuée à ce jour dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Soopramanien (Kaya) Kistnen, l’ancien chef agent du leader du MSM de la circonscription No 8 (Quartier-Militaire/Moka), Pravind Jugnauth, remontant à octobre 2020. Répondant à la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Chetan Baboolall, il a révélé que le second téléphone portable de la victime, qui n’avait jamais été retrouvé, avait été localisé par les experts britanniques. Cet Exhibit fait actuellement l’objet d’un décryptage. Il a également ajouté que les enquêteurs du Royaume-Uni avaient perçu un montant total de £ 78 000 pour leurs services et que l’enquête sur les Kistnen Papers se poursuit.
Dans sa réponse liminaire, Navin Ramgoolam a fait ressortir que l’enquête judiciaire instituée pour approfondir les investigations sur le meurtre de Soopramanien Kistnen avait critiqué la manière dont la police avait conduit l’enquête initiale. Il s’est appuyé sur les conclusions de l’enquête judiciaire de Mme Jugurnath, qui était alors Senior District Magistrate. « I consider the conduct of the police in the present case to be abhorrent. The manner in which the enquiry was conducted fell so below of what can be considered as reasonable that it marks a new level of incompetence », avait-elle fait ressortir.
La conclusion de l’enquête judiciaire avait privilégié un homicide sur le suicide allégué. Les experts britanniques sont parvenus à la même conclusion. « They said it was definitely not suicide but homicide », a-t-il dit.
Défaillances
Le Premier ministre a expliqué que le gouvernement avait fait appel à une équipe d’enquêteurs britanniques pour réexaminer les investigations policières sur la mort de Soopramanien Kistnen aussi bien que d’autres affaires non résolues. Ils ont effectué plusieurs déplacements. Ces experts se sont rendus à plusieurs reprises à Maurice à cet effet.
D’après Navin Ramgoolam, leur examen a relevé des lacunes dans les premières investigations policières, notamment des éléments prélevés sur les lieux du drame pas préservés, des pistes pas approfondies et la pertinence des pièces à conviction pas retenue. « They have reported that the initial police investigations and inquiries were seriously deficient », s’est-il appesanti. « The Leader of the Opposition is a Barrister. He will know what happens when critical evidence is not preserved », rajoute-t-il.
L’examen du dossier par les experts britanniques a notamment bénéficié de l’avis d’un spécialiste international en sciences médico-légales spécialisé dans les décès par incendie. Navin Ramgoolam a avancé que les enquêteurs avaient conclu qu’il existait suffisamment d’indices pour établir que la mort de Soopramanien Kistnen n’était ni accidentelle ni auto-infligée.
« There are sufficient indications to conclude that the death of Mr Kistnen was neither accidental nor self-inflicted but that it was a homicide. That is an unlawful killing », a-t-il indiqué, tout en affirmant que l’enquête se poursuivait. Les experts ont formulé des recommandations concernant les prochaines étapes, mais ils ont également indiqué que le temps écoulé depuis les faits compliquait leur travail, certains éléments de preuve ayant été détruits ou n’étant plus disponibles.
Second cellulaire
Interrogé quant aux arrestations effectuées dans le cadre de l’affaire Kistnen, le Leader of the House a confirmé qu’il n’y en a pas eu à hier. Il a néanmoins indiqué que les enquêteurs continuaient de découvrir des éléments qui avaient été négligés lors des premières investigations. Il a notamment révélé que, le mois dernier, l’équipe chargée du dossier avait retrouvé une pièce à conviction importante qui n’avait pas été prise en compte auparavant. Celle-ci est actuellement analysée afin d’en extraire des informations susceptibles de contribuer à l’enquête.
« Mr Kistnen’s body was found in October 2020. He was supposed to have two mobile phones, one was found under his burnt body. The police said it’s burnt. No evidence. We sent it to the experts in London. They found evidence in that phone which was burnt. The second phone was never found », a-t-il poursuivi. Le premier téléphone avait été retrouvé sous le corps brûlé de la victime. La police avait indiqué qu’il était brûlé et ne contenait pas de preuves exploitables. Transmis aux experts britanniques, l’appareil a toutefois permis de retrouver des éléments, a-t-il précisé.
