La Réunion: un homme jugé pour trois assassinats et huit tentatives lors d’un périple meurtrier

Un homme accusé d’avoir tué trois personnes et tenté d’en assassiner huit autres lors d’un périple meurtrier en octobre 2023 à La Possession, dans l’ouest de La Réunion, est jugé à partir de lundi devant la cour d’assises de l’île de l’océan Indien.
Abraham Bomela, 38 ans à l’époque des faits, est poursuivi pour les meurtres de sa mère, de sa petite cousine âgée de cinq ans et d’un agent d’entretien d’une agence bancaire. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.La journée du 28 octobre 2023 avait semé la terreur dans cette commune d’environ 35.000 habitants. Selon l’enquête, Abraham Bomela avait d’abord poignardé sa mère au domicile familial, puis mortellement agressé la fillette présente sur les lieux.

Au volant de son véhicule, il avait ensuite foncé dans les rues, percutant sur son passage un joggeur, un conducteur de scooter, un motard, ainsi que des clients d’un supermarché en train de ranger leurs courses, allant jusqu’à rouler sur l’un d’eux.

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Face à l’ampleur de la situation, près de 70 militaires avaient été mobilisés, dont 25 gendarmes du GIGN. L’homme s’était finalement retranché dans une agence bancaire du centre-ville, où il avait poignardé un agent d’entretien qui avait succombé durant son transport à l’hôpital.

– Résistance violente –

L’intervention des forces de l’ordre s’était avérée délicate. Selon la gendarmerie, Abraham Bomela avait « préparé son terrain » en disposant des obstacles pour ralentir la progression des militaires.

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Lors de l’intervention, il avait grièvement blessé à la jambe un gendarme du GIGN à l’arme blanche, avant d’être lui-même blessé et maîtrisé.

En garde à vue, l’homme avait livré un récit précis et glaçant des faits, détaillant les coups portés et les intentions qui l’avaient animé, selon une source proche du dossier.

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Son attitude détachée et l’absence apparente de remords avaient marqué les magistrats. Il avait expliqué avoir agi dans le but de tuer l’ensemble des victimes recensées, selon la gendarmerie.

L’accusé, au casier judiciaire vierge, n’était connu ni pour des faits de radicalisation, ni dans aucun fichage particulier. Il avait toutefois reconnu avoir suivi dans sa jeunesse un traitement contre la schizophrénie.

Plusieurs expertises psychiatriques ont été ordonnées durant l’instruction pour évaluer son état mental au moment des faits. La question de son discernement, aboli ou simplement altéré au moment du passage à l’acte, sera au cœur des débats.

Au-delà de la personnalité de l’accusé, les audiences devraient revenir en détail sur la chronologie d’une journée de violence exceptionnelle, marquée par une succession rapide d’attaques ayant semé la panique dans cette commune habituellement paisible.

Le drame avait profondément choqué la population réunionnaise. La dernière tuerie d’ampleur comparable sur l’île remonte à novembre 1994, lorsqu’un homme avait tué huit personnes, dont plusieurs enfants, avant de se donner la mort.

Le procès doit se tenir toute la semaine devant la cour d’assises de La Réunion. Le verdict est attendu vendredi.

mah/tbm/cal/abl

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