Bruno Raya : « Le préposé qui m’a parlé a refusé de me donner un Written Statement, ni n’a pu me renseigner sur quand cette décision a été prise par le GM »

Ce 3 octobre, la “Baz Mistik” de Chamarel se préparait à accueillir la 4e édition de Reggae Sunsplash avec, sur scène, des grosses pointures comme Natir Samarel et OSB Crew, Ras Natty Baby, Ras Minik, Ras Zen, Matrix et Oeson. Mais, coup de théâtre, ce 1er octobre, « le ministère de la Santé m’a informé, par le biais d’un préposé, que cette institution n’allait pas nous octroyer le permis pour la tenue de l’événement », explique Bruno Raya, l’organisateur du concert. « Leurs arguments : le fait que notre concert causerait de la pollution sonore et qu’il était désormais interdit d’organiser des concerts dans les villages. »

Le promoteur est en colère : « Depuis des décennies que j’organise des concerts dans notre pays, jamais je n’ai été confronté à autant de confusions et d’imprécisions ! » Bruno Raya fulmine : « Le conseil de district et le conseil de village avaient déjà donné leur aval. Même la police est venue faire sa vérification de routine, et n’avait rien décelé… Alors pourquoi, 48 heures seulement avant l’événement, le ministère de la Santé est-il venu carrément refuser de nous donner le permis d’organiser le concert, sous prétexte que, primo, cela causerait de la pollution sonore et, secundo, qu’il est désormais interdit d’organiser des concerts dans les villages ? Je veux savoir quand cette décision a été prise et par qui ! Parce que je n’en ai pas entendu parler, ni dans la presse, ni ailleurs ! Et quand j’ai demandé au préposé un “written statement” pour appuyer ses dires, il me l’a refusé. Voilà ce que cela coûte, aujourd’hui, à Maurice, de respecter les règlements et les procédures ! »
Sur la page Facebook d’OSB Crew, ce 1er octobre, le leader du groupe et tourneur de spectacles connu dans le pays s’est lâché : « Voila ki kalite pei-la pe fonksione zordi zour… Mo anvi kone si sa bann depite dan landrwa-la zot trouv sa fason fer-la normal ? Mo anvi kone kan enn depite No 14 ti organiz so concert Rivier-Noir, li ti pass par bann procedir normal, eski li ti get lapolis ek osi minister Lasante komie linn pay li ? » Au Mauricien, Bruno Raya argue que « nous sommes restés tout le temps indépendants et sans attaches politiques », poursuivant : « Ce qui se passe, c’est une tentative claire et ouverte d’asservir les artistes à la cause politique. Et moi, je refuse totalement cela ! Sertin politisien anvi ki nou vinn otaz de lapolitik. Sa ve dir tou ti zafer bizin pass par zot pou ki apre to blize dir gras a li ki tonn resi fer se ou sela, e apre li pou call twa pou ki to all travay pou li. Sa na pa li ! »
Dans le même souffle, l’artiste appelle à la mobilisation des artistes : « Que les autorités nous disent où nous avons le droit d’organiser des concerts ! Qu’ils publient une liste des endroits ! » Bruno Raya soutient : « Nous, artistes, nous ne sommes la propriété de personne. Nous avons notre liberté d’expression, et les politiques doivent comprendre une fois pour toutes que nous ne sommes pas à vendre ! Moi, je n’ai pas peur, et je continuerais à dénoncer ces injustices. »
Revenant sur Reggae Sunsplash, il retient : « De tout temps, nous avons organisé des concerts à la Baz Mistik de Chamarel. Comment peut-on venir nous parler de tapage ou de pollution sonore ? Ce terrain où nous devions jouer est immense, et les seuls “voisins” sont les membres de Natir Samarel ! Eux-mêmes devraient être sur scène et ils se seraient plaints de bruits et d’être incommodés ? C’est insensé ! »