Michelle Anita Nguefack Epse-Ropa (35 ans), accusée du meurtre de son époux Rafal Tomasz Ropa (51 ans), a donné sa version des faits mercredi, assisté de l’avocat Zakir Mohamed. Elle a déclaré avoir poussé la victime dans les escaliers dans une tentative de se défendre. « Mon époux a menacé de me tuer », a-t-elle expliqué à la Criminal Investigation Division (CID) de Goodlands.

La Camerounaise Michelle Anita Nguefack Epse-Ropa indique qu’elle est mariée au Polonais depuis une dizaine d’années et ils ont deux filles âgées de neuf et deux ans. Le défunt est directeur d’une compagnie d’investissement à Maurice. L’épouse le décrit comme quelqu’un de violent, surtout lorsqu’il consomme de l’alcool.

Elle est donc revenue sur la nuit fatidique de lundi à mardi. Son époux aurait bu du vin et aurait ingurgité des pilules aphrodisiaques dans le même temps et lui a proposé d’avoir des rapports sexuels aux petites heures mardi matin. Selon la suspecte, le quinquagénaire était intéressé par des séances de « dévergondage sexuel ». Mais elle n’était pas partante. Elle s’est embrouillée avec Rafal Tomasz Ropa et devait quitter la chambre pour aller dormir dans une autre pièce. Sauf que la victime l’a suivie et ils se sont disputés de nouveau. La suspecte a poussé son mari une première fois dans les escaliers à l’intérieur. « Sa tête s’est cognée contre une fenêtre. Il s’est blessé à l’œil. Il est devenu très agressif », explique-t-elle aux enquêteurs. Elle a déclaré que le Polonais l’a giflé à plusieurs reprises et il l’a violemment tiré par les mains pour essayer de l’emmener de force dans la chambre, tout en menaçant de la tuer, à ses dires. Anita Epse-Ropa a poussé une nouvelle fois la victime dans les escaliers, mais avec une force redoublée. « J’ai tenté de me défendre », avance-t-elle.

Comme son époux ne bougeait pas après cela, elle a appelé la nourrice, une habitante de Grand-Gaube âgée de 48 ans. C’est cette dernière qui a alerté la police. Une équipe menée par le sergent Bholah est arrivée au Mystic and Resort Villa où elle a découvert le Polonais nu au sol. Ses parties intimes étaient recouvertes d’une serviette tachée de sang. Le Samu est arrivé peu après et un médecin a confirmé le décès.

Le corps du Polonais a été transporté à la morgue de l’hôpital Jeetoo où l’autopsie pratiquée par le Dr Prem Chamane a attribué le décès à une fracture du crâne.

Michelle Epse-Ropa a été conduite au tribunal de Rivière du Rempart mardi où une accusation provisoire de meurtre a été logée contre elle. La police a objecté à sa remise en liberté conditionnelle et elle demeure en détention jusqu’au 4 mai, date de sa prochaine comparution en justice. Comme elle s’est plaint de douleurs et de coups reçus de son époux, la suspecte a été hospitalisée au SSRNH et une sentinelle reste postée dans sa chambre. Néanmoins, elle dit être en mesure de donner sa version mercredi matin. De son côté, la Child Development Unit (CDU) a pris en charge ses enfants temporairement. Les mineurs pourraient être remis à des proches de Rafal Tomasz-Ropa qui résident à Maurice. Les Casernes centrales ont aussi alerté le consulat de Pologne à Maurice sur ce cas. L’enquête est menée par l’équipe de l’inspecteur Gungah, assisté du sub-inspector Ramasawmy.