Un cortège de motos a précédé l'arrivée de sa dépouille à l'Eglise de Bel Air, samedi

C’est accompagné d’un cortège de riders et du vrombissement des motos que Loïc Annibal est arrivé au seuil de sa dernière demeure, samedi après-midi en l’église de Bel-Air. Tout un symbole pour ce passionné des deux-roues, emporté tragiquement par sa passion pour la moto dans un accident vendredi après-midi, à Trou-d’Eau-Douce. Son amie qui voyageait en croupe, selon nos dernières informations, a subi une intervention chirurgicale et se bat pour sa survie à l’hôpital.

Difficile à croire que Loïc Annibal, pourtant très prudent lorsqu’il montait à moto, et plus particulièrement lorsqu’il avait un passager, a été victime d’un accident, disent les habitants de la région. « Nous sommes amis depuis pratiquement sept ans. On s’est parlés il y a deux jours. Nous avions prévu de nous voir ce dimanche chez lui. Pas pe kapav croire ki li napli la », dit Ludovic, venu assister à lui aussi à l’enterrement de ce jeune motard. Enterrement dans une église bondée, où parents, voisins, amis sont venus lui faire leurs adieux, parmi lesquels, des motocyclistes des quatre coins de l’île, avec qui Loïc Annibal faisait souvent des rondes. « Nous faisons partie d’un groupe qui a l’habitude de faire le tour de l’île aussi souvent que nous le pouvons pour découvrir le pays, mais surtout pour apprécier notre bécane. Et Loïc adorait nos sorties », confie un de ses amis.

Depuis très jeune il faisait de la moto

La passion de ce jeune homme de 23 ans, serveur à l’hôtel Ambre, était connue de tous.

Le sourire de Loic, Annibal, 23 ans, manquera à sa famille, ses amis et ses touristes

« Très jeune, il a commencé à faire de la moto. Il en été accro. Quand il ne montait pas, il astiquait sa bécane pour qu’elle soit toujours nickel », confie Kellie, une de ses cousines, anéantie par la perte de «cet ami extraordinaire qu’il était avant tout». Pour avoir grandi ensemble avec Loïc, Kellie, qui a 22 ans, soit une année de moins que Loïc, était très proche de son cousin. «Depuis qu’il a déménagé pour habiter Bel-Air, nous nous voyions chaque semaine. Lundi dernier, j’étais avec lui», se remémore-t-elle douloureusement. Et comme à son habitude, Loïc la taquinait, dit-elle.

«On était si proches et on se comprenait si bien», ajoute-elle d’une voix à peine audible, visualisant les derniers instants passés avec son cousin parti trop tôt. Il ne restera de Loïc « que de bons souvenirs, car c’était un être extraordinaire ». Mais aussi son sourire. « Un sourire contagieux », pleure Kellie. Certes Loïc Annibal était un grand timide, mais il avait un coeur d’or. Toujours présent pour ses proches et toujours prêt à rendre service, raconte Kellie. Qualités que Christopher, un autre de ses cousins, confirme, ajoutant que « Loic ti enn zenfan trankil. Li ti conne zis so moto ». D’ailleurs, il attendait avec impatience de participer à la messe des motards mauriciens prévue le 15 novembre à Trou-d’Eau-Douce. Une messe où son absence ne passera pas inaperçue, dit une de ses amies motardes qui assistait à l’enterrement hier.

Fractrure du crâne

Loïc Annibal a succombé à une fracture du crâne. Vendredi après-midi, sur sa Suzuki EN de couleur noire, Jean-Jacques Loïc Annibal roulait en direction de Bel-Air quand l’irréparable s’est produit. À Trou-d’eau-Douce, le motocycliste a été percuté de plein fouet par un 4×4. Selon une source policière, l’impact a été d’une telle violence que le casque intégral de la victime s’est détaché. Le motocycliste et sa passagère ont été éjectés au sol. À l’arrivée des secours, le pilote était inconscient et portait de graves blessures. La passagère en croupe, quant à elle, ne parvenait pas à bouger. C’est le médecin du SAMU qui a déclaré le décès du jeune homme.

Loïc Annibal, fils unique, laisse derrière lui une grande soeur et une petite soeur, ainsi que des parents totalement dévastés par cette perte soudaine. « Pas ti attan enn nouvel pareil », disent ses proches qui ne comprennent toujours pas ce qui s’est passé. Tous s’accordent à dire que Loïc avait la tête sur les épaules et excellait dans la conduite de la moto. Il était d’ailleurs connu dans la région pour sa passion qui l’a finalement emportée. Son amie, qui l’accompagnait à moto est, selon nos informations, toujours à l’hôpital et son état de santé inspire de vives inquiétudes.