Yassin Meetoo autorisé à voir son nouveau-né lors de l’exercice de reconstitution hier

La Major Crime Investigation Team (MCIT) est en possession des “itemised bills” concernant les appels effectués par certains suspects entre le 19 et 20 janvier. Grâce aux antennes de relais, les enquêteurs ont aussi pu déterminer à quel endroit ces communications ont été faites. Dans le cas de Yassin Meetoo, la police a capté ses appels dans la région d’Ébène et de Rose-Hill, dans la journée du 20 janvier.
Cet entrepreneur a confirmé qu’il se trouvait bien dans son van de livraison et qu’il devait rencontrer des clients dans ces régions. Il a ainsi fait le tour entre ces deux endroits, car un de ses clients, auquel il devait livrer des bois pour l’installation d’un podium, ne se trouvait pas chez lui. Raison pour laquelle, dit-il, les caméras de Safe City ont noté des allers-retours de son van dans la journée.

Néanmoins, Yassin Meetoo a nié s’être rendu à Beau-Bassin. « Zot gagn mo Call dan Ebenn, pa Bo-Basin », a-t-il lancé à la MCIT. Alors que, pour son frère Belal, la police a noté que des appels ont été effectués à Port-Louis. En ce qui concerne les cousins Sadullah, la MCIT est en présence des communications effectuées par Mooltazam Sadullah. La veille, les enquêteurs ont noté des appels effectués depuis Vallée-Pitot, le centre de Port-Louis et Beau-Bassin. Mooltazam Sadullah a confirmé s’être rendu à Beau-Bassin pour supposément rencontrer ses proches. Sauf que son cousin Anas Sadullah a expliqué à la MCIT que ses trois cousins Mooltazam, Saif et Mursalaf et lui se trouvaient dans un van la veille de la fusillade et qu’ils avaient rencontré deux hommes à moto. Au cours de la conversation, ils auraient déclaré, « bizin desann Manan Toro ». La police est en attente des “itemised bills” des autres suspects.

Par ailleurs, Mooltazam Sadullah a participé à un exercice de reconstitution des faits hier, à Vallée-Pitot, où il a montré aux enquêteurs où il réside. C’est à cet endroit que ses cousins sont venus le chercher en van, le 19 janvier, et ils se sont arrêtés à la rue Desforges pour rencontrer un ami, avant de mettre le cap sur Beau-Bassin. Cet exercice s’est déroulé sous forte escorte policière. Profitant de l’occasion, la police a embarqué Yassin Meetoo avec eux hier, où il a pu voir son nouveau-né à Vallée-Pitot. Par la suite, il a été conduit en détention. Tous les suspects sont attendus demain au tribunal de Rose-Hill, où certains avocats ont l’intention de présenter une motion pour demander que les charges provisoires contre leurs clients soient rayées.

 

Une bande qui risque de faire du bruit

Certains avocats, qui défendent leurs clients dans l’affaire Fakoo, disent être en possession d’une bande sonore faisant état d’une conversation alléguée entre un policier de la CID de Beau-Bassin et Saif Sadullah, un des suspects arrêtés dans cette affaire. Le policier aurait supposément tenté d’influencer le suspect, en soutenant qu’il risquait 30 ans de prison si son cousin Mooltazam Sadullah décide de l’incriminer dans sa version.
Il aurait alors exhorté Saif Sadullah à balancer son cousin. Du côté de la police, on avance qu’aucune plainte n’a été enregistrée sur l’existence de cette bande alléguée. « C’est la MCIT qui se charge des interrogatoires alors que la CID de Beau-Bassin donne un coup de main sur le terrain », avance une source aux Casernes centrales. Cette bande n’a pas été versée au dossier, alors que les différents avocats se concertent sur la marche à suivre. À noter que Mooltazam Sadullah a retenu les services de Me Nabiil Shamtally, alors que Saif Sadullah est défendu par Me Shahzad Mungroo.

Un enquêteur de la MCIT convoqué en cour de Rose-Hill

La cour de Rose-Hill a convoqué un enquêteur de la Major Crime Investigation Team (MCIT) ce matin à la suite d’une demande de l’avocat Yash Bhadain, qui affirme n’avoir pu rencontrer son client, Anas Sadullah (18 ans), malgré plusieurs tentatives pour un “private encounter” depuis samedi. Il a d’ailleurs fait deux dépositions aux Casernes centrales et Vacoas, dans lesquelles il explique que la MCIT a refusé qu’il s’entretienne avec le jeune homme. Le suspect sera aussi présent en cour aujourd’hui, où il devra confirmer s’il a fait des aveux de son plein gré ou s’il a subi quelconque pression lors de son interrogatoire jeudi.