Le ministre de l’Agro-Industrie Maneesh Gobin ne s’est pas présenté à la première audience du mercredi 17 février dans le cadre de l’injonction déposée par Linley Moothien, président de l’association Quatre Tilapat en Cour suprême. Le ministre qui devait fournir des explications sur les cas de maltraitance des animaux à la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW), les pratiques de l’euthanasie ainsi que sur le transfert d’un officier suite aux dénonciations de celui-ci, a été de nouveau convoqué par la juge Johan Moutou-Leckning pour le 2 mars. Les responsables de cette entité chargée du bien-être des animaux sont également sommés de comparaître.

Les responsables de la MSAW et le ministre Maneesh Gobin ne se sont pas présentés au tribunal mercredi. Ils étaient représentés par leurs avocats. Leur raison était qu’ils n’ont pas à fournir des explications au public quant aux actions prises au sein de la MSAW. Mais la juge Johan Moutou-Leckning en a décidé autrement et a émis l’ordre à ces derniers de se présenter en cour le 2 mars prochain, jugeant l’affaire comme un “serious matter”, se basant sur les éléments contenus dans l’affidavit, tout en faisant un jeu de mots en disant que dans le cas contraire, ce sera l’Etat qui sera “à quatre pattes”. Pour rappel, toute personne qui ne respecte pas une ordonnance d’injonction est poursuivie pour outrage à la cour.

Par ailleurs, plusieurs représentants d’ONG, activistes et rescuers étaient présents mercredi au tribunal pour soutenir Linley Moothien. Parmi eux, Rubina Jhuboo de Animal Welfare Coalition. La secrétaire de cette coalition a déclaré que des organisations internationales du bien-être animal ont pris contact avec le mouvement afin de les assister pour résoudre le problème des chiens errants à Maurice. «L’international Animal Welfare Protection Coalition(IAWPC) offre son soutien à travers une organisation internationale de vétérinaires pour lancer un programme de stérilisation. Un autre organisme, Voice of Stray Dogs of India, propose, quant à elle, d’offrir son aide pour la mise en place d’un sanctuaire animal», dit-elle.

MSAW décriée dans le Daily Mail, par Fondation Brigitte Bardot et The Citizen

l Les instances internationales commencent à boycotter l’île Maurice

Après le Daily Mail, c’est au tour de la Fondation Brigitte Bardot de réagir aux récentes photos montrant les chiens de la MSAW laissés affamés et s’entredévorant. Sur le post intitulé “Bienvenue au paradis de la corruption et de l’horreur”, qu’elle a publié le mardi 16 février sur Twitter, Instagram, Facebook et sur son site, la Fondation Brigitte Bardot écrit: «C’est un cri de révolte que nous lançons de nouveau à ce gouvernement irresponsable et à l’association MSAW, qui est indigne de représenter la protection animale.» En 2015, Brigitte Bardot avait envoyé une lettre au Premier ministre pour attirer son attention sur les tueries et pour que le gouvernement mène des campagnes de stérilisations.

Ces images ont aussi fait l’objet de commentaires, deux jours plus tard, par The Citizen. Dans un article qui a pour titre “NSPCA helps uncover horrendous animal abuse in Mauritius”, on peut lire que les incidents répétés de cruauté envers les animaux à Maurice ont incité le National Council of SPCAs (NSPCA) à décourager les Sud-Africains de visiter l’île. L’article publié dans the Citizen.co.za décrit les images reçues par le Conseil national de SPCA comme suit: «Emaciated dogs eating rotting remains of other dogs, as well as tearing apart weaker dogs which were in process of dying of alleged starvation, and eating them alive in order to try and sustain themselves under MSAW’s possession.» Plus loin, Keshvi Nair, public relations manager de la NSPCA, déplore: «We do not blame the people of Mauritius, however, we express our disappointment in how there clearly appears to be very little consideration given to animal welfare by the Mauritius Government who would, otherwise, with the authority and power they have, actually be able to make a difference for their people when it comes to the issue of animal welfare — if they truly cared.»