Le second téléphone, qui n’avait pas été retrouvé à l’époque, a depuis été localisé par les experts britanniques. « Now six years later, the phone has been found. The British experts found it and it is being analysed at the moment », affirme-t-il. Au sujet des coûts encourus par rapport de l’intervention des enquêteurs étrangers, le Premier ministre a fait état d’un montant de £ 78 000 à ce jour.
17 dépositions
Au sujet des Kistnen Papers, le Leader of the House a fait comprendre que « the case of the Kistnen Papers is being investigated upon by the Central CID and the inquiry is ongoing. » À ce jour, 17 dépositions ont été recueillies auprès de 12 personnes. Il n’a pas communiqué d’autres détails sur les éléments recueillis.
Au sujet du premier examen post-mortem pratiqué après la découverte du corps de Soopramanien Kistnen, Navin Ramgoolam a précisé qu’aucune enquête policière distincte n’a été initiée à ce sujet. Il a indiqué que les autorités disposaient des conclusions du médecin légiste qui s’était initialement rendu sur les lieux du drame, à Telfair, ainsi que du rapport d’un consultant médico-légal indépendant mandaté par la veuve de Soopramanien Kistnen. Le consultant avait conclu à un homicide par asphyxie. Il a précisé que ces éléments faisaient partie de l’enquête globale visant à déterminer les personnes impliquées dans le meurtre de Soopramanien Kistnen.
Aucun dossier n’avait été soumis à ce jour au DPP pour avis concernant d’éventuelles poursuites. Il a toutefois mis en avant que le DPP avait été approché par la police « for advice ».
Aucun détail supplémentaire n’a donc été communiqué sur la nature des éléments recueillis ni sur les résultats des analyses en cours.
Surveillance
Dans la dernière partie de sa réponse liminaire, le Premier ministre a évoqué des informations troublantes concernant des opérations de surveillance qu’il attribue à l’ancien régime. « It appears that journalists who were investigating the case, well known household names in Mauritius and they will recognize themselves, were in the surveillance target database », fait-il valoir. Il a également laissé entendre que des avocats, dont un ancien Attorney General, auraient été ciblés par des opérations de surveillance intrusive qu’il a qualifiées d’illégales. « This goes to show the extent to which the previous regime went to spy on journalists, lawyers and family members, in order to further their purpose which was to control the investigation and we all know what this has led to », indique-t-il.
Baboolall : Six ans depuis le meurtre de Kaya Kistnen. Le Premier ministre a également déclaré, dans sa réponse à ma question PQB 970, que des circonstances troublantes entouraient cette affaire. Peut-il informer la Chambre si ces circonstances ont fait l’objet d’une enquête et quels en sont les résultats ?
Ramgoolam : 17 personnes étaient concernées. Je crois que 12 personnes ont été interrogées. Il y a eu 17 dépositions. L’enquête se poursuit. Cela s’est produit il y a six ans. Des éléments de preuve ont été détruits et brûlés, mais tout cela a été récupéré et l’enquête se poursuit.
Baboolall : 17 personnes concernées par les circonstances troublantes, 12 personnes interrogées et des éléments liés aux précédentes enquêtes qui ont été détruits. S’agit-il des personnes concernées ?
Ramgoolam : Je pourrai préciser qui a détruit quoi. Je ne veux pas porter préjudice à l’enquête, car il y aura notamment des contre-interrogatoires. Ce sont toutefois les faits que je vous ai communiqués.
Baboolall : Dans sa réponse du 4 mars 2025, il estime que le rapport de l’enquête judiciaire constituait une condamnation accablante. Peut-il informer la Chambre de la manière dont l’équipe étrangère et le conseiller policier à la retraite ont contribué à l’enquête ?
Ramgoolam : S’ils n’étaient pas venus, rien n’aurait été découvert. C’est ma réponse.
Baboolall : Peut-il informer la Chambre si des sanctions ont été prises contre des policiers et, dans le cas contraire, pour quelles raisons ?
Ramgoolam : Soyons clairs, l’enquête se poursuit. Des mesures seront prises, mais nous ne voulons pas compromettre les investigations. L’enquête est en cours et tout ce qui devra être fait le sera.
Baboolall : Peut-il informer la Chambre des autres dossiers sur lesquels l’équipe étrangère a travaillé ?
Ramgoolam : Nous connaissons toutes ces affaires.
