The Jazz Singer lors de sa dernière victoire avec Manuel Nunes en selle en octobre 2019. Tout comme Triple Fate Line, les deux chevaux sont suspendus de toute compétition pendant 6 mois

Les choses sont allées très vite dans le double cas de dopage de Triple Fate Line et The Jazz Singer. Après « une admission of guilt » de Ravin Raghoonundun, palefrenier de ces deux chevaux au sein de l’établissement Shyam Hurchund, au lendemain de l’éclatement de ce énième cas de doping au Champ de Mars, les Racing Stewards, qui ont ouvert une enquête hier matin pour situer les responsabilités, le couperet est aussitôt tombé : trois ans de disqualification pour Raghoonundun, un an ferme pour Ramraj Sumoruth, un palefrenier qui exerce chez Rameshwar Gujadhur et qui était de mèche dans cette affaire. Tous deux sont trouvés coupables et la sanction a été immédiate.

Tout a commencé par un prélèvement sanguin de Triple Fate Line, à partir duquel on retrouva un produit illicite (testostérone) qui entraîna le retrait du cheval et l’annulation de la 7e course de samedi dernier. Le Mauritius Turf Club, de concert avec la Gambling Regulatory Authority, ordonna dans la foulée que des échantillons d’urine et de sang soient pris sur Triple Fate Line, de même que tous les autres chevaux du yard Hurchund. C’est alors qu’on a découvert que Jazz Singer était lui positif à l’EPO (l’Erythropoïtine). Soumis à un interrogatoire serré du MTC, Ravin Raghoonundun, qui exerce comme palefrenier depuis deux ans seulement, est passé aux aveux. Il a incriminé le dénommé Ramraj Sumoruth, de même qu’un habitué du training matinal de Floréal (dont il a divulgué le nom), lesquels sont, selon lui, les principaux protagonistes de ces deux cas de dopage.

Lors de l’enquête d’hier matin, après avoir écouté les témoins dans cette affaire et considéré les preuves versées dans le dossier à charge, le RS ont infligé une lourde disqualification de trois ans à Ravin Raghoonundun. Le palefrenier Ramraj Sumoruth, qui compte 36 années de service à ce poste (mais avec un casier judiciaire vierge), écope, lui, d’une année de disqualification. Ravin Raghoonundun et Ramraj Sumoruth auront maintenant à faire face à des interrogatoires de la police dans les jours à venir. L’entraîneur Shyam Hurchund, de son côté, sera entendu dans cette affaire de dopage par les Racing Stewards mardi prochain.

Il faut savoir que ce n’est pas le premier cas de dopage à l’EPO — un produit illicite selon les Rules Of Racing — qu’on enregistre sur notre turf. On se souvient qu’en 2018, Gameloft, de l’entraînement Shirish Narang, trouvé positif à ce même produit, avait fait l’objet d’une enquête marathon qui a duré presque deux ans et qui a vu l’entraîneur concerné se voir infliger une forte amende.