Souvenirs de la naissance des triplés en mai 1988.

La traditionnelle Fête des Mères est triplement importante et symbolique pour Brinda Ponen. En effet, il y a 33 ans, soit le 5 mai 1988, elle donnait naissance à Biovana, Biovani et Biovane, des triplés ! Également maman de Vanessa, née en 1982, cette infirmière de carrière — 38 ans au compteur ! — qui a connu un parcours semé « non seulement d’excellents moments, mais aussi d’embûches », dit être une maman comblée : « Je vis pour mes bébés… qui ont bien grandi, certainement, et qui me comblent de bonheur grâce à leur immense amour… » Rencontre.

Brinda Ponen est une battante qui n’a peur de rien et qui affiche, face aux adversités de la vie, un sourire contagieux et irrésistible. Petite bonne femme à l’allure frêle et infirmière de carrière – elle a débuté dans le métier en 1983 – Brinda Ponen, mère de quatre enfants, avoue avoir connu des vertes et des pas mûres… « Mais dans tous les cas de figure, l’amour de mes enfants et le soutien de mes proches m’ont donné la force et le courage de persévérer », confie-t-elle.

Aujourd’hui, au crépuscule de sa carrière, Brinda Ponen avoue n’avoir « aucun regret ». Elle ajoute : « Mes enfants m’entourent de tant d’attentions et d’amour que je puise, en eux, cette force dont j’ai besoin pour avancer et faire face à quelque difficulté que la vie me réserve. » Vanessa, Biovana, Biovani et Biovane sont maintenant des adultes. « Vanessa est elle-même maman. Les triplés ont bien grandi. Et ce qui me rend surtout heureuse, c’est qu’ils sont tous de bons enfants. Je veux dire par là qu’ils réalisent les rêves que j’ai caressés pour eux. Ils écoutent quand je leur donne des conseils… » Pour cela, explique-t-elle, « le secret, c’est d’être leur amie et complice, tout en gardant la fermeté et l’autorité parentale ».

Fin 1987, quand Brinda Ponen apprend qu’elle est enceinte de… triplés, elle admet que « la nouvelle m’a à la fois bouleversée et secouée ». Étant dans le domaine de la santé, elle explique que « je n’avais pas peur, en tant que tel ». Elle poursuit : « Porter trois bébés, c’est sûr, ça n’allait pas être une grossesse classique… Heureusement pour moi, avant Biovana, Biovani et Biovane, j’ai eu Vanessa, et j’ai eu cette première expérience. » Suivie par « autant mon gynéco que mes parents et proches, et d’autres professionnels de la santé, vu que j’étais dans le domaine », Brinda Ponen mène sa grossesse à terme.

Elle se souvient : « Quand Biovana, Biovani et Biovane sont venus au monde, prématurément — ils avaient huit mois seulement — ils étaient tout minuscules… J’avais même peur de les prendre ! Telma zot peti peti, zot paret frazil; mo ti extra per. » Et, en même temps, reconnaît-elle, « c’était une joie extraordinaire, indescriptible, sans pareil ». Elle continue : « Je sais que, pour chaque maman, donner la vie est certainement le plus beau cadeau. Mais là, voir ces trois mignons petits êtres… Je ne peux pas, même aujourd’hui, expliquer ce que je ressens. J’en ai des frissons, même 33 ans après ! » Mais en étant dans le métier, comme on dit, poursuit la maman des triplés, « cela m’a donné l’assurance que je saurais les prendre sans les blesser ».

Jetant un regard en arrière, 33 ans après, Brinda Ponen se souvient que les trois premiers mois étaient les plus exténuants. « C’était Round The Clock. Donner le biberon, au premier, le second, et le troisième, et il est déjà temps pour changer les langes du premier, puis du second, et ainsi de suite ! Ça n’arrête pas, à peine a-t-on le temps de respirer…» La maman de Vanessa, Biovana, Biovani et Biovane reconnaît avoir eu « énormément de chance, avec un entourage immédiat, comme ma belle-sœur, surtout, et beaucoup de personnes qui m’ont beaucoup soutenue dans ces moments-là ». Elle dit remercier « éternellement tous ceux qui ont été là pour moi, mes parents et mes proches, mais également le personnel des hôpitaux, les médecins, que ce soit ceux avec qui je travaillais et ceux qui me soignaient. Tous m’ont donné tellement de courage et de soutien dans les bons comme les mauvais moments. Je les salue tous. »

Brinda Ponen retient que « quand les triplés étaient petits, j’étais comme une vedette ». Elle raconte : « Tout le monde me félicitait pour les triplés et me citait en exemple. Je reçois encore et toujours des compliments, d’ailleurs. Récemment, il y a une maman qui a eu des jumelles. Quand on se parlait, elle m’a confié qu’elle puisait du courage de mon expérience. Elle m’a dit que quand elle pense que je me suis occupée de trois bébés, alors pour elle, deux, ça ne paraissait plus aussi dur… »

Ces soutiens et ces marques d’affection, reconnaît la professionnelle de santé, « c’était une expérience agréable et nouvelle ». Elle ajoute : « Cela me donnait de l’assurance aussi et du courage pour continuer. Et en même temps, je partage aussi mon expérience avec les jeunes mamans… C’est toujours une étape importante et cruciale pour certaines qui ont plus d’appréhensions que d’autres. Et d’autres encore qui n’ont pas la chance d’avoir un entourage aimant et attentionné. »

Aujourd’hui, grand-mère de deux petits-enfants, ceux de Vanessa, son aînée, Brinda Ponen avoue que « pour moi, le plus beau cadeau, c’est l’amour de mes enfants ». Elle poursuit : « Ils sont tous des adultes, maintenant; c’est vrai. Des fois, on voudrait qu’ils redeviennent tout petits, quand ils commencent à peine à parler et à marcher… » Mais une chose est sûre, conclut-elle, « mes quatre enfants font de moi la maman la plus heureuse de la terre ! Ils sont au petit soin pour moi… Ils partagent mon temps libre et on passe le plus de temps possible ensemble. »

Sa fibre maternelle aidant, la professionnelle de la santé a trouvé dans les plantes, qu’elle cultive et qui encadrent à profusion sa maison, « une nouvelle source d’amour et d’attentions… » Elle dédie cette Fête des Mères à toutes les femmes. « Être maman, c’est aussi être l’amie, la confidente de son/ses enfant/s. Tant qu’on est à leurs côtés, il ne peut rien leur arriver de mal. C’est ce que je retiens, et ce que je souhaite à toutes les mamans. »