Baboolall : Shakeel Mohamed, alors leader de l’opposition, avait posé deux PNQs sur l’affaire Kistnen, les 7 et 14 mai 2024. Aucune réponse n’avait pu être obtenue à l’époque. Peut-il indiquer à la Chambre s’il a été informé des achats médicaux d’urgence effectués pendant la pandémie de Covid-19 ?
Ramgoolam : This is part of the procurement case. This is also being investigated. As I said, Madam Speaker, you know, the files were destroyed. In fact, I should say, at 3 o’clock in the morning of November the 10th, that is on the eve of the election, they started a massive deletion exercise amounting to about 98%, from what I’m told, of the drives. That is evidence of conspiracy, that in itself.
No one is arrested because the investigation is ongoing. It’s not as easy as you think it is. You have to investigate, you have to find the evidence. Evidence has been destroyed. You have to know who destroyed the evidence. But the British experts are currently trying to find the database expert. They are recovering part of the disc. They are fragmented, but they are recovering. They have in fact destroyed the operating system. The whole architecture has been destroyed. And such wholesome destruction of information following while the criminal investigation was ongoing is itself an offence. The files mark, for example, judicial. You can guess who was in the list.
Baboolall : Peut-il indiquer si le gouvernement a fait réaliser un Audit Trail concernant les différents contrats d’urgence et les marchés attribués ?
Ramgoolam : Ces éléments font l’objet d’une enquête de la FCC. Elle ne me communiquera donc pas d’informations, mais je sais que l’enquête est en cours.
Baboolall : Concernant les Kistnen Papers, peut-il indiquer s’ils ont été examinés par un expert international en écriture et, dans l’affirmative, quels en ont été les résultats ?
Ramgoolam : Le leader de l’opposition fait partie de la profession légale. Les documents ont été examinés, mais je ne suis pas autorisé à communiquer les conclusions puisque l’enquête se poursuit. Vous ne voulez pas commenter continuellement l’enquête, car c’est précisément ce qu’ils souhaitent. Vous risqueriez de compromettre les investigations. Je suis certain que vous le savez.
Baboolall : Concernant les images de Safe City, dans une PNQ datée du 2 août 2024 et d’Arvin Boolell, alors leader de l’opposition, l’ancien Premier ministre avait déclaré que la police avait obtenu les images des caméras Safe City. Peut-il indiquer si les images des caméras Safe City couvrant la période du 16 au 18 octobre ont été obtenues ou si elles ont été effacées ?
Ramgoolam : From what I understand the answer was a lie. The footage was destroyed.
Baboolall : Puisque ces images ont été détruites, peut-il indiquer à la Chambre si Huawei a été contactée afin de récupérer les informations de stockage et, dans l’affirmative, à quel moment cette démarche a été entreprise ?
Ramgoolam : Nous avons entrepris cette démarche lorsque nous sommes revenus au pouvoir. Nous les avons contactés. Ils ont indiqué qu’ils conservaient les images pendant une durée limitée.
Baboolall : Dans sa réponse à la question PQ B 78, le Premier ministre a indiqué que le rapport était très critique à l’égard du médecin de la police, le Dr A.S. Peut-il informer la Chambre si des mesures disciplinaires ont été prises et, dans l’affirmative, lesquelles ?
Ramgoolam : En fait, nous avions demandé qu’une mesure disciplinaire soit envisagée, mais on m’a indiqué que nous devions attendre la fin de l’enquête.
Baboolall : La réponse est semblable à celle de l’ancien Premier ministre. Peut-il préciser les résultats des examens médico-légaux et analyses ADN qui ont été réalisés ?
Ramgoolam : Pas à ma connaissance.
Baboolall : Envisagerait-il de collaborer avec le DPP afin d’accorder une immunité à toute personne susceptible de fournir des informations crédibles permettant d’élucider le meurtre de Kistnen ?
Ramgoolam : Comme le sait le leader de l’opposition, je ne peux pas donner d’instructions au DPP. C’est à lui de prendre cette décision, et non à moi.
Baboolall : Au vu de tout ce que le Premier ministre vient de déclarer, rien n’aurait donc été découvert depuis deux ans. Ma question est la suivante : le Premier ministre peut-il garantir qu’il n’y aura aucune tentative d’étouffer cette affaire ?
