Firefighters are at work to put out a fire at the Saint-Pierre-et-Saint-Paul cathedral in Nantes, western France, on July 18, 2020. - A blaze that broke inside the gothic cathedral of Nantes on July 18 has been contained, emergency officials said, adding that the damage was not comparable to last year's fire at Notre-Dame cathedral in Paris. "The damage is concentrated on the organ, which seems to be completely destroyed. Its platform is very unstable and could collapse," regional fire chief General Laurent Ferlay told a press briefing in front of the cathedral. (Photo by Sebastien SALOM-GOMIS / AFP)

Une semaine après l’incendie dans la cathédrale de Nantes, dans l’ouest de la France, un bénévole rwandais du diocèse est passé aux aveux et a été placé en détention provisoire dans la nuit de samedi à dimanche pour « destructions et dégradations par incendie ».

Le suspect, âgé de 39 ans, est « soulagé », « apeuré » et « dépassé », a déclaré dimanche son avocat Quentin Chabert aux journalistes.

« Il y a une sorte de soulagement, c’est quelqu’un qui est apeuré, il est en quelque sorte dépassé », a assuré Me Chabert.

Il est passé aux aveux samedi. Présenté à un juge, il a été mis en examen et placé en détention provisoire pour « destructions et dégradations par incendie ».

L’homme « a reconnu, lors de l’interrogatoire de première comparution devant le juge d’instruction, avoir allumé les trois feux dans la cathédrale : sur le grand orgue, le petit orgue et dans un panneau électrique », avait précisé plus tôt le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès au quotidien Presse-Océan.

Chargé de fermer cet édifice la veille de l’incendie, il a été mis en examen des « chefs de destructions et dégradations par incendie et placé en détention provisoire », selon le procureur.

Il « faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire national délivrée en novembre 2019 », a expliqué M. Sennès dimanche à l’AFP, ajoutant que le mis en cause ne s’était « pas étendu en détails sur ses motivations » et qu’une « expertise psychiatrique sera ordonnée ».

Le recteur de la cathédrale, le père Hubert Champenois, avait expliqué la semaine dernière que le bénévole était un « Rwandais, venu se réfugier en France il y a quelques années ».

Le bénévole est « servant d’autel » et il le connaissait « depuis quatre ou cinq ans ». « J’ai confiance en lui comme en tous les collaborateurs », avait-il expliqué à l’AFP.

L’incendie, survenu 15 mois après celui de Notre-Dame de Paris, a suscité une vive émotion chez les Nantais, dont certains ont conservé le souvenir d’un précédent incendie de leur cathédrale, le 28 janvier 1972.

L’édification de cet ouvrage, de style gothique flamboyant, a duré plusieurs siècles (de 1434 à 1891).

Le bénévole avait été placé en garde à vue le 18 juillet quelques heures après le sinistre, puis remis en liberté le lendemain soir. Les enquêteurs souhaitaient l’interroger car aucune trace d’effraction n’avait été constatée.

– « Trois points de feu » –

Le bénévole a été de nouveau interpellé et placé en garde à vue samedi matin, puis présenté dans la soirée au parquet, qui a ouvert une information judiciaire.

Il encourt « une peine de 10 ans d’emprisonnement et 150.000 euros d’amende », a précisé le procureur.

L’enquête avait révélé l’existence de trois points de départ de feu distincts. « Entre le grand orgue, qui est sur la façade au premier étage et les autres feux, vous avez quasiment toute la distance de la cathédrale. Ils sont quand même à une distance conséquente les uns des autres », avait relevé le jour de l’incendie le procureur.

L’alerte avait été donnée le 18 juillet vers 07H45 (05H45 GMT) par des passants qui avaient vu des flammes sortant de l’édifice. Il avait fallu environ deux heures aux sapeurs-pompiers pour circonscrire le feu qui a notamment détruit un tableau d’Hippolyte Flandrin du XIXe siècle et le grand orgue.

En dehors du grand orgue dont « très peu, voire pas du tout d’éléments seront sauvables », selon Philippe Charron, un responsable de la Direction régionale des affaires culturelles, « la plupart des œuvres ont été sauvées ».

« On va compter en semaines la mise en sécurité du site, (…) en mois l’investigation qui va se faire pierre par pierre » et, concernant la durée du chantier de reconstruction précédé d’une phase d’études, « là, l’unité sera plutôt l’année », a estimé M. Charron.

L’État « prendra toute sa part » dans la reconstruction, a promis le Premier ministre Jean Castex, allé à Nantes féliciter les sapeurs-pompiers le jour de l’incendie.