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Une restructuration de la base à la professionnalisation mise en avant lors de la rencontre de mardi

Un document bientôt déposé au ministère des Finances, afin que les clubs puissent profiter pleinement de la CSR

Le groupe de dirigeants délégué par les clubs à l’issue de la rencontre de décembre dernier pour discuter d’une révision du Regionalization Grant a, de nouveau, rencontré le ministre de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL), Stephan Toussaint. C’était mardi à son bureau, au Citadelle Mall à Port-Louis. Après un premier dossier réglé avec succès – augmentation de 25% de ce grant – ce groupe de dirigeants a soumis toute une série de propositions visant à redonner un nouveau souffle au football local. Il n’empêche que cette démarche n’est pas très bien vue du côté de la Mauritius Football Association (MFA), fait-on remarquer.

Ils étaient trois dirigeants seulement à avoir rencontré le ministre Stephan Toussaint, nommément Anwar Elahee (ASPL 2000: Super League), Shakeel Goburdhun (USBBRH: première division) et Arvind Bhojun (secrétaire du comité régional de Pamplemousses). Jean-Daniel Orange (Grand Bel Air: deuxième division) étant cette fois absent. Selon Arvind Bhojun, il était question que ce groupe dépose des propositions comme souhaité par le ministre suivant les deux rencontres précédentes. « Ces propositions viennent des clubs et comités régionaux. Malheureusement, peu d’entre eux ont répondu à notre appel. Le ministre a pris bonne note de ces premières propositions et il espère maintenant avoir une idée beaucoup plus élargie sur la question, notamment auprès de la MFA entre autres », déclare-t-il.

Pour un meilleur encadrement

Ainsi, l’idée mise en avant est une restructuration du football local, soit une refonte du système partant de la base (grassroots) jusqu’à l’élite, menant ainsi à une vraie professionnalisation du football local. Dans cette optique, l’accent devra être mis au niveau des écoles primaires, « concentration point » comme le dit Arvind Bhojun, pour commencer à brasser large. Les institutions secondaires seront également considérées dans le cadre de cette restructuration avec, pour objectif, des compétitions et un passage aux clubs de l’élite et autres régionaux, dès 16 ans. « Nous avons aussi mis l’accent sur un meilleur encadrement académique et sportif de ces jeunes, afin de permettre surtout une reconversion en souplesse à la fin de leurs carrières. C’est une étape très importante et qui visent aussi à rassurer les parents », explique-t-il.

Pour chapeauter le projet, la mise en place d’une commission technique nationale élargie avec comme chef d’orchestre, le directeur technique national, est proposée. « Pour que le football retrouve à nouveau ses lettres de noblesse, il est très important que tout le monde tire dans le même sens. Il faudrait une collaboration totale entre la fédération et le ministère des Sports. Aussi, les académies privées devraient se joindre à cette démarche », fait remarquer notre interlocuteur.

Il a aussi été demandé au ministère des Sports de jouer un rôle clé à l’heure de la professionnalisation du football qui passe d’abord par une professionnalisation des clubs. « Toute une structure est à mettre en place au sein des clubs et nous avons expliqué au ministre l’importance de son ministère d’agir en tant que facilitateur. Car ces clubs auront l’obligation de former des jeunes pour assurer la relève», souligne-t-il.

Dans cet élan, le groupe présent mardi au ministère a discuté avec Stephan Toussaint de la nécessité d’une aide beaucoup plus réaliste à travers la Corporate Social Responsibility (CSR). Un fond désormais géré par le bureau du Premier ministre et qui est à la base d’une réduction drastique du soutien des compagnies privées envers le sport. « Le ministre Stephan Toussaint nous a demandé de soumettre un document au ministère des Finances en vue de la présentation du prochain budget (2021/22). Il a promis qu’il fera ensuite le suivi », fait ressortir Arvind Bhojun.

Une démarche qui ne plairait pas à la MFA

Nous apprenons que la démarche de ce groupe de poursuivre les négociations avec le ministère des Sports et du ministre Toussaint en particulier, ne plaît pas vraiment à la MFA. C’est le sentiment qui découle suivant la rencontre qui s’était tenue, le mois dernier, après que la démarche du ministère de revoir à la hausse le Regionalization Grant de 25%. Dans les milieux concernés, on évoque même l’éventualité de la mise en place d’un comité disciplinaire.

Dans tous les cas, on suivra de très près cette situation. Car si comité disciplinaire il devrait y avoir, ce n’est pas d’Anwar Elahee, de Shakeel Goburdhun ou d’Arvind Bhojun dont il devrait en être question, mais plutôt du président de la MFA, Samir Sobha, lui-même. Car le club qu’il représente, soit Cercle de Joachim, a été sanctionné pour avoir enfreint un règlement de la Fédération internationale de Football Association, notamment d’avoir procédé à des transferts de joueurs étrangers « outside TMS (Transfer Matching System) without ITC (International Transfer Certificate) ». La MFA qu’il représente en tant que président a aussi été sanctionné. Donc, si un comité disciplinaire devait être convoqué, c’est bien à son intention ainsi que tous ceux concernés par cette sanction.