Ramgoolam : You think you’re dealing with the MSM here? I’m the one who brought British experts. I have told you just now, had I not brought these British experts, nothing would have been found. Look at the judgement, the findings of the Senior Magistrate, and also the forensic expert who came on the case of Kistnen. Nothing would have been found. A lot of things have been found. You can’t say after two years nothing has been found. This is absolutely misleading. I told you, the police investigation has been sabotaged. There was deleting of material on the eve of the election. Massive deleting. So where do I… We have to find out who deleted these materials. It’s as if he’s sitting there as if it’s easy. Arrest this one, arrest this one. You have no idea what evidence means.
Dictators do that. Spying on investigative journalists. I’ve just told you, you don’t find this shocking? Not only journalists, but also family members, family lawyers. Ask yourself what purpose? Why did they have to spy on these journalists? Some of them now defending the MSM, probably don’t know they were being spied upon. The judiciary, there’s a judiciary being spied upon. What was the purpose? The purpose is very simple.
You don’t have to be an expert to know. They wanted to know what the investigations are finding out about the death of Mr. Kistnen. What evidence they possess, what are their sources, all this they wanted to know. And what are the evidence that might implicate the former Prime Minister and some senior ministers. That is what they wanted to find out. And that’s how they’re proceeding.
Baboolall : Puisque nous parlons des images de vidéosurveillance et des autres éléments de preuve, peut-il informer la Chambre s’il dispose d’informations sur l’officier responsable de l’exploitation et du commandement des caméras Safe City pendant la période concernée ?
Ramgoolam : Oui.
Baboolall : Peut-il informer la Chambre si des mesures ont été prises à l’égard du personnel responsable des caméras Safe City ?
Ramgoolam : Comme je l’ai indiqué, l’enquête se poursuit. Nous devons d’abord établir qui a détruit tous ces éléments de preuve. Pensez-vous que les personnes concernées vont reconnaître avoir agi sur des instructions extérieures ? C’est précisément ce que les experts britanniques tentent de découvrir.
Anquetil : Peut-il informer la Chambre si le Dr A.S., médecin légiste, a été jugé compétent et suffisamment qualifié pour rester au sein de la police, compte tenu des conclusions du rapport de l’enquête judiciaire, qui était très critique à son égard et recommandait une enquête sur ses compétences professionnelles ?
Ramgoolam : Une enquête est en cours. Le DPP y est associé. Je ne veux donc pas dire ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Laissons l’enquête établir les faits.
Lesjongard : Puis-je demander au Premier ministre si, concernant les investigations, notamment celles menées par l’équipe d’experts chargée des affaires anciennes non élucidées, le gouvernement dispose d’un accord formel avec Scotland Yard pour que ces personnes enquêtent sur ces dossiers, ou si elles ont été recrutées à titre privé ? Ces experts sont-ils d’anciens officiers de Scotland Yard ?
Ramgoolam : Il ne s’agit pas d’un accord direct avec Scotland Yard car nous ne pouvons pas obtenir ce type d’assistance de cette manière. Nous les avons recrutés. Ce sont d’anciens experts de Scotland Yard.
Aumeer : Le cœur d’une enquête aussi approfondie repose sur le rapport des médecins légistes. Dans cette affaire, nous avons relevé l’existence de deux conclusions contradictoires, l’une évoquant un suicide et l’autre un homicide. Puis-je demander au Premier ministre si une enquête a été menée ou si un rapport a établi sur quelles instructions le médecin légiste affecté à l’hôpital Jeetoo ce jour-là a été remplacé par un autre, de manière à aboutir à une conclusion de suicide ? Des mesures disciplinaires immédiates pourraient-elles également être prises ?
Ramgoolam : On m’a indiqué qu’il fallait mener l’enquête à son terme. C’est la réponse qui m’a été donnée et je pense qu’elle est appropriée.
Anquetil : Peut-il confirmer que les informations devaient initialement être conservées pendant une période de 60 jours et que cette durée a ensuite été réduite à 30 jours ?
Ramgoolam : Toutes les preuves ont été détruites.
Baboolall : Déposera-t-il le rapport de l’enquête judiciaire à l’Assemblée nationale ?
Ramgoolam : Vous parlez des conclusions du magistrat de district ? Je pense qu’elles sont publiques, si je ne me trompe pas.
Baboolall : Peut-il indiquer approximativement quand cette enquête pourra être conclue ?
Ramgoolam : Comment pourrais-je dire quand l’enquête sera terminée ? Je ne le peux pas.

