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Duty free à partir du 1er juillet : L’impact sur les ventes des voitures hybrides et électriques sera “delayed”

Les difficultés d’approvisionnement dues à la guerre en Ukraine, l’appréciation des devises étrangères face à la roupie, la hausse du fret… autant de facteurs qui freinent les ventes

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Avec les augmentations répétées du prix des carburants, les Mauriciens opteront-ils davantage pour l’achat de véhicules hybrides et électriques ? C’est en tout cas une option présentée dans le budget à travers de nouvelles mesures sur les voitures hybrides et électriques, qui seront accessibles duty free, à partir du 1er juillet. De même, les propriétaires de véhicules électriques bénéficieront d’un Negative Excise Duty Scheme de 10%. Est-ce que cela boostera ce secteur économique ? Les avis des professionnels sont mitigés. Cela dû au fait que si les Mauriciens sont “friands” de tout ce qui s’appelle duty free, la situation sur le marché est difficile, avec actuellement des difficultés d’approvisionnement, notamment avec la guerre en Ukraine.  D’où l’avis que l’impact sur les ventes de voitures hybrides et électriques sera delayed.

À partir du 1er juillet, le marché de l’automobile, qui est en “lente reprise” depuis le début de l’année avec 2 284 voitures neuves (60,5%) et 1 486 importées (39,5%) enregistrées au premier trimestre, devrait connaître une certaine accélération. Du moins, c’est ce qu’espèrent les professionnels du secteur, qui concèdent que la demande est là, qu’il s’agisse du neuf (60,5%) ou du seconde main (39,5%), selon les chiffres à fin mars. Sauf que les ventes sont lentes en raison des difficultés d’approvisionnement sur le marché. En outre, le rebate on duty, qui avait été introduit dans le budget 2020-21 et reconduit en 2021-22 avec des rabais sur les droits de douane et d’accise, dans une proportion de 30 à 40%, continuent à influencer l’achat des voitures, même si l’effet combiné du fret qui a augmenté et la dévaluation de la roupie demeurent un frein à l’achat et vente de voitures neuves.

Ainsi, dans l’ensemble, l’annonce du ministre des Finances, mardi dernier, lors du discours budgétaire à l’effet que les voitures hybrides et électriques seront accessibles à partir du 1er juillet duty free est positivement accueillie dans le secteur. Les professionnels du domaine y voient là une tentative du gouvernement de créer une île Maurice plus verte et meilleure pour les générations futures et estiment que sur le long terme, ce sera le pays qui sera gagnant avec un impact sur l’environnement avec moins de voitures polluantes sur les routes de Maurice. Depuis 2016 en effet, les Mauriciens ont commencé à être convaincus de l’utilité environnementale de ce type de véhicule qui pèse aussi favorablement sur la facture de l’essence, même si le coût de sa batterie demeure relativement élevé. En effet, c’est en 2016 que le nombre d’hybrides avait crevé la barre des 1 000 avec
1 352 véhicules. Ce qui représentait à 97% des véhicules importés, contre 588 l’année précédente, avec une progression de +129%. À partir de là, la croissance, quoique le taux ait ralenti (+59% avec 2 641 véhicules en 2017, + 35% avec 3 586 véhicules en 2018 et +5% avec 3 770 véhicules en 2019), a été continue jusqu’à l’arrivée du Covid.

« Morisien kouma li tann duty free, li pou rod aste »

Les professionnels du domaine rappellent cependant que ces types de véhicules ont toujours été sujets à des réductions de droits d’accise en comparaison aux autres véhicules thermiques. D’où la prudence affichée quant à un boost rapide s’agissant des ventes à partir du 1er juillet. La Motor Vehicles Dealers Association (MVDA) fait ainsi ressortir qu’il est difficile de faire des prévisions, le contexte actuel étant imprévisible. Certes, les ventes pour le mois de mai ont progressé, mais l’approvisionnement pour les véhicules, même thermiques, devient de plus en plus difficile en raison de la guerre en Ukraine, notamment pour les voitures électriques dont les pièces sont produites en Ukraine, fait-on comprendre. Ce qui rejoint également les propos de Zaid Ameer, de la Dealers in Motors Vehicles Association (DIVA), qui estime qu’il est difficile de dire si les ventes reprendront rapidement avec les dernières mesures budgétaires, le secteur étant touché par de nombreuses difficultés, dont l’appréciation des devises étrangères, mais aussi la difficulté d’approvisionnement, sans compter la hausse du coût du fret…

“Nous faisons des ventes certes, mais ce sont des véhicules de l’ancien stock. Avec la dépréciation de la roupie et la hausse de fret, couplées à la guerre en Ukraine, pays pourvoyeur des pièces pour les véhicules électriques et hybrides, il est difficile de faire des perspectives l’immédiat”, dit le président de la DIVA. Il est possible que ces mesures soient “non-effective”. Notamment en ce qui concerne les voitures électriques qui coûtent relativement très cher. “Dans le contexte actuel, est-ce que les Mauriciens voudront investir dans une voiture électrique qui coûte des millions alors qu’il y a d’autres priorités ?” se demande-t-il. Reste que la tendance veut que “Morisien, kouma li tann duty free, li pou rod aste”, relèvent les professionnels du secteur, qui observent également qu’il y a depuis quelque temps une remontée des ventes de voitures hybrides et électriques.

D’ailleurs, si la vente de véhicules hybrides a connu un recul de croissance pendant les années Covid (-12% en 2020 et -3,7% en 2021), le marché semble reprendre du poil de la bête au premier trimestre 2022. D’autant que sur les chiffres du premier trimestre, il est démontré que la part relative entre véhicules hybrides neufs et importés est en train d’évoluer, soit si sur les dix dernières années les véhicules hybrides neufs ne représentaient que 9,5% de la totalité, pour le premier trimestre 2022, le pourcentage est monté à 27,8% pour 222 véhicules, contre les 574 importés. Il  ressort également qu’en dépit de la cherté du prix de ces véhicules, il y a une montée en puissance de l’enregistrement des véhicules électriques, qui est passé de trois en 2012 à 244 en 2021, et 85 déjà pour les trois premiers mois de l’année. Avec le Negative Excise Duty Scheme de 10% — quelque Rs 200 000 dont bénéficieront les propriétaires de véhicules électriques —, il faudrait prévoir une évolution positive de ce marché, qui représente  seulement 0,9% de l’ensemble des véhicules à Maurice, mais qui est tout de même passé de 22 à 244 ces cinq dernières années, soit une progression de 90%.

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