CTSP (Photo d'archives)

Hyvec Partners Ltd poursuit Reaz Chuttoo et la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) pour un montant de Rs 25 millions de dommages. Elle les accuse en effet d’avoir « véhiculé de fausses informations » par rapport au nombre de travailleurs bangladeshis qui se trouvaient dans l’autobus lors de l’accident mortel survenu le 5 novembre dernier à Pailles, et pour avoir dit que les ouvriers bangladeshis « travaillent 7/7 jours » et n’ont pas droit au remboursement de leur contribution au plan national de pension.

Rencontrant la presse hier, le président de la CTSP, Reaz Chuttoo, a affirmé qu’il n’a fait que relever les informations provenant des travailleurs, et qu’il a en sa possession des enregistrements prouvant ce qu’ils avancent. Pour lui, « c’est une tactique de la part de la direction » afin qu’ils « cessent de critiquer » la compagnie. Il demande ainsi à Hyvec Partners Ltd de le poursuivre pour la somme de Re 1 afin que l’affaire soit entendue « au plus vite ».

Le président du syndicat devait par ailleurs souligner qu’il est « du devoir de la CTSP de défendre les travailleurs » de Hyvec Partners Ltd, d’autant plus, dit-il, qu’un de ses affiliés les représente. Faisant le récit des événements, il devait souligner s’être rendu à l’hôpital pour rencontrer les Bangladeshis blessés dans l’accident, et dont il dit avoir enregistré les témoignages. « Tout ce j’ai dit relève des témoignages des travailleurs. Je ne comprends pas pourquoi ladite compagnie a choisi seulement la CTSP pour loger des dommages de l’ordre de Rs 25 millions », a-t-il ajouté.

« Est-ce que, maintenant, un syndicat doit avoir l’aval du patron d’une entreprise pour faire une déclaration à la presse ? » s’est-il aussi demandé. « Cette conférence de presse se tient à un moment hautement symbolique, soit à l’occasion de la Journée internationale des droits humains. » Et le syndicaliste de lancer un appel aux travailleurs de Hyvec Partners Ltd pour lui fournir toute information susceptible de renforcer sa défense en Cour.

De son côté, la secrétaire générale de la CTSP, Jane Raggoo, affirme que la CTSP « continuera de défendre les travailleurs », rappelant au passage que la confédération a pris « au moins dix ans » pour militer en faveur des nouvelles lois du travail. « Il est inacceptable que Business Mauritius vienne maintenant de l’avant pour contester les dispositions de ces deux lois en Cour suprême. Les patrons des entreprises ne veulent pas de lois en faveur des travailleurs de ce pays », a-t-elle encore souligné. Avant de conclure : « Pa kestion ki nou perdi sa ki nou finn gagne akoz Biznes Mauritius pe plore ! »