Le commissaire des prisons concède dans un affidavit qu’il court le risque de «face a provisional charge lodged against me and even be suspended from my official duty»

L’ex-commissaire de police Karl Mario Nobin, qui a tenté un coup de poker avec une demande d’injonction contre son interrogatoire under warning, jeudi dernier, par la Central CID dans l’affaire du passeport du trafiquant de drogue Mike Brasse, revoit actuellement ses cartes. Avec la nouvelle convocation formelle pour mercredi en vue de répondre à une trentaine de questions sous deux chefs d’accusation, l’actuel commissaire des prisons devra évaluer, de concert avec ses conseils légaux, Me Narghis Bundhun, Senior Counsel, et Me Ferozia Moolna, Senior Attorney, ses chances d’un recours en Judicial Review contre le rejet par la juge Jane Lau Yuk Poon, siégeant en référé, de sa demande, jeudi dernier, pour une injonction contre la police.

D’aucuns affirment que l’ancien commissaire de police, qui n’a pas encore évacué les Police Quarters de la route Royale à Gentilly, en dépit de son départ de la force policière depuis bientôt six mois, et des règlements en cours pour l’occupation des Police Quarters au départ à la retraite aurait dû savoir que la Judge’s Rule No 1 autorise la police à interroger toute personne dans le cadre d’une enquête. Toutefois, la principale crainte du principal concerné est étalée en long et en large dans l’affidavit juré, jeudi matin, pour réclamer cette injonction contre la Central CID menée par le Deputy Commissioner of Police Contractuel, Heman Jangi.

«I aver that allowing my interrogation to proceed will cause irreparable damages to me in as much as I may be arrested and face a provisional charge lodged against me. I may even be suspended from my duty as commissioner of prison», concède Karl Mario Nobin, qui ajoute que la décision du commissaire de police de le convoquer pour un interrogatoire est «wrong, unlawful, illegal, irrational, tainted with bad faith and constitute an abuse of process».

L’ancien commissaire de police s’appuie sur le fait que les faits qui lui sont reprochés remontent à l’époque où il assumait les fonctions de commissaire de police, soit un poste constitutionnel sous la Section 71 de la Constitution, et que de ce fait, ces fonctions administratives ne peuvent faire l’objet d’une enquête criminelle ou encore constituer un délit. «Such acts if proved during my tenure of office, and which I strongly deny, could and/or only have been/be referred to the President of the Republic for any disciplinary action that he may have deemed fit to take», dit-il.

Sur le fond de l’affaire, notamment les procédures pour l’octroi en urgence d’un nouveau passeport à Mike Brasse, appréhendé pour trafic de drogue à La Réunion, Mario Nobin déplore aussi le fait que jusqu’à présent, la police n’a consigné aucune déposition contre le principal concerné, à savoir Mike Brasse. Il ajoute qu’il n’aurait pas pu influencer le Passport Officer Boodram, car ce dernier travaille sous l’égide du Prime Minister’s Office, et non du commissaire de police. «The Passport Officer, though being a person from the Police force does not act according to instructions from the commissioner of police in the exercise of his duty as Passport Officer», a-t-il dit en guise d’argument dans sa tentative d’arracher une injonction de la Cour suprême.