(Photo by Ben STANSALL / POOL / AFP)

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, est contraint de s’isoler à Downing Street après avoir été en contact avec une personne infectée par le nouveau coronavirus, une quarantaine malvenue en plein sprint final dans les négociations post-Brexit.

Le dirigeant conservateur a été contacté par le système de dépistage et traçage du service public de santé et prié d’observer quatorze jours de quarantaine après avoir été en contact avec une personne testée positive au Covid-19, a annoncé dimanche soir un porte-parole de Downing Street.

Boris Johnson a assuré sur Twitter se plier aux règles même s’il n’a « aucun symptôme ». « Je suis frais comme un gardon », déclare-t-il dans une vidéo qu’il semble avoir tournée lui-même puis postée sur le réseau social lundi matin.

« Peu importe que j’aie eu la maladie et que je déborde d’anticorps », déclare-t-il, en référence à sa contamination au Covid-19 qui lui avait valu de passer une semaine à l’hôpital en avril, dont trois jours en soins intensifs.

« Nous devons interrompre la propagation de la maladie et l’une des façons de le faire est de se mettre en quarantaine pendant 14 jours lorsque nous sommes contactés par le système de dépistage et de traçage des cas », explique-t-il.

La nouvelle de cet isolement forcé tombe au moment où les négociations du Royaume-Uni avec l’Union européenne sur leur future relation post-Brexit sont dans leur toute dernière ligne droite.

Le Royaume-Uni a officiellement quitté l’UE le 31 janvier dernier, mais l’effet du divorce ne se fera pleinement sentir que le 1er janvier 2021, à l’issue de la période de transition pendant laquelle il continue d’appliquer les normes européennes. Pendant cette période, Londres et Bruxelles doivent conclure un traité commercial mais à moins de cinquante jours de la fin de l’année, les discussions patinent.

– Gouverner à distance –

« Je suis sûr que si le Premier ministre a besoin de parler à quiconque en Europe, il pourra le faire via Zoom », a déclaré le ministre de la Santé, Matt Hancock, à SkyNews lundi.

Au sujet de ces négociations, M. Hancock a indiqué que le gouvernement britannique se préparait à « tous les scénarios ». « Bien sûr, notre préférence est d’obtenir un accord et c’est possible si les Européens choisissent de faire les progrès nécessaires », a-t-il ajouté.

Cette quarantaine contrarie aussi les plans de Boris Johnson qui avait prévu de faire plusieurs annonces ces deux prochaines semaines dont la présentation d’un plan pour une « révolution industrielle verte ». Le dirigeant conservateur espérait ouvrir un nouveau chapitre après les luttes intestines à Downing Street ayant abouti au départ de son très influent mais controversé conseiller Dominic Cummings, architecte de la campagne pour le Brexit en 2016.

Il doit aussi expliquer comment l’Angleterre va sortir le 2 décembre du second confinement de quatre semaines débuté le 5 novembre. Avec près de 52.000 décès de personnes testées positives au Covid-19, le Royaume-Uni est le pays le plus durement touché en Europe par la pandémie.

M. Johnson compte continuer à s’adresser à ses compatriotes pendant sa période d’isolement et étudie la possibilité de s’exprimer à distance à la Chambre des Communes, chambre basse du Parlement.

Il a dû se résoudre à cette période d’isolement après avoir rencontré jeudi matin à Downing Street un petit groupe de députés parmi lesquels un conservateur, Lee Anderson, qui a par la suite développé des symptômes et a été diagnostiqué positif.

Il a assuré sur Twitter que les deux hommes avaient respecté les consignes en matière de distanciation sociale, bien qu’une photo montre Boris Johnson et Lee Anderson sans masques et semble-t-il à moins de deux mètres l’un de l’autre, contrairement aux recommandations.