• Aucune trace dans le Diary Book des Rs 9,5 M saisies dans une agence de voyages

L’Independent Commission against Corruption (ICAC) a initié une enquête sur l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) qui avait fait une perquisition dans une agence de voyages à Port-Louis le mois dernier où une somme d’environ Rs 9,5 M avait été saisie. Or, il s’avère qu’aucune entrée n’a été faite concernent cet item. Selon nos renseignements, la responsable de cette agence de voyages se dit victime de « harcèlement » d’une équipe dirigée par une Woman Police Inspector (WPI), basée aux Casernes centrales.

Dans sa plainte au Réduit Triangle, elle déclare que « ces policiers » ne cessent systématiquement de cibler son agence, en dépit qu’elle leur ait fait comprendre que l’argent provient de son business. En plus, elle organise des “group tours” dans plusieurs pays et garde l’argent des clients des semaines avant leur voyage, qui comprend le coût des billets d’avion et divers autres services. Étant donné la propagation de la Covid-19, les voyages ont été annulés, et donc, une grosse somme d’argent est restée dans son agence. Et d’ajouter qu’elle est en possession des reçus qu’elle a tirés pour les clients.

Or, il y a deux semaines, cinq éléments de l’ADSU ont fait une fouille dans son agence pour prendre Rs 9,5 M. Selon la plaignante, elle a tenté de leur expliquer la provenance de la somme mais les policiers lui auraient fait comprendre qu’elle n’avait pas le droit de garder autant d’argent dans son agence et qu’elle risquait une inculpation pour blanchiment d’argent. La plaignante dit qu’elle s’est rendue aux Casernes centrales après cette opération où elle s’est entretenue avec un surintendant de police pour lui faire état des agissements de cette WPI et ses collègues. Le haut gradé lui a alors indiqué qu’il n’y a aucune entrée sur cette opération ou sur les pièces à conviction saisies. La responsable s’est tournée vers l’ICAC pour faire la lumière sur cette équipe de l’ADSU.

Quelques jours plus tard, elle n’a reçu qu’une partie de son argent. L’ICAC s’est immédiatement mise au travail en se rendant dans cette agence pour un constat. Les enquêteurs ont visionné les images de ses caméras de surveillance ainsi que des appareils d’un commerce d’à côté qui confirment la présence des éléments de l’ADSU à la date mentionnée par la plaignante dans sa déposition. La WPI et son équipe seront bientôt convoquées au Réduit Triangle pour des explications. Un examen de leurs comptes bancaires et de leurs biens ne sont pas à écarter à mesure que l’enquête progresse.

Cette nouvelle affaire embarrasse un peu plus l’ADSU qui fait déjà l’objet d’une autre enquête de la commission anti-corruption par rapport à la distribution de “reward money”. Cela fait suite à un Disclosure Order émis par la juge Jane Lau Yuk Poon. L’équipe de Navin Beekarry est en présence de renseignements que des informateurs de l’ADSU auraient reçu une bien moindre somme d’argent que celle décaissée par le Police Headquarter pour les payer. Plusieurs cas sont concernés dont les 119 kg d’héroïne saisis au port dans l’affaire Kistnah.