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Le virus circule toujours activement dans la communauté. La liste des établissements scolaires touchés par la COVID-19 ne cesse de s’allonger. Au grand dam des parents d’élèves chez qui l’inquiétude continue de gagner du terrain face à une situation jugée « hors de contrôle ».

La fille de Stéphanie Rioux est en Grade 9 dans une institution secondaire de la Capitale. En début de semaine, un cas positif au Covid-19 y a été détecté. Après presque une semaine de fermeture pour décontaminer les lieux, l’institution a ouvert ses portes en fin de semaine.

“Mais hors de question d’y envoyer mon enfant maintenant.  Depuis cet incident, elle stresse beaucoup. Au bout d’une semaine uniquement, nous ne pouvons pas être certain qu’elle ou d’autres collégiens ne sont pas infectés. J’ai vraiment très peur”, lance la mère de famille. Depuis la reprise début juillet, d’autres ont tout bonnement décidé de ne pas envoyer leurs enfants à l’école. Fabiola Lamoureux, maman d’Ayron, 3 ans, et d’Ethan, 6 ans, en fait partie. Son cadet devait entamer sa première année de maternelle. Consciente que c’est une étape importante à sa préparation pour la primaire, cette dernière estime toutefois que le nombre de cas de Covid-19 dans la communauté est trop important pour prendre des risques. “D’autant plus que mon fils voyage dans le van scolaire où la distanciation sociale entre les enfants est inexistante. A l’école, est-ce que le personnel peut réellement empêcher qu’il y ait des contacts avec d’autres enfant ? C’est une situation hors de contrôle!”

La peur au ventre

La Covid-19 en milieu scolaire inquiète les parents. Sarita, enseignante au Mauritius College, se ronge les ongles. Un de ses collègues a été testé positif la semaine dernière. Depuis, l’établissement secondaire de Curepipe a fermé ses portes. La mère de famille, qui est en auto-isolement, a décidé à son tour de ne pas envoyer ses deux enfants à l’école. De chez elle, où se poursuit les classes en ligne avec ses élèves, le stress est à son maximum. “J’ai peur d’avoir contracté ce virus mais aussi de l’avoir transmis à mes enfants. Personnellement, je trouve inadmissible que les classes aient repris étant donné le contexte sanitaire instable”. Un avis que partage Fabiola Lamoureux. Contrairement à Ayron, son fils ainé a repris les classes.  Mais c’est la peur au ventre qu’elle va le déposer chaque jour. “Il me pose beaucoup de questions et s’inquiète d’attraper ce virus”

Fort taux d’absentéisme

Du côté des enseignants, le moral n’est pas non plus au beau fixe. Déjà que le « New Normal » était compliqué avec une année scolaire bousculée et la nécessité de s’adapter à des classes virtuelles. Désormais vient s’ajouter le stress de gérer un fort pourcentage d’absentéisme. Ces derniers disent se retrouver dans une impasse car ils doivent “malgré tout honorer le programme tout en veillant à respecter un certain pourcentage de réussite même si beaucoup d’élèves ne sont pas présents en classe”, souligne Hurmila Routho, enseignante au DAV College. De rajouter que dans une classe de Grade 9 avec 22 élèves, “uniquement 10 sont présents”. Christian Sandian, président de la PTA de l’école Notre Dame de La Visitation, à Vacoas, indique pour sa part que rien que la semaine dernière, 25% des élèves étaient absents. “C’est inquiétant, car il ne faut pas oublier que la rentrée scolaire est sur une base progressive et les enfants ont des classes que deux à trois fois la semaine”. Pour essayer de ne laisser personne sur la touche, Hurmila Routho s’arrange pour envoyer les notes et les sujets expliqués en classes aux absents.  De rajouter qu’on “ne peut blâmer les parents de ne pas envoyer leurs enfants à l’école.C’est pour leur sécurité”. L’enseignante du Curepipe College précise pour sa part que “vacciné ou pas, ça ne change rien. On peut toujours attraper la Covid-19”.

Un avis que partage Stéphanie Rioux précisant que l’enseignante infectée au collège de sa fille “avait fait ses deux doses de vaccin”. Stéphanie Rioux explique ne pas blâmer l’école pour le cas positif mais plutôt le ministère de l’Éducation. L’école ne fait que suivre les instructions. “Mais il y a tout de même des petites failles dans le protocole sanitaire”.

“Il ne faut pas jouer avec la vie des enfants”

Du côté du ministère de l’Éducation, la question de fermer les écoles n’est pas envisageable. En attendant, la grogne enfle parmi les parents, les enseignants et les élèves. Et ils sont nombreux à déverser leurs colères et frustrations sur les réseaux sociaux et autres plateformes. En tant qu’enseignante et parent, Sarita est d’avis que la solution pour stabiliser la situation est d’aller vers un lockdown total et de continuer les classes en ligne. Avis que partage Fabiola Lamoureux et Stéphanie Rioux. Cette dernière souligne “Il ne faut pas jouer avec la vie des enfants”.

Hurmila Routho tient cependant à faire ressortir que dans les deux cas, que les classes se fassent à l’école ou en ligne, il y aura toujours des enfants qui seront désavantagés. “ Beaucoup viennent de familles modestes et ne disposent guère des outils technologiques pour suivre les classes en ligne’.  En attendant de trouver une solution à cette impasse, les inquiétudes persistent.