« Dix-huit ans après l’assassinat de ma fille, je n’ai pas encore fait le deuil. Je garde toujours l’espoir et je souhaite que les enquêteurs mettent la main un jour sur le bourreau de ma fille ».

C’est ce qu’a confié samedi après-midi à Week-End Caroline Dantier, la mère de Nadine Dantier, en apprenant qu’une nouvelle équipe du CCID a rouvert, il y a deux semaines, l’enquête sur ce meurtre. Cela, après que des traces ADN avaient été découvertes sur le corps de Nadine Dantier, étudiante tuée en 2003, à quelques mètres de l’église Notre-Dame de la Mer à Albion. « Nous avons eu recours à de nouvelles techniques pour faire avancer l’enquête. Nous avons quelques petits détails à vérifier. Il est très probable que nous allons procéder à l’arrestation d’un suspect dans les jours qui viennent », a déclaré hier après-midi une source du CCID qui suit de près l’évolution de cette enquête. Selon cette même source, un suspect, habitant dans le sud, sur qui pèsent des soupçons et qui avait été interrogé en janvier 2016, a été également soumis à des tests ADN. « Nous n’avons pas lésiné sur les moyens et nous sommes convaincus que nous sommes sur la bonne piste », a insisté notre source.

Nadine Dantier, qui avait 21 ans, était qualifiée de brillante et intelligente par ses proches qui l’ont perdue dans des circonstances dramatiques. Elle était portée disparue le mercredi 25 juin 2003 et son corps avait été retrouvé le lendemain lors d’une battue de la police sur un terrain en friche pas loin de son domicile à Albion. Cette étudiante à l’université de Maurice rentrait chez elle ce jour fatidique après son stage qu’elle effectuait à l’administration de la franchise Kentucky Fried Chicken (KFC). Elle avait été aperçue ce jour-là pour la dernière fois à 17h50 à l’arrêt d’autobus d’Albion près de l’église.

C’est sur le chemin du retour vers son domicile à l’avenue des Dauphins, Morcellement de Chazal, que Nadine Dantier a été agressée. Ne la voyant pas rentrer ce jour-là, ses proches se sont inquiétés. Sa mère avait essayé de la joindre sur son portable à plusieurs reprises. Des proches ont organisé des battues, mais sans résultat. Le lendemain, le corps de la victime avait été retrouvé sur un terrain abandonné à quelques mètres de son domicile. L’autopsie pratiquée par le Dr Abdool Khalick Mohungoo avait attribué son décès à une asphyxie par strangulation et indiqué que la jeune fille avait été agressée sexuellement.

Au cours des 15 dernières années, plusieurs personnes ont été interrogées. Un seul suspect, Marcelin Azie, avait été arrêté après avoir fait des aveux sous contrainte, avant ensuite de se rétracter. Une vingtaine de tests ADN sur différents individus se sont révélés infructueux. Mais cette fois, la police affirme être sur une piste sérieuse.