EDITORS NOTE: Graphic content / -- AFP PICTURES OF THE YEAR 2020 -- This photo taken on January 30, 2020 shows officials in protective suits checking on an elderly man wearing a facemask who collapsed and died on a street near a hospital in Wuhan. - AFP journalists saw the body on January 30, not long before an emergency vehicle arrived carrying police and medical staff in full-body protective suits. The World Health Organization declared a global emergency over the new coronavirus, as China reported on January 31 the death toll had climbed to 213 with nearly 10,000 infections. (Photo by Hector RETAMAL / AFP) / TO GO WITH China-health-virus-death,SCENE by Leo RAMIREZ and Sebastien RICCI

Le nombre de personnes contaminées par le nouveau coronavirus à Wuhan, berceau de la pandémie, serait dix fois supérieur au bilan annoncé jusqu’ici par Pékin, selon une étude du Centre chinois pour le contrôle et la prévention des maladies.

Le Covid-19 est apparu à la fin de l’an dernier dans la ville de 11 millions d’habitants du centre de la Chine, placée en quarantaine pour 76 jours par les autorités à compter du 23 janvier 2020.

Selon des tests sérologiques effectués en avril après le pic de l’épidémie, 4,43% des habitants de Wuhan étaient porteurs d’anticorps, c’est-à-dire que leur organisme avait réagi à la présence du virus.

Rapporté à la population de la ville, cela signifie que quelque 480.000 personnes ont été contaminées, soit presque 10 fois plus que le bilan de 50.000 contaminations communiqué jusqu’à présent par les autorités.

La différence est peut-être liée à « une sous-estimation des cas lors du chaos de fin janvier et début février, quand beaucoup de gens n’étaient pas testés ou que les tests n’étaient pas fiables », a déclaré à l’AFP Huang Yanzhong, spécialiste de santé publique au Council on Foreign Relations, un centre de réflexion américain.

Wuhan est de très loin la ville la plus touchée de Chine par le virus, qui a fait 4.634 morts dans tout le pays selon le bilan officiel, dont près de 4.000 dans la cité des bords du Yangtsé.

Le dernier décès a été signalé en Chine à la mi-mai, alors que le virus s’était déjà répandu dans le monde entier.

Selon la même étude publiée lundi, le taux de contamination culminait en avril à 0,44% dans le reste de la province du Hubei, dont Wuhan est le chef-lieu.

La province a également fait l’objet d’une quarantaine jusqu’à la fin mars.

Dans six autres provinces et métropoles du pays, des tests menés auprès de 12.000 personnes n’ont révélé que deux cas de contamination. Au total, 34.000 personnes ont été testées dans le cadre de l’étude.

Ces chiffres confirment que l’épidémie a été largement limitée à la ville de Wuhan, alors que le pouvoir chinois a pratiquement paralysé l’économie de l’ensemble du pays pendant plusieurs semaines.

A titre de comparaison, le taux de prévalence du virus atteignait 23% à New York en septembre dernier